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Société | L’histoire de la K7 à Poitiers : une association qui veut tisser des liens

La K7

C’est une petite histoire avec de grandes ambitions. Depuis 2016, La K7 a pour vocation d'abriter différents espaces dédiés à l'échange, la convivialité, le développement durable et le divertissement. Proche de l'esprit des tiers-lieux, ce type d’endroit semble de plus en plus indispensable dans une société bouleversée par la crise liée au Covid-19. Témoignage d’une envie de bien faire, mais de faire autrement, la structure poitevine est une représentation intéressante de ces lieux qui prônent le collectif et l’innovation.

L’aventure a commencé par le rachat, par deux particuliers, d’une friche industrielle qui était pendant des années une boite de nuit. « Nous avons racheté le site qui était inhabité depuis quatre années en 2016 », explique Aurélia Roccia, la propriétaire. Nous avions un projet culturel en tête et finalement, après les travaux, des personnes extérieures sont venues nous aider et nos envies ont évolué ». Un espace pluriel qui puisse accueillir tous types de personnes a donc très vite été imaginé. La particularité de la K7 réside dans sa capacité de réunir des activités qui, habituellement, ne se croisent pas. « C’est une façon de mixer un peu les genres », insiste Aurélia.

Lieu d'expression et d'expérimentation, la K7 est un site polymorphe qui s'étend sur 4500m2 de terrain arboré en bord de Boivre, à Poitiers. Ce havre de paix se compose d'un atelier artisan d’art et lowtech (ensemble de techniques simples, pratiques, économiques et populaires), de jardins partagés en permaculture qui sont sortis de terre en 2017 et de la Kbane, salle de 70m2 proposée à la location. Les ateliers peuvent aller du cours de yoga à l’accueil de familles pour faire des anniversaires par exemple. Les évènements organisés sur ce lieu mixte sont privés ou publics. Le plus grand bâtiment aura vocation à devenir, comme prévu initiatialement, un espace 100% culturel avec un espace d’arts associatifs, un coin cabaret et une salle de spectacle.

Les propriétaires de la K7 proposent des tarifs extrêmement raisonnables. La structure associative de l’organisation gère une partie des évènements mais, comme le rappelle la gérante, « l’objectif est de rendre accessibles des espaces hybrides à des personnes qui débutent leurs activités ». Les tarifs pratiqués sont bas, de manière à ce que certaines entreprises qui débutent puissent venir tester leur activité dans ce lieu ouvert. « La première année, une entreprise de brasserie nous a rejoint et est restée plusieurs années, par exemple, et elle a aujourd’hui pu ouvrir sa propre brasserie : la manufacture de bières à Poitiers. Notre accueil leur a permis de pouvoir développer plus facilement leur activité par la suite », explique Aurélia. Concernant le jardin partagé, il est ouvert à toutes et tous. « Avant la crise, l’association accueillait un groupe d’un IME (institut médico-éducatif), où des jeunes découvraient le milieu extérieur et les adhérents venaient aussi régulièrement cultiver la terre et réfléchir à de nouveaux agencements », indique t-elle.

La K7 : un endroit nécessaire pour créer du lien

Cette envie de créer un lieu de partage a très vite été associée au concept de « tiers-lieu ». La Région Nouvelle-Aquitaine joue d’ailleurs un rôle de leader au plan national au regard de sa politique volontariste en matière de tiers lieux. La Région s’est fixée comme objectif 300 tiers-lieux d’ici 2021, répartis sur l’ensemble des territoires urbains, péri-urbains et ruraux. L’intérêt de la K7, comme pour de nombreux tiers-lieux néoaquitains, est de développer des interactions diverses entre les différentes personnes qui viennent quotidiennement ou plus rarement. « C’est l’un des rares lieu où cela peut se produire car généralement lorsque l’on travaille c’est dans une entreprise, si vous faites du yoga vous êtes dans une salle : les activités se retrouvent rarement au même endroit », explique la gérante poitevine. Telle est la richesse de ces lieux particuliers. « En Nouvelle-Aquitaine, il y a un maillage extrêmement important de tiers lieux. Nous sommes tous dans une même dynamique : créer du lien et du partage », affirme Aurélia.

Les thématiques peuvent différer : nouvelles technologies, écologie, culture et arts, sciences… Ces nouvelles valeurs de développement durable et de qualité de vie correspondent parfaitement au schéma de ce que beaucoup appellent « le nouveau monde post-Covid-19 ». Ce genre de lieu a un goût différent après l’isolement qu’on pu connaître de nombreuses personnes suite au confinement. C’est un lieu qui a du sens, qui prouve son importance grâce à son essence.
Pour sa part, la K7 a été désertée suite à l’annonce du confinement. L’atelier aurait pu continué de fonctionner avec la présence d’Eclowtech, mais malheureusement la location de douches solaires pour les festivals n’avait plus trop de sens économiquement parlant durant cette période. Mais le lieu a pu être repensé grâce aux propriétaires qui ont pu commencer des travaux de réaménagement. « Les gens reviennent à la K7 mais le retour n’est pas aussi radical que l’on pourrait l’imaginer, confie la propriétaire. Les gens sont tout de même ancrés dans un système dont il est difficile de sortir. Les réflexions sur de nouveaux modes de vie ont émergé pendant le confinement, mais le rythme a repris et l'oubli des bonnes résolutions également... »

Lucile Bonnin
Lucile Bonnin

Crédit Photo : La K7

Publié sur aqui.fr le 17/06/2020