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Culture | Le Festival du Périgord Noir, un bastion de culture qui résiste à l'annulation

Jean-Luc Soulé, président et fondateur du festival du Périgord Noir

Chaque année le Festival du Périgord Noir réunit de nombreux visiteurs autour des artistes qui se produisent dans différentes communes de la Dordogne. Cette année l’organisation du festival s’est bien évidemment heurtée à la crise sanitaire, mais les organisateurs ne se sont pas résignés à son annulation. Toutes les mesures nécessaires ont été prises et le festival de musique classique, baroque et jazz aura donc bien lieu cette année du 6 au 10 août 2020 pour une saison intitulée « Allegro vivace ». C’est l’un des rares événements culturels du département à avoir échappé à l’annulation, le festival de la Vézère et Sinfonia n’ont pas eu cette chance. Retour sur ce maintien audacieux avec Jean-Luc Soulé, Président du Festival.

« Cette saison était importante pour nous, car on s'approche d'une date fatidique avec la 40ème édition du Festival du Périgord Noir, j'ai créé le festival en 1982 donc on est très vigilant sur le fait de ne pas rater cet anniversaire et cela aurait été dommage d'avoir une année blanche », explique Jean-Luc Soulé, président du festival. Alors que les manifestations culturelles annonçaient successivement l’annulation des événements, le président et ses équipes travaillaient à rendre possible la tenue de cet événement. Les raisons étaient nombreuses, mais il en allait de la survie même du festival, « si on avait fait une année blanche il aurait été difficile de reprendre en 2021 » se désole Jean-Luc Soulé, « on aurait eu du mal à garder les équipes mobilisées en plus des bénévoles et j'ai donc fait le choix de ne pas nous placer sous le régime du chômage partiel, justement dans l'optique de préparer une saison. Nous voulions souder l'équipe autour d'un objectif à court terme, celui de la 38ème saison. Ne pas maintenir cette édition aurait été un facteur de démobilisation trop important ».

Le Festival engagé au côté des artistes

En plus de l’intérêt des organisateurs, les artistes censés venir se représenter sur scène se seraient retrouvés léses dans une période terrible pour le monde artistique. « Parmi les raisons qui nous ont poussé à nous mobiliser pour proposer un festival cette année il y a bien évidemment les artistes. Ce sont ceux avec lesquels on travaille au quotidien, et pour beaucoup, ce sont des amis et des gens que l'on respecte. Il a donc fallu maintenir la possibilité de jouer et pour ceux qui ne pourraient pas être inclus dans la saison, de les reporter en 2021 » affirme le président. Ce choix a aussi été poussé par l’intérêt des Périgourdins et des touristes: « on s'attend à ce que le public qui ne va pas pouvoir partir en vacances très loin se mette à redécouvrir l'intérieur de la France et notamment le Périgord. Le festival est important à la fois pour les résidents qui aiment pouvoir bénéficier de concerts de musique baroque et de jazz sur leur territoire, mais aussi pour les touristes. À l'issue d'une journée à se balader à vélo, à faire du canoé ou à visiter des grottes et des châteaux, certains apprécieront d’avoir la possibilité d’écouter un spectacle de musique. J'espère avoir un vrai engouement cet été de la part du public même si bien évidemment certains lieux ne pourront pas accueillir autant de public que d'habitude », rappelle-t-il.

Une organisation revue de bout en bout

Il est en effet nécessaire pour les organisateurs de faire des concessions importantes afin de garantir une prise en compte optimale des mesures de distanciation sociale. Il était primordial de réduire les lieux et le nombre de visiteurs; « on souhaitait proposer un programme de découverte dans des édifices exceptionnels, mais qui pourraient accueillir un certain nombre de personnes et on a fait le constat que certaines communes étaient encore en demande pour accueillir le festival. Il a donc fallu choisir les structures les plus spacieuses. On a choisi 3 lieux, le cinéma de Montignac, Lascaux IV et puis l'abbaye de St Amand-de-Coly qui est un lieu qui se prête très bien aux concerts baroques » annonce Jean-Luc Soulé.
Bien que ces lieux aient été choisis pour la capacité d’accueil importante dont ils disposent, ils sont aussi adaptés à la mise en place de tous les gestes barrières comme l’explique le président du festival tout en rappelant la difficulté d’identifier le nombre de visiteurs accepté pour les concerts: « nous travaillons en ce moment avec notre régie pour identifier la jauge de spectateurs finale en fonction de la distance réglementaire qui sera acceptée. On créera ensuite des files d'entrées et de sorties spécifiques et l’on a choisi les lieux en fonction aussi de la possibilité qu'ils aient plusieurs entrées afin de réguler les flux de visiteurs. On mettra bien entendu à disposition du public des gels et des masques pour ceux qui les ont oubliés. Tous les gestes indispensables seront respectés et on y veillera avec beaucoup de précautions ».  

Un programme ambitieux malgré un format réduit
Malgré la mise en place de ces mesures, certains rendez-vous incontournables ne pourront pas avoir lieu comme à l’habitude, « on a malheureusement dû renoncer à l'Académie baroque cette année, car il est risqué pour eux de réunir des jeunes dans des gîtes avec une proximité trop grande. D'autant plus qu'ils travaillent en très grande proximité. Ça nous a malheureusement conduit à annuler cette académie et d'autres programmes internationaux qui posaient des problèmes d'un point de vue sanitaire », déplore Jean Luc Soulé. Pour autant, malgré ces difficultés d'organisation le programme se veut ambitieux.
Le jeudi 6 août à 18h, en ouverture du festival le public appréciera de découvrir ou de redécouvrir Les quatre saisons de Giovanni Antonio Guido, un compositeur italien, qui à l’instar de Vivaldi a lui aussi composé ses quatre saisons en 1728 et qui seront interprétées par l’Ensemble Diderot. Le concert aura lieu à l’abbaye de St-Amand-de-Coly, « un lieu exceptionnel » selon le président du festival. Autre lieu, autre ambiance à Lascaux IV à Montignac qui accueillera le samedi 8 août à 21h la Grande soirée de Jazz Manouche qui mettra à l’honneur le violoniste Baiju Bhatt et des musiciens venus de Suisse, d'Italie, de Belgique ou de Paris. Du 9 au 10 août le festival prendra ensuite ses quartiers à la Chartreuse des Fraux, afin de proposer trois concerts de jazz avec en vedette des musiciens comme Marianna Bednarska, Airelle Besson, Vincent Segal, Pierre Genisson ou encore Bruno Fontaine.

Les personnes qui sont intéressées par les différents concerts peuvent réserver en passant soit par le site internet du festival soit par téléphone au 05 53 51 61 61. Pour en savoir plus sur le programme du festival, vous pouvez retrouver l’ensemble des informations complémentaires ici

Clément  Bordenave
Clément Bordenave

Crédit Photo : RB

Publié sur aqui.fr le 16/06/2020