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Politique | Sénatoriales : la gauche part divisée en Charente-Maritime

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Le scénario des sénatoriales s’annonce compliqué pour la gauche en Charente-Maritime. Ses représentants partent au front en étant divisés sur le fond et sur la forme. D’un côté, le maire de Marennes Mickaël Vallet (PS), de l’autre Bernard Lalande (DVG-LREM), sénateur sortant. Ils devront affronter deux poids lourds de la droite locale, les sénateurs LR sortants Daniel Laurent et Corinne Imbert, respectivement anciens maires de Pons et Beauvais-sur-Matha. Le Rassemblement national envoie l’oléronaise Séverine Werbrouck, épaulée de son homologue au conseil régional Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie.

Sur le papier, c’est la dispersion assurée des voix de gauche des grands électeurs. Sur le terrain, la réalité est un peu plus complexe. D’un côté, Mickaël Vallet incarne un PS droit dans ses bottes. Contrairement à Bernard Lalande, cet ex-premier secrétaire fédéral du PS est toujours resté fidèle au parti, quelque soit les soubresauts politiques. Ce multi-casquettes (président de la CdC de Marennes, conseiller départemental) embarque avec lui d’autres figures du socialisme local : le conseiller régional Jacky Emon, 3e sur la liste ; la conseillère départementale de Marans Karine Dupraz, une « divers gauche » connue pour ses positions socialistes ; ainsi que les maires PS de Forges et de Tonnay-Charente, aux 4e et 5e places. De l’autre, Bernard Lalande (DVG) a accumulé des positionnements qui finissent par faire grincer des dents à gauche