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Société | Jour 2 : Du vent, des marais et une escale insulaire

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Aqui poursuit son périple entre Poitiers et Bayonne. Deuxième étape un peu plus courte que la veille entre La Rochelle et l’île d’Aix. Le tout en longeant la côte. Un paysage très océanique avec un vent plutôt favorable durant la majeure partie du trajet. Après 3 heures et demie de pédalage nous arrivons à Fouras pour embarquer sur l’île d’Aix et découvrir ce petit écrin de terre échoué entre les îles de Ré et d’Oléron où le vélo règne en maître, puisque les voitures en sont normalement proscrites. Détails de ce deuxième jour de périple.

Départ de La Rochelle à 9h45. Le ciel est bleu. Le soleil tape déjà. Le vent rafraîchit un peu la température. Ce qui peut être agréable surtout quand on a attrapé quelques coups de soleil la veille (il ne faut pas oublier la crème solaire ! Et ne pas hésiter à faire des pauses pour s’en étaler de nouveau). Avant de prendre la direction d’Aytré par la côte, le chemin de la Vélodysée, nous effectuons avec mon ami David, un petit détour vers les deux tours emblématiques de La Rochelle (les tours Saint-Nicolas et de la Chaîne). Ces deux imposants édifices forment la porte d’entrée du vieux port et ont souvent évité à La Rochelle d’être envahie par l’ennemi anglais... 

En longeant l’océan

Finies les allusions historiques. Place au sport, au vélo. Très rapidement nous retrouvons la Vélodysée. Le parcours est très bien balisé. Nous pouvons même en profiter pour prendre quelques clichés souvenirs de ce périple. La vue sur l’océan Atlantique est très appréciable. Le vent nous pousse dans le dos. Les kilomètres défilent rapidement. Première halte pour une photo « carte postale » à Aytré plage. Nous continuons le chemin direction Angoulins. Attention, nous nous sommes fait réprimander par un agent de surveillance de la voie publique (ASVP). La digue est réservée au piéton. Cependant et de bonne foi, nous lui avons fait gentiment remarquer que cela n’était pas signalé quand on venait de la piste cyclable... bref nous prenons donc la route. Qui est limitée à 30 km/h, cela reste sécurisant pour les vélos.

 

Aytré plage. Même à marée basse le paysage est agréable !Aytré plage. Même à marée basse le paysage est agréable !

Nous poursuivons vers Châtellaillon-Plage où nous profitons du front de mer. Les vacanciers commencent déjà à installer leur serviette pour bronzer et/ou faire trempette. Un peu plus loin un cours de gym est organisé sur la plage (avec distanciation bien évidemment). Le soleil commence à taper. L’eau continue de monter. De quoi donner un tout autre charme au paysage. Même si à marée basse il est appréciable quand même. Direction le village des Boucholeurs. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un village conchycole. Il a été inauguré l’année dernière. Toute  la coursive a été aménagée (avec une belle rotonde pour admirer carrelets et paysage). Car à cet endroit la tempête Xynthia avait tout saccagé sur son passage. Ici nous rencontrons un père et son fils qui contemplent les carrelets. Eux  font la Vélodysée en remontant vers le nord. Ils nous guident, car effectivement on risque de finir sur un chemin de terre. Le balisage n’est pas forcément visible au premier regard. Puis un échange, c’est toujours sympathique.

 

Carrelets du côté d’Angoulins. Ils attendent que l’eau monte pour pouvoir pêcher de gros poissonsCarrelets du côté d’Angoulins. Ils attendent que l’eau monte pour pouvoir pêcher de gros poissons

Entre marais...

Ensuite la Vélodysée s’éloigne un peu du bord de mer pour les terres. Direction la réserve naturelle du marais d’Yves. Un site classé en 1981. Il s’étend sur 192 hectares. Le long de la route, nous observons les marais. Quelques vaches paissent là tranquillement, regardant les quelques voitures et vélos qui passent, tout en ruminant l’herbe. Plusieurs cyclistes profitent de ce cadre idyllique et assez abrité. Nous avons croisé énormément de monde aujourd’hui tout au long du trajet. Un parcours idéal, même en famille. Après Yves, nous quittons la Vélodysée pour la Flow vélo. Là encore tout est bien indiqué. Nous arrivons tranquillement à Fouras. À 13 heures nous entamons une pause salade bien méritée. Nous avons vu sur la plage-sud au pied du fort Vauban.  Un nom qui lui est presque impropre, puisque la construction de cet édifice est bien antérieur à l’intervention de Vauban. Un banc à l’ombre, mais pas forcément à l’abri du vent. Face à nous, l’île d’Aix et le célèbre fort Boyard.

