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Société | « La rentrée particulière » de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour

Le bâtiment de la Présidence de l'UPPA

Le 16 septembre dernier, au regard de la menace de la Covid-19, l'Université de Pau et des Pays de l'Adour est passé au stade 2 de son plan de rentrée, sur l'ensemble de ses sites (Pau, côte basque, Mont-de-Marsan, et Tarbes). Comprendre par là le passage d'un dispositif de « vigilance » à un dispositif de « protection renforcée » sur l'ensemble de la communauté universitaire, des étudiants aux enseignants en passant par les personnels administratifs et techniques. Un niveau de protection qui implique désormais et de manière obligatoire le respect de la distanciation physique, en plus du port du masque de protection et des gestes barrières. En conséquence un certain nombre d'enseignements se sont vus basculer en mode hybride entre présentiel et distanciel.

« Passer au stade 2, c'est être cohérent avec l'analyse de la situation », relève le Président de l'Université dont, « la grande crainte », avoue-t-il est la fermeture de l'Université comme c'est déjà le cas d'autres établissements en France. « A Pau, le campus représente 8500 étudiants sur l'agglomération de 140 000 habitants, et ils sont dans la tranche d'âges, de 18 à 25 ans, qui est la plus impactée.. Sur l'agglomération, un tiers de cette population est chez nous... »

"Il aurait fallu une grande campagne de dépistage avant la rentrée"
Quelques cas ont déjà été recensés parmi les étudiants et enseignants. « Hier, sur une période glissante de 7 jours nous avions 5 cas, tous sites confondus, aujourd'hui sur la période du 15 au 22 septembre, 15 étudiants sont concernés, mais aucun enseignants. » Des chiffres des contaminations qui sont ceux relayés par l'ARS... Autrement dit des étudiants qui se sont faits testés parce qu'ils se sentaient malade. Une situation relativement insuffisante pour le Président de l'Université. « Ce qu'il aurait fallu, c'est une grande campagne de dépistage avant la rentrée, mais ça n'a pas été possible car les laboratoires sont débordés », déplore-t-il.
Cela dit, ce 22 septembre une campagne de tests était organisée sur le campus de Pau pour un nombre maximum de 200 étudiants. « Ca n'est pas suffisant, admet Mohamed Amara mais les laboratoires ne peuvent pas faire plus pour l'instant. Cela dit, ça nous donnera quand même une idée de la situation. J'espérais aussi pouvoir le faire au niveau du Pays basque mais les labos sont trop débordés. » Objectif de la démarche entreprise à Pau : « avoir une information qualitative » au-delà des cas individuels qui sont déclarés par ailleurs. Et la chose est entendue avec le laboratoire en charge des tests: « si les résultats des tests effectués ce mardi posent question sur la situation sanitaire à l'Université ; on fera dans une semaine une campagne beaucoup plus large pour voir ce qu'il en est... ».

HyPE 13: l'appel à projet qui voit le verre à moitié plein
Et à l'inverse s'il s'avère que la situation tant au niveau du département qu'au niveau de l'Université s'améliore, alors les mesures pourront être à nouveau assouplies promet son Président. En ce qui concerne le coût de cette cirse sanitaire et les nombreuses adaptations mises en place par l'Université, de l'achat de masques et de gel hydroalcoolique à l'équipement de salles en matériel informatiques, en passant par la perte de contrats de recherches ou de formations, l'impact de la Covid-19 sur l'année 2020 est estimé à 2,5 M€ pour l'UPPA.
Un quotidien et des enseignements chamboulés par la situation sanitaire, dont l'UPPA a aussi voulu faire une opportunité pour progresser et accélérer sur cette transition déjà à l'oeuvre vers plus de digital.
A la tête d'un consortium de 11 autres universités, l'UPPA a ainsi répondu avec succès et l'appel à projet national «hybridation des formations d’enseignement supérieur» autour d'un projet baptisé « Hybrider et Partager les Enseignements – HyPE 13 ». Tout juste démarré et dôté d'une enveloppe de 3 M€ sur 18 mois celui-ci a pour objectif la mise en place d'une plateforme numérique commune entre les plateformes pré-existantes de chacune des 12 universités, tout en produisant à termes un effet levier sur la partie hybridation des enseignements par la mise en place d'un partage de ressources et de scénarii d'enseignement ou encore l'écahnge autour de projet pédagogique sur la réussite étudiante, pour lesquelles 10 des 12 universités du consortium se sont déjà vues récompensées. A tout chose, malheur est bon.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 23/09/2020