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Politique | Qui est Christelle Pieuchot, la nouvelle présidente de la Maison de la Nouvelle-Aquitaine ?

Christelle Pieuchot dans son cabinet d'avocate à La Rochelle

Il ne faut pas se fier à son air angélique et à sa blondeur enfantine. A seulement 39 ans, la nouvelle présidente de la maison de la Nouvelle-Aquitaine a du bagage et du bagou. A La Rochelle, Christelle Pieuchot s’est d’abord imposée comme avocate avant de grimper les échelons du monde politique. Après être passée par les campagnes les municipales, les cantonales et les régionales, son élection en juin à la tête de la Maison de la Nouvelle-Aquitaine semble une suite logique dans son parcours.

La politique, elle n’y avait jamais réellement songé durant ses études de Droit, de La Rochelle à Poitiers. Aujourd’hui encore, elle ne s’envisage pas comme une femme politique. « Pour moi, un vrai politique, c’est celui qui construit une stratégie de carrière en pensant toujours au coup d’après. Je me vois plutôt comme une citoyenne au service d’une majorité politique et d’un territoire », explique-t-elle. C’est André Bonnin qui lui met le pied à l’étrier. L’ex conseiller départemental PS du canton de Rochefort, lui-même avocat, embarque son ex-salariée dans les élections municipales de 2014. « Je ne me voyais pas lui dire non alors qu’il m’avait tendu la main à une époque où j’en avais besoin. Je lui ai demandé de me positionner en toute fin de liste. Ca l’a fait rire », se souvient la trentenaire. La Ville de Rochefort leur passe sous le nez mais Christelle acquiert une solide expérience de campagne. « J’ai découvert le travail d’équipe, l’engagement collectif, l’esprit de cohésion et la proximité avec le public », raconte-elle. Une approche qu’elle saura mettre en application pour les élections cantonales. « On a fait beaucoup de porte à porte. Ca m’a conforté dans l’importance de la relation humaine. En réunion publique, on est moins dans l’immédiateté qu’un contact sur le terrain, qui est un échange sans filtre. Quand vous allez sur les marchés, dans la rue ou chez les gens, vous êtes confrontés à des réalités diverses et immédiates », analyse-t-elle.

Le manque de représentation de la femme en politique l’interpelle. C’est pour cette raison qu’elle dit oui au parti socialiste venu la chercher en 2015 pour briguer le canton de Rochefort avec Pierre Feydeau. « Quand on regarde bien la situation, on se dit que dans le fond, il n’y a personne pour mettre les mains dans le cambouis à votre place, et qu’on peut rester longtemps assis sur son siège à regarder ce que font les autres ». La passivité du commentateur, très peu pour elle ! La campagne de 2015 est pourtant rude. Christelle Pieuchot découvre les coups bas et les petites mesquineries entre candidats qui jalonnent la plupart des élections politiques. L’ambiance électorale est délétère et sa liste doit s’incliner pour une poignée de voix face au duo Pons/Campodavre (LR), mais qu’importe ! « Il s’est passé quelque chose durant cette campagne, en terme de prise de conscience, de sensibilité à l’importance de la chose publique », explique-t-elle. La trentenaire rempile sans ciller l’année suivante pour les régionales.

"Faire sens" auprès des Néo-aquitains

2016 est son année. La jeune femme est élue en 4e position sur la liste d’alliance PS-PRG-EELV menée par le rochelais Gérard Blanchard (PS). On lui confie une délégation au tourisme, auprès de Sandrine Derville. Elle planche sur des thématiques fortes en matière d’évolution du territoire, comme le schéma de développement  touristique, sur les politiques de contractualisations et d’accompagnement des agglomérations à enjeux touristiques, comme le contrat CARO/CARA/Pays Marennes-Oléron ; le projet de Territoire à énergie positive (TEPOS) de la CdC d’Oleron ; le schéma des Parcs Naturels régionaux ; le Grand projet de marais de Brouage ou encore le projet de l’Arsenal des Mers de Rochefort.

Très vite, Christelle Pieuchot devient la secrétaire de l’association de la Maison de la Région. Elle accompagne la fusion de la Maison de l’Aquitaine et de celle du Limousin. Elle y constate que l’alliance des régions « n’a pas toujours été bien vécue par les départements de Poitou-Charentes et du Limousin ». La jeune femme travaille donc sur l’identité et l’attractivité nouvelles du territoire. Pour elle, il est important « de faire sens » auprès des habitants, pas seulement en terme politique mais aussi culturel, patrimonial et « de vivre ensemble ».  Elle affirme partager la vision d’Alain Rousset de faire de la Nouvelle-Aquitaine un « grand territoire » attractif, touristique et économique. « Il a une conception de chef d’entreprise, au sens de vouloir œuvrer pour tous, avec une politique d’effets leviers sur les accompagnements portés par la Région », estime-t-elle.

Eviter l'écueil du tropisme bordelais

Travailler sur l’attractivité du territoire est pour elle autant « un défi » qu’une nécessité : « Un territoire qui n’est plus attractif périclite. La Nouvelle-Aquitaine a globalement une bonne image auprès de ses habitants comme à l’extérieur, mais c’est un travail constant. Il faut convaincre ceux qui y vivent de rester et ceux qui n’y sont pas de venir ». Elle a conscience du tropisme bordelais, notamment auprès des Parisiens, toujours plus nombreux à vouloir s’installer dans la préfecture de Région. « Il est important de rééquilibrer l’image des autres territoires par rapport à Bordeaux. L’idée n’est pas d’attirer de nouveaux habitants dans les bassins de vie déjà saturés, mais plutôt de leur montrer tout l’intérêt de vivre dans des villes comme Angoulême ou Niort. Nos territoires sont complémentaires ».

Pour elle, la Maison de la Nouvelle-Aquitaine est la première vitrine de cette attractivité. « La Maison n’est pas un Comité régional de tourisme (CRT) bis. L’objectif est de travailler auprès de la diaspora parisienne originaire de Nouvelle-Aquitaine pour les faire revenir sur le territoire et créer du réseau entre Paris et la région », estime-t-elle.  Déjà sur les rails, l’idée d’en faire un centre d’affaires est toujours là. Reste à mettre en place un dispositif de conférences, de réunions d’affaires et de rencontres entre anciens élèves d’écoles néo-aquitaines et chefs d’entreprises. Christelle Pieuchot imagine une sorte de conciergerie « qui servirait d’intermédiaire entre les différents acteurs du territoire : chefs d’entreprises, collectivités et EPCI. Il reste à travailler sur le comment ».  

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 25/08/2020