Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Edito | Les écologistes recomposent le paysage municipal mais ne peuvent faire oublier une abstention catastrophique.

15 mars, 28 juin : deux dates qui resteront comme des tâches dans l'histoire d'élections pourtant si importantes pour garder des couleurs à note démocratie : les municipales. Oui, comment ne pas regretter que ce moment, si important de notre vie politique, ait été victime à la fois de la gravité de la crise sanitaire et de l'erreur qui en a découlé : le maintien d'un premier tour de tous les dangers et l'organisation, près de trois mois et demi plus tard, d'un second tour qui, hélas, était devenu le cadet des soucis du plus grand nombre de nos concitoyens. Ce constat est d'autant plus rude que s'il est un élu qui conserve la plus forte légitimité dans notre pays c'est assurément le maire. Cet homme ou cette femme que l'on voit en première ligne depuis des semaines venir en aide à leurs administrés et les aider à faire face à une situation dont les conséquences sociales et économiques n'ont pas fini de peser sur la vie de la cité.

 L'analyse politique qui peut être faite de ce rendez vous dans quelques 4827 communes, aussi importante soit-elle, doit être abordée avec les précautions qui découlent de cette abstention catastrophique qui vient, faut-il le rappeler après celle des législatives de 2017. Ne parlons que pour mémoire de l'inexistence du parti présidentiel dans cette élection sans oublier de souligner le large succès du premier ministre au Havre qui ne peut laisser indifférent Emmanuel Macron au moment où on le dit prêt à le renvoyer.

L'enseignement majeur de ce 28 juin 2020 c'est assurément la montée sur le devant de la scène, au niveau local, d'une aspiration puissante à un vote écologique urbain, surtout quand on considère que le vote EELV a pris son essor dans des villes moyennes ou des métropoles.

Et ce, de façon spectaculaire. Il en est ainsi à Poitiers où une jeune élue de 30 ans, conseillère régionale EELV, Léonore Moncond'huy a détrôné le socialiste Alain Claeys, par ailleurs président du Grand Poitiers, ou à Besançon où l'emporte Anne Vignot. Mais, bien plus encore avec la chute de bastions tenus par des figures de la vie politique nationale, comme Lyon où le système Collomb s'effondre. Et, bien entendu, Bordeaux où le successeur d'Alain Juppé est battu, Pierre Hurmic l'emportant avec le soutien des socialistes et ayant, apparemment, réussi à mobiliser relativement davantage que Nicolas Florian. Confirmation, au passage, que l'alliance du maire sortant et de Thomas Cazenave, n'a pas été forcément comprise. Et sans doute, plus que cela, réprouvée, compte tenu des mots employés par le candidat LREM, dans la campagne du premier tour, sans compter le contexte national. Au-delà de la victoire de Pierre Hurmic, celle des socialistes Stéphane Delpeyrat-Vincent à Saint-Médard en Jalles ou de Patrick Labesse à Carbon Blanc, celle d'Alain Garnier à Artigues, il faut s'attendre, avec Mérignac calée à gauche et la confirmation de Clément Rossigol-Puech à Bègles, à un basculement de la métropole. Et sans doute à des débats entre écologistes et socialistes pour savoir s'il sera mis fin à la cogestion voulue par un certain Jacques Chaban-Delmas et Michel Sainte-Marie, feu maire de Mérignac.

Une nouvelle page s'ouvre, de toute façon, pour l'agglomération qui après un développement urbain accéléré va être amenée à revoir sa copie.

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo :

Publié sur aqui.fr le 29/06/2020