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Economie | Aux Lèches, la Tresse, une entreprise d'insertion exemplaire

Aux Lèches (24) la Tresse trie 3000 tonnes de déchets par an et remet des personnes sur le chemin de l'emploi

Depuis 2008, l'entreprise La Tresse installée aux Lèches en Dordogne s'est spécialisée dans la collecte et le tri des déchets textiles. Au-delà de sa mission environnementale, elle contribue à l'insertion de personnes en difficulté. Son activité permet d’éviter chaque année l’enfouissement de 3000 tonnes de déchets. Elle emploie actuellement 42 salariés dont 32 personnes en contrat d'insertion. Lundi après-midi, l'entreprise a reçu la visite de Brigitte Klinkert, ministre en charge de l'insertion qui a indiqué que cette entreprise périgourdine était "un exemple qui devait faire école".

L'entreprise la Tresse, installée sur la zone de l'échangeur de l'A89 aux Lèches depuis 2016, collecte et trie des déchets textiles. Créée en 2008, elle a poursuivi au fil des années son développement et elle est devenue la plus importante entreprise d'insertion du département de la Dordogne avec 41,5 salariés équivalent temps plein dont 32 en contrat d'insertion. En visite en Dordogne lundi, Brigitte Klinkert, ministre en charge de l'insertion auprès de la ministre du travail, ne pouvait pas manquer de saluer le travail d'accompagnement professionnel réalisé au coeur de la vallée de l'Isle. 
Depuis l'origine, la Tresse s'est fixée comme objectif de lutter contre l'exclusion sociale et professionnelle et d'apporter des réponses aux problèmes d'environnement. L'installation dans ces nouveaux locaux de 3000 mètres carrés et la nouvelle plateforme de tri lui ont permis de se développer. Aujourd'hui, le poids total de la collecte dépasse les 3000 tonnes de déchets textiles. "Ce qui génère une économie de 390 000 euros" précise Pascal Mischieri, le président du conseil d'administration. La collecte est principalement  réalisée sur la zone nord Aquitaine. Cette tendance de favoriser les circuits courts tend à s'accroître avec le partenariat du Relais en Dordogne. "Nous collectons auprès de 163 associations et l'Association le Relais en Gironde et en Dordogne avec leurs nombreux containers sont un de nos principaux partenaires", précise Pascal Mischieri. La moyenne s'établit à 300 euros la tonne. 

Fortement impactée par la crise sanitaire

Au cours de cette année 2020, la Tresse a été fortement impactée par la Covid 19 : "Nous n'avons pas pu collecter pendant plus de deux mois, nos association partenaires non plus et nos surfaces de stockage sont bien surchargées.  Les salariés ont été mis pour la plupart en chômage partiel. L'activité a repris il y a cinq semaines. Nous tentons actuellement de rattraper le retard", indique Armelle Rouhart, assistante de gestion. L'entreprise se heurte aussi à deux autres phénomènes ; "Nous vendons nos textiles à 70 % à l'export via le Relais, sur l'Afrique notamment. Actuellement, les acheminements et le fret repartent mais certaines destinations sont encore fermées.  Nous nous heurtons aussi à des différents délais de paiement, de six à huit mois, de la part du Relais, qui n'a pas vraiment le choix", ajoute Pascal Mischieri. 

Brigitte Klinkert, ministre en charge de l'insertion, a visité la Tresse lors de sa visite en Dordogne Accompagnement professionnel

 La Tresse compte actuellement 32 salariés en contrat d'insertion : on compte 54 % de femmes mais les profils sont très divers. Ils  viennent majoritairement des communes avoisinantes voire Bergerac. Le nombre de personnes de moins de 26 ans ainsi que des demandeurs d'emploi de plus de 12 mois enregistrent une nette augmentation. "Ici, nous sommes davantage sur de l'accompagnement professionnel que social, nous sommes sur l'accès à l'emploi, à la formation, à la création d'entreprise. Nous organisons avec les salariés en insertion des entretiens individuels toutes les trois semaines, pour maintenir une dynamique de recherche d'emploi. Avec la covid 19, on voit bien actuellement que trois mois sans accompagnement, cela a laissé des traces : il faut relancer la machine", témoigne Marion Vital, accompagnatrice socio-professionnelle, à la ministre.  "On met l'accent sur le projet de sortie, sur les objectifs.  On veut que chaque personne en contrat d'insertion ici soit employable par n'importe quelle entreprise. Nous sommes dans une logique d'entreprise.  L'objectif est qu'elle ne s'installe pas dans une zone de confort", ajoute le président du conseil d'administration. 
A l'issue du contrat d'insertion, qui peut aller jusqu'à une durée maximale de 24 mois, entre 65 % et 70 %  des bénéficiaires enegistrent des sorties positives : il s'agit soit une entrée en formation qualifiante, soit un CDD de longue durée et pour 13 % il s'agit  d'un emploi durable. Deux personnes qui ont bénéficié d'un contrat d'insertion au sein de la Tresse y ont été embauchées comme permanents. "
Lors de sa visite à la Tresse, Brigitte Klinkert a tenu à saluer le travail réalisé : "c'est une entreprise "exemplaire" basée sur l'accompagnement vers un retour à l'emploi et axée sur une politique de transition écologique. Les salariés  sont accompagnés dans leur parcours d’insertion et cette activité permet d’éviter chaque année l’enfouissement de 3000 tonnes de déchets.  Mais je n'ai pas passé la journée ici pour repartir à Paris et oublier tout ce que j'ai vu, précise Brigitte Klinkert. Au contraire, pour moi, ce sont des exemples qui vont nourrir ma réflexion, mes projets et que je vais partager avec le Premier ministre et le gouvernement."

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 28/07/2020