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Culture | Angoulême : le festival du film francophone maintient sa programmation

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Initialement la dernière semaine d’août, le festival du film francophone d’Angoulême 2020 a été décalé de quelques jours pour éviter son annulation pure et simple. Il a perdu quelques sponsors au passage, mais il est à ce jour un des rares festivals des Charentes à être maintenu. Evidemment, rien ne sera tout à fait « comme avant ». Les soirées « after » et les ciné-concerts n’auront pas lieu. Il y aura moins d’expositions et de rencontres débats avec des artistes. Il faudra également réserver sa place de cinéma sur internet en amont, afin d’éviter les files d’attente.

A contexte exceptionnel, programmation particulière. Le pays invité d’honneur cette année ne sera pas une contrée lointaine arborant la bannière de la francophonie, mais un territoire fictif : Groland. Ce choix n’est pas seulement lié à l’incertitude des déplacements à l’échelle planétaire. Ses deux fondateurs, les réalisateurs Benoît Delepine et Gustave Kervern seront à la présidence du jury de cette édition. « Il faudra un drapeau à hisser en haut de l’hôtel de ville à côté du drapeau français, comme on le fait d’habitude », les a prévenu, taquin, Dominique Besnehard. Le ton de cette édition est donné !

Fort heureusement pour ses aficionados, une partie du festival reste immuable. Il y aura bien toujours dix films inédits en lice. Sept d’entre eux sont déjà dévoilés, les autres viendront dans les prochaines semaines. L’annulation du festival de Cannes et la fermeture des cinémas ont freiné la lente maturation de la sélection effectuée chaque année par le duo des délégués du FFA. « On a pris beaucoup de retard car on n’a pas eu le temps de tous les voir, en particulier les films québécois, parce que nous demandons toujours à voir les films en salles et non sur internet. On est de la vieille école (rires) », explique Dominique Besnehard. Les fondateurs promettent au moins un film québécois en compétition.

Seront donc visibles en avant-premières :

La programmation

 

A noter parmi eux, deux films faisant partie de la sélection du festival de Cannes : Antoinette et les Cévennes et Garçon Chiffon. La Croisette sera d’ailleurs un peu présente puisque les organisateurs ont donné carte blanche à Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique, pour sélectionner quatre films de la sélection cannoise, à voir au théâtre d’Angoulême (hors compétition). On retrouvera bien sûr les traditionnels « bijoux de famille », un panel de « classiques » issus d’une société de production. Ce sont les films d’Ad Vitam qui seront mis en avant cette année, avec 5 long-métrages, dont le fameux Lady Chatterlay, de Pascale Ferran (2006).

Quatorze films en avant-première 

Quatorze nouveaux films hors compétitions seront à voir en avant première. En dehors d’Omar Sy qui est coincé aux Etats-Unis, tous les réalisateurs et acteurs devraient venir sur place présenter leur film.  A commencer par Nicolas Vannier, dont le dernier film, Poly, est une histoire de cheval qui devrait ravir les plus jeunes. Ses acteurs Julie Gayet, François Cluzet et Patrick Timsit ont fait savoir qu’ils seraient là. En ouverture de festival, les délégués ont choisi de mettre à l’honneur de dernier de Gustave Kervern et Benoît Delepine, Effacer l’Historique. Pour la clôture, ce sera La Daronne, de Jean-Paul Salomé, avec Isabelle Huppert. Deux longs-métrages sous le signe de l’humour qui devait apporter un souffle de légèreté. Moins drôles mais très attendus : Des Hommes, de Lucas Belveaux, avec Gérard Depardieu en tête d’affiche, et Villa Caprice, de Bernard Stora, avec Patrick Bruel et Michel Bouquet. Anne Fontaine sera également de retour avec un film salué au festival de Berlin, Police, avec Omar Sy et Virginie Efira. Autre film très attendu, qui s’annonce comme un petit ovni : Miss, de Ruben Alvès, qui raconte l’histoire d’un petit garçon ayant le rêve de devenir Miss France. On ne manquera pas non plus La Fine Fleur, de Pierre Pinaud, avec Catherine Frot, annoncée comme « remarquable » dans le rôle d’une horticultrice qui tente de sauver son activité des griffes d’un gros investisseur capitaliste. Les fans des heures de gloire du tennis des années quatre-vingt se plongeront avec délectation dans Cinquième Set, de Quentin Raynaud, avec Kristin Scott Thomas et Ana Girardot.

Gustave Kervern et Benoît Delepine seront les deux présidents de cette nouvelle édition du FFA

Co-présidents du jury, les réalisateurs Benoît Delepine et Gustave Kervern présenteront en avant-première leur dernier film, Effacer l'Historique. 

Et comme le FFA ne serait pas le FFA sans un film traitant de la famille, on ne manquera pas La Pièce Rapportée, d’Antonin Peretjatko, avec Anaïs Demoustier, Josiane Balasko et Philippe Katherine. Annoncé comme « très chabrolien », Les Apparences, de Marc Fitoussi, laisse apparaître un Benjamin Biolay troublant d’équivoque et une Karin Viard plus ambivalente que jamais. Sur le même thème, version film engagé : Sœurs, de Yamina Benguigui, réalisatrice de nombreux documentaires sur la condition des femmes et de la série Aïcha (diffusée sur France 2 en 2009). Toujours dans la veine familiale : Parents d’Elèves, de Noémie Saglio, avec Vincent Dedienne et Camélia Jordana.  

Malgré le contexte, le FFA promet cette année quelques belles surprises. La salle L’Eperon, en cours de restauration, pourra ouvrir dans de meilleures conditions que ces deux dernières années. Elle sera dès lors la première salle « premium », équipée des dernières technologies, de la Charente, annonce CGR. A l’occasion de sa réouverture, le FFA projettera Spartacus, de Stanley Kubrick, le premier film diffusé dans ce cinéma à l’époque de son inauguration, dans les années 1960. La Cité de la BD s’implique également : son directeur a proposé d’organiser un déjeuner débat sur la sélection cannoise, qui fête ses 60 ans l’an prochain (le mardi à midi). Une soirée « Groland » est également prévue le mardi soir sur les terrasses de la Cité. Rendant hommage aux autres festivals du film n’ayant pu avoir lieu dans leurs conditions habituelles, comme le festival du film de La Rochelle, Dominique Besnehard a prévu une diffusion en avant-première des deux premiers épisodes de la prochaine saison de la série Dix pour Cent. Dans ce même esprit, l’actrice Julie Gayet viendra animer un atelier débat avec Benjamin Biolay, sur le thème du lien entre musique et image. Ce sera l’occasion pour les deux acolytes de présenter leur projet de festival « Les Demoiselles », sur l’image et la musique, dont le lancement à Rochefort prévu le mois dernier est reporté à juin 2021.

Note : du 28 août au 2 septembre. Réservation et programmation sur https://filmfrancophone.fr/fr

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 11/07/2020