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Politique | Entre les lignes: Jean-Luc Gleyze ou comment être girondin...

Jean-Luc Gleyze « Etre Girondin, la Démocratie du Quotidien » : le livre d'entretiens avec Jean Petaux

« Etre Girondin, la Démocratie du Quotidien » : le livre d'entretiens, fruit d'un long échange entre Jean-Luc Gleyze, le président du Conseil départemental de la Gironde et de Jean Petaux, ingénieur de recherches et directeur du développement, de la communication et de la vie étudiante à Sciences Po Bordeaux, offre une lecture vivifiante, à l'heure où la démocratie est sortie abîmée des élections municipales, par une abstention sans précédent. La découverte d'un parcours qui doit davantage à des valeurs de solidarité, à un héritage local marqué du sceau du rude labeur et à la clairvoyance d'un élu à forte personnalité, Jean Sango, conseiller général qui s'intéressa au caractère singulier de ce jeune homme que les études ennuyaient, qui ne fit rien pour intégrer Sciences Po et osa défier parents et conseils.

Jean-Luc Gleyze, fils d'un couple d'ouvriers de la scierie Monier de Captieux a connu, sans en souffrir, la condition d'une famille vivement modestement mais il l'évoque avec le souvenir d'une enfance heureuse ponctuée, dans cette Haute Lande qui se sent au moins autant landaise que girondine, par les rendez vous avec une nature généreuse et une forêt bien aimée. Il a connu les petits matins à la palombière où l'on guettait l'arrivée des vols. Sur le mode de la boutade il cite les échanges amicaux avec feu Henri Emmanuelli et celui qui lui a succédé à la tête du département des Landes, Xavier Fortinon, à qui ils ne dédaignaient pas dire, rieur : « ça doit vous faire un drôle d'effet, mes camarades ce Landais qui préside la Gironde »

La valeur du temps

Attendre, savoir attendre : Jean-Luc Gleyze revendique, et c'est assez rare pour être souligné, la valeur du temps. Agir, certes, avec détermination mais en oubliant pas de faire du temps un allié plus qu'un adversaire. Considérons, par exemple, dans les orientations les plus fortes de l'actuelle mandature, ce plan collèges 2024 voulu et défendu par cet homme qui a su puiser, dans l'attractivité et le dynamisme démographique du plus grand département de France, les arguments d'un soutien à cet ambitieux programme de construction et réhabilitations des collèges girondins. Et, croyons qu'il ne parle pas en l'air quand il assure, par ailleurs, que la couverture en haut débit de l'ensemble du département sera achevé à cet horizon.

Le temps, Jean-Luc Gleyze en parle avec une évidente sérénité et la référence à Blaise Pascal et à ce texte « Disproportion de l'Homme » qu'il commenta lors de son oral de français au baccalauréat....Rien donc ne devait précipiter l'engagement du jeune homme au parti socialiste et, s'il le fît ce n'est qu'au lendemain de la mort, en 1990, de son mentor, Jean Sango, et par fidélité plus que par évidente conviction. Une manière d'aveu étonnant qui explique assurément que, plus tard, le jeune homme qui allait réussir son concours d'attaché territorial sera considéré de près lorsque, en 2004, à l'aube des élections cantonales qui s'annoncent, il est présenté à un certain Philippe Madrelle, ce président innamovible, cette figure majeure du socialisme national et girondin. Un souvenir fort de l'instant, dans le petit village «  landais » d'Escaudes. Le parrainage indiscutable d'une figure du parti comme l'était Jean Sango, l'élu de proximité par excellence, qui a formé Jean-Luc Gleyze au goût du service rendu, au travail dans la mairie de Captieux, aux écritures et, derrière elles, la connaissance des femmes et les hommes de la commune.

Revenu de base: l'expérimentation refusée

Ce goût des autres, ce sens de l'altérité, le président du Conseil départemental girondin, les a portés et les défend sans relâche, aujourd'hui, et entre autres, dans son combat pour la reconnaissance d'un Revenu de base, un projet conçu et étudié en Gironde, dont le président du département demandait qu'en soit acceptée l'expérimentation. Une hypothèse refusée par Emmanuel Macron, à commencer par une mise au point, résolument jacobine, lors d'une de ces rencontres débats de l'hôte de l'Elysée avec une soixantaine d'élus, le 1° mars 2019, en préfecture, à Bordeaux. A découvrir, dans un long échange avec Jean Petaux, la vision enracinée de ce que sait qu'être girondin, aujourd'hui, et, dans une post-face à cet ouvrage, écrite en juin dernier, au lendemain du déconfinement, un vibrant plaidoyer pour une « République des territoires » et des « Solutions Solidaires »

"Etre Girondin:La Démocratie au quotidien" Jean-Luc Gleyze; Entretiens avec Jean Petaux ; Editions "le Bord de l'Eau; 18 euros

www.editionsbdl.com

Joël Aubert
Joël Aubert

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 11/09/2020