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Politique | Une rentrée « pour se débarrasser de l’individualisme » (J-L Nembrini)

Alain Rousset lors de sa visite au lycée viticole de Blanquefort

Alors que la rentrée scolaire se fait sous haute surveillance, Covid-19 oblige, les quelques 658 établissements de Nouvelle-Aquitaine (lycées publics, privés et CFA compris) et leurs 270 000 élèves – dont 40 000 apprentis – ont repris les chemins de l’école. La délégation du Conseil Régional, Alain Rousset et le Vice-président en charge des lycées Jean-Louis Nembrini en tête a été rejoint par la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt au lycée viticole puis au lycée des métiers Léonard de Vinci de Blanquefort, une après-midi vraisemblablement tournée vers l’enseignement professionnel et agricole.

« C’est une rentrée normale, avec des contraintes supplémentaires », affirme Jean-Louis Nembrini, Vice-président du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine. En effet, au sortir de la visite au lycée viticole de Blanquefort, l’élu ne cache pas son plaisir d’avoir vu des classes quasi-pleines. « Depuis le printemps, nous travaillons pour que tous les élèves puissent reprendre, il était impensable pour nous que la rentrée se fasse au compte-gouttes », ajoute-t-il. A en croire la cheffe de l’établissement, « tout le monde est présent, les élèves comme les enseignants ». Ce petit monde respecte scrupuleusement les mesures sanitaires et reprend petit à petit les cours. « La contrainte du masque a été intégrée, salue le Vice-président du Conseil régional. On se protège pour protéger les autres. C’est nouveau, dans un monde quand même terriblement individualiste ».

Pourtant, l’heure n’est pas à l’angélisme. Les services de la Région comme de la direction académique restent concentrés pour éviter d’hypothétiques foyers épidémiques et ont d’ores et déjà pris des dispositions pour protéger élèves et enseignants.

Rapprochement en vue entre les lycées agricoles et les centres de recherches régionaux ?

Alain Rousset lors de sa visite au lycée viticole de Blanquefort
Alain Rousset a visité les laboratoires du Lycée viticole de Blanquefort ©YD

Un terme est revenu à de nombreuses reprises au cours des échanges entre enseignants, élèves et politiques : régénération. En effet, dans la salle des professeurs du lycée viticole de Blanquefort, Alain Rousset questionne les enseignants sur la place du respect de l’environnement dans leurs discours tout en soulignant une présence solide de scientifiques dans la Région. « Nous nous efforçons de les sensibiliser le plus possible, répond une enseignante, mais une grande partie d’entre eux est déjà consciente de la cause climatique. Nous avons de moins de moins de fils et filles de viticulteurs et ceux qui le sont savent que les pratiques de leurs parents ou grand-parents sont révolues ».

En ce qui concerne les liens entre le monde scientifique et les lycées agricoles, les enseignants sont restés vagues. « Dans la majorité des cas, nos échanges ne vont pas plus loin qu’une visite », souligne l’un d’entre eux. Cette affirmation irrite Alain Rousset. « Avec le nombre de scientifiques que nous avons chez nous, que ce soit à Chizé (Centre d’études Biologiques des Deux Sèvres), l’INRA ou au CNRS, il est fondamental que la mise en place d’une agriculture régénératrice et conservatrice soit préparée dès le lycée », martèle le président du Conseil régional.

VitiRev : La Tour Blanche annonce sa conversion au bio

En parlant d’écologie dans la viticulture néoaquitaine, il est difficile de passer à côté du programme régional VitiRev, qui prône la sortie des pesticides et autres glyphosates par l’innovation technologique à travers une cinquantaine d’actions concrètes. VitiRev a déjà permis de trouver plusieurs solutions innovantes pour des pratiques plus responsables dans la vigne, à l’image du Château Dillon, l'exploitation du lycée viticole de Blanquefort, qui participe au programme. L’exploitation utilise en effet des drones pour identifier l’arrivée de mildiou, oïdium ou encore les amendements nécessaires à la bonne évolution des vignes, permettant de traiter au cas par cas plutôt qu’en parcellaire et réduire ainsi le coût tant économique qu'écologique de l'opération. Pour Alain Rousset, « l’investissement technologique nécessaire à une viticulture plus respectueuse de l’environnement est énorme. En Nouvelle-Aquitaine, nous devons recréer les équipements de l’industrie agricole et cela commence dès les lycées et CFA ».

Si le Château Dillon est une figure de proue de VitiRev en Gironde, ce n’est pas la seule des quatre exploitations affiliées à l’EPLEFPA (Établissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles) Bordeaux Gironde à s’engager pour protéger l’environnement. En effet, Pierre Cheret, directeur adjoint de l’EPLEFPA Bordeaux Gironde et proviseur du Lycée la Tour Blanche (à Bommes, dans le Sauternais) a profité de la présence des élus régionaux pour annoncer le lancement de la conversion au bio de la propriété dès cette fin d’année 2020. La première cuvée labellisée 100 % bio de La Tour Blanche sera le millésime 2023.

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : YD

Publié sur aqui.fr le 02/09/2020