 

A Fouras, au pied du fort VaubanA Fouras, la plage au pied du fort Vauban

... et paysages ostréicoles
Direction la pointe de la fumée. Une presqu’île où l’activité horticole est très développée et surtout où l’on y embarque pour l’île d’Aix, via une liaison maritime régulière gérée désormais par la région Nouvelle-Aquitaine. Le coût de la traversée est onéreux (plus de 42 euros pour deux personnes et deux vélos ! Eh oui, on paye même une place pour son vélo !) Nous embarquons sur le bac de 14 heures. Le masque est obligatoire. Les vélos sont posés à l’avant du bateau. Le matelot avertit : « ne restez pas trop devant, on navigue face au vent ça risque d’éclabousser un peu »: ça n’a pas manqué. Fort heureusement le Pierre Loti, l’un des deux bacs qui effectuent la liaison, dispose d’une cabine spacieuse. À l’étage, les gens en profitent pour observer le fort Énet et contempler la pointe de Coudepont de l’île d’Aix, la plus proche du continent (c’est comme ça que les insulaires l’appelle).

 

Débarquement sur l’île d’Aix après 20 minutes de traversée. Nous ne sommes pas seuls.Débarquement sur l’île d’Aix après 20 minutes de traversée. Nous ne sommes pas seuls.

Aix et Napoléon 

Débarquement sur l’île. Une première pour David qui découvre ce croissant de 3km de long pour 600m de large. Un paysage pittoresque. Après avoir passé le pont levis du port (le bourg de l’île  est entièrement fortifié), on arrive sur un buste de Napoléon Bonaparte. Un personnage qui a marqué l’île. C’est d’ici qu’il embarqua sur le Bellerophon pour se rendre aux Anglais. C’était le 15 juillet 1815 (il y a 205 ans jour pour jour!). Aujourd’hui, le bâtiment où il fut accueilli, la maison de l’empereur, est un musée national où une vitrine surprenante accueille les visiteurs. Une collection d’une cinquantaine de pendules toutes arrêtées a 17h49, l’heure de la mort de Napoleon à Saint-Hélène le 5 mai 1921.

 

Baignade à la anse de La Croix au pied des deux phares emblématiques de l’île d’Aix.Baignade à la anse de La Croix au pied des deux phares emblématiques de l’île d’Aix

Hormis ce passé historique, l’île d’Aix propose un cadre bucolique. On peut la surnommer l’île aux roses trémières. Il y en a partout. Nous optons pour un petit décrassage par un tour du bourg à pied. Le tour est rapidement fait. Puis direction la plage. L’anse de La Croix, la seule surveillée. Petit bain. Le maître nageur sauveteur nous indique que l’eau est à 20 degrés. Une température prise à un mètre de profondeur à une bouée au large. Au premier orteil trempé, elle paraît plus froide, mais une fois qu’on se lance, c’est agréable et ça rafraîchit. Première baignade dans un cadre sensationnel. Une vue imprenable sur le fort Boyard, mais aussi sur les phares de l’île d’Aix. Ils sont au nombre de deux car l’un éclaire, alors que l’autre porte un filtre rouge permettant de signaler un danger aux bateaux au large. 

La petite Polynésie
Après la plage, on reprend nos bicyclettes pour un tour de l’île. Ici c’est le royaume du vélo puisqu’aucune voiture n’est autorisée. En une heure on en fait le tour. À pied, il faut compter une heure de plus au moins. Découverte de la côté sauvage de l’île située au nord : « la petite Polynésie ».Une halte à Sable jaune. Mais aussi à Baby plage qui ne se dévoile qu’à marée basse. Nous achevons  la boucle à pied. Car la forêt est interdite au vélo, afin de protéger la nature. Une fois le tour de l’île terminé : le compteur indique 120 kilomètres, soit 46 kilomètres parcourus ce mercredi.

 

Baby plage. Une plage qui ne se découvre qu’à marée basse. Elle est située au nord de l’île. Cette façade est assez sauvage avec quelques criques. Certains comparent cette partie de l’île à la Corse Baby plage. Une plage qui ne se découvre qu’à marée basse. Elle est située au nord de l’île. Cette façade est assez sauvage avec quelques criques. Certains comparent cette partie de l’île à la Corse

Ce soir nous dormons à la « Familiale » : une colonie qui propose de l’hébergement sur plusieurs jours avec possibilité de pension. Elle affiche quasiment complet. C’est rassurant pour le tourisme qui fait vivre en grande partie l’île. D’autant plus que durant ce week-end prolongé grâce au 14 juillet, beaucoup de personnes se sont rendues sur Aix. Les commerçants espèrent une chose, que cela continue. Retour au périple. Demain une autre étape nous attend. Escale à Royan. Elle sera un peu plus longue....

 

Dans l'épisode précédent :

Première journée de vélo : destination La Rochelle !

 

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 16/07/2020