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Economie | L'apprentissage a survécu à la Covid-19 dans les Pyrénées-Atlantiques

Les apprentis de la section coiffure en formation au sein de l'Université des Métiers de Pau, entre deux semaines en entreprises

Au sortir du confinement, les craintes étaient fortes quant au sort des apprentis et de l'apprentissage. Force est de constater qu'en cette période de rentrée, Gérard Gomez, le président de la Chambre des Métiers et de l'artisanat des Pyrénées-Atlantiques a plutôt le sourire, l'effectif des apprentis est en légère hausse au sein des deux Universités des métiers de Pau et de Bayonne. Ce 8 septembre, Préfet du département Eric Spitz est venu rencontrer responsables, formateurs et étudiants de l'Université des métiers de Pau, pour un point de situation... plutôt encourageant.

Dans les deux ateliers de l'Université des métiers de Pau, visités ce mardi matin par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques, boulangerie et coiffure, « les étudiants n'auront pas de difficultés à trouver du travail » à l'issue de leur formation. Ce sont les enseignants qui l'assurent, Lionel Mur pour la boulangerie, et Elisa Carrère en coiffure.
Avec cet atout que « les jeunes formés en apprentissage sont opérationnels très vite. Ils acquièrent une maturité, une aisance du geste et un rythme de travail, qui les rendent vite autonome en entreprises. On leur fait rapidement confiance dans les entreprises », explique Lionel Mur, entre deux indications à es étudiants en Mention complémentaire. Concrètement ceux-ci alternent 1 semaine de cours et 3 semaines en entreprises.
Autre atout de ces formations : "elles sont qualité", défendent les enseignants et le président de la CMA64. Pour preuve les élèves de la structure participent régulièrement à des concours professionnels, à l'image du concours des meilleurs apprentis de France. « Ca donne une motivation et de l'émulation entre les jeunes... Et c'est aussi un plus sur leur CV ».

"Les entreprises jouent le jeu"
Ces deux secteurs n'ont pas non plus été choisi au hasard : ils attirent les vocations, même si reconnaît Gérard Gomez, ce n'est pas le cas de tous les métiers. « Pour ceux-là, il faut croire que n'avons pas su mettre en valeur, mais surtout en fin d'année dernière nous n'avons pas été aidé avec l'annulation des salons étudiants. Ca a causé une certaine complexité pour communiquer et les promouvoir auprès des jeunes ».
Cela dit, quand on regarde les effectifs globaux des apprentis au sein de l'Université des Métiers 64, ils sont, au 5 septembre, « en hausse sensible » se satisfait Gérard Gomez. Tant sur le site de Pau (+2,7%) que sur celui de Bayonne (+2,1%) pour un total 977 apprentis. C'est donc sur les deux sites, 2,4% d'effectif supplémentaire, « après ce qui était déjà une belle année 2019 », reconnaît-il.

Cela signifie aussi que derrière chaque apprenti il y a une entreprise qui l'accueille. Pourtant, en raison de la crise sanitaire et économique qui l'accompagne, « on nous avait prédit des -10 -20, jusqu'à -30% des effectifs par manque d'implication des entreprises... Si en cette période de rentrée, les chiffres ne sont pas encore définitifs, on peut déjà dire que le département ne s'en tire pas mal, les entreprises jouent le jeu. Et l'Etat a appuyé son accompagnement », adresse-t-il au préfet avec reconnaissance. La Covid 19 n'aura donc pas eu la peau de l'apprentissage.

A l'Université des Métiers de Pau, visite d'un atelier boulangerie par le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Spitz accompagné de Gérard Gomez, président de la CMA 64


Des aides aux entreprises "pour booster les embauches"
Un soutien de l'Etat dont l'enjeu est « l'accès à l'emploi pour les jeunes », rappelle Eric Spitz. « Ils sont 700 000 à entrer sur le marché du travail cette année, or l'apprentissage est un des outils privilégiés pour l'accès à l'emploi de ces jeunes ». Et en effet les taux d'insertion sont très bons confirme le président de la CMA 64 précisant que  « le taux d'insertion dans l'emploi est en moyenne de 80% dans les 6 mois qui suivent la fin des études ». Et certains métiers frôleraient les 100%, selon le Préfet Eric Spitz.
D'où « le souhait de l'Etat que l'apprenti ne coûte rien à l'entreprise », indique-t-il. Et de citer une double mesure pour l'entreprise qui signe un contrat d'apprentissage : « l'exonération des charges sociales sur ce contrat et une aide de 5000 euros si l'apprenti à moins de 18 ans ou de 8000 euros s'il en a plus de 18 ». En bref selon le Préfet, « Il n'y a aucun coût, que des avantages pour l'entreprises. Et grâce à ces incitations fortes, les jeunes pourront trouver plus facilement une entreprise où réaliser leur apprentissage ».
Un coup de pouce important, en réalité surtout, pour la première année d'embauche de l'apprenti, l'aide de 5000 ou 8000 euros n'étant pas renouvelable. L'exonération des charges, elle, peut être reconduite, précise Monique Guillemot-Riou, Directrice de Unité Départementale 64 de la Direccte. « Avec ces aides, l'idée ici est bien de booster les embauches en apprentissage, donner une impulsion », appuie-t-elle.

De voie de garage à voie de lancement...
Mais le travail de la DIRECCTE se fait aussi en auprès des Centres de Formations, des parents et des jeunes avec des réunions régulières pour faire connaître les dispositifs, et fournir des informations « pratico-pratiques ». « Deux référents apprentissages ont d'ailleurs étaient récemment mis en place, au sein de l'Unité Départementale : un en Béarn et un au Pays Basque » précise-t-elle.
Outre les entreprises, différentes aides sont aussi prises par les collectivités pour l'attractivité de l'apprentissage auprès des jeunes. « Il existe une aide au premier équipement à hauteur de 500 €, une aide au permis de conduire de 500 € également, des aides sur la restauration ou encore l'hébergement », liste en vrac le président Gomez qui attire tout de même l'attention du Préfet sur « la vraie difficulté, notamment à Bayonne, concernant le logement des jeunes. Il faut créer urgemment une solution d'hébergement sur le site ! ».

Entre de bons chiffres de rentrée et des dispositifs de soutien renforcés, l'heure était à la satisfaction ce mardi dans les murs de l'Université des métiers de Pau. « Je me félicite que la France, avec 50 ans de retard, suive le chemin tracé par l'Allemagne sur la question de l'apprentissage. Cette évolution des mentalités me paraît porteuse pour la suite » jugeait en effet le Préfet Spitz. Quant au président de la CMA 64, il note lui aussi avec satisfaction « que de voie de garage, l'apprentissage est devenu pour un jeune une voie de lancement sur son avenir professionnel ».

Le site palois de l'Université des Métiers de la CMA 64

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 09/09/2020