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Société | Sun Trip France, l'autre tour de France... en vélo solaire !

Les vélos solaires du Sun Trip France en exposition à Pau

Ce mardi 28 juillet, en fin d'après-midi, c'est une drôle d'exposition qui se tenait Square Georges V à Pau. Une quinzaine de vélos équipés de panneaux solaires a, en effet, su attirer la curiosité des badauds. Un insolite peloton de panneaux solaires, en représentation à Pau au terme d'une étape d'un Tour de France peu commun, entre Lyon et Alberville, le « Sun trip France ». Parmi ces cyclistes rencontre avec Gilles, bordelais, qui participe à l'évènement pour la 2ème année consécutive, avec son vélo à assistance solaire électrique.

Ils sont de toutes formes, de tout design et de différentes technologies. Certains ont 2 roues, d'autres 3, il y a des vélos à la conduite classique, assise, d'autres semi-assise et même une vélomobile dont la carrosserie aérodynamique permet une protection contre les intempéries à son propriétaire qui est quant à lui, en position couchée dans l'habitacle...

3000 km et une certaine idée de la mobilité
Cela dit, tous ces cycles ont bien un point commun d'importance, ce sont tous des vélos à assistance électrique nourris à l'énergie solaire. A chaque vélo, son ou ses panneaux photovoltaïques. Autre point commun, ils participent tous au Sun Trip 2020, qui en raison de l'épidémie de Covid a du se résoudre à troquer son projet de rallier Lyon à Canton en Chine en vélo solaire par un « simple » Tour de France de Lyon à Albertville. 3000 km tout de même. Le projet de circuit franco-chinois, de 12 000 km déjà réalisé en 2018, et donc reporté à l'édition 2021. Si les sun trip ont habituellement une dimension de course cycliste, ce n'est pas le cas cette année. L'esprit est davantage à la solidarité en temps de post Covid...
Propulsés à l’énergie solaire, les trente aventuriers lancés dans cet autre Tour de France, relient ainsi depuis le 14 juillet, date du grand départ à Lyon, quelques uns des plus beaux sites naturels du pays, tout en allant lors de certaines étapes à la rencontre du public pour communiquer sur leur aventure, promouvoir une certaine idée de la mobilité, sensibiliser à l'énergie solaire, et globalement ouvrir la réflexion de leurs interlocuteurs « sur un monde qui peut tourner autrement ».

 

Certain cycles sont équipé de panneaux photovoltaïques qui suivent la course du soleil

Cyclistes d'un nouveau genre
Mardi après-midi, le Sun trip était donc à Pau avant de se lancer mercredi matin dans l'ascension du Col du Tourmalet dans le cadre de Pyrénées Cycl'n Trip, opération qui réserve le temps d'une matinée, la route du col aux vélos.
Parmi ces cyclistes d'un nouveau genre, Gilles n'a rejoint l'aventure que depuis Bordeaux. A son grand regret, mais « en tant que salarié, je ne suis pas totalement libre sur mes congés », justifie-t-il. Cela dit, il a désormais bien l'ambition d'assurer les 150 km des étapes quotidienne jusqu'à la ligne d'arrivée, le 9 août à Albertville ; « Je vais essayer de finir en tout cas, car il y a de vraies bombes dans notre groupe ! », nuance-t-il.
Il faut dire que niveau technologies, tous n'ont pas mis les mêmes moyens : au-delà des types (et poids) de vélos aux performances variées, certains participants sont allés jusqu'à installer des panneaux solaires qui tels les tournesols, suivent la course du soleil pour un ensoleillement maximal tout au long des étapes.
Le vélo de Gilles, même « s'[il] ne compte plus l'investissement qu'[il] y a mis », est un des modèles les plus simple : un vélo de randonnée de qualité, suivi par une remorque faite maison, qui porte deux panneaux solaires de 120 watts chacun. Bien sûr il y a aussi la batterie nourrie par les panneaux solaires et le moteur, qui permet principalement ici de faciliter la montée des côtes et maintenir le rythme « même à plat ».

Le vélo à Assitance électrique solare de Gilles, participant bordelais au Sun Trip France 2020


"Y aller mollo mollo pour monter les cols"
Bien sûr, outre un certain attrait pour le vélo, participer au Sun Trip ça demande aussi un goût pour le bricolage, les essais, les ratages et les rattrapages pour parvenir à un véhicule à la hauteur de l'ambition de celui qui le pilotera. C'est qu'il faut pouvoir porter le poids de l'ensemble sans oublier le bonhomme et le sac de camping et ses 10 bons kilos... « Je roule en moyenne autour de 22 - 23 km/h, c'est à peu près la même vitesse qu'un vélo normal... Mais ça marche bien, il faut seulement y aller mollo mollo pour monter les cols ...». Côté consommation d'énergie, le compteur situé sur le guidon indique qu'il a produit et consommé dans la journée 1,3 kWh, « autant dire strictement rien... ».

Et Gilles parle en connaisseur. Si ça fait 15 ans qu'il pratique le vélo de route, il est passé au vélo à assistance électrique classique « pour pouvoir passer partout lors de voyage où l'on est très chargé et dans lesquels il peut y avoir des dénivelés. ». Quant à sa participation dans cette aventure Sun Trip, « c'est suite à différents échanges et conversations que j'ai cherché à me renseigner sur des batteries solaires pour vélo et que je suis tombé sur cette initiative ». Un brin de hasard qui l'a poussé à expérimenter la course « Sun Trip » l'an dernier pour un tour de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec un passage par la Suisse. 1 500 km qui ont donc su convaincre Gilles de repartir pour un Tour cette année.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 29/07/2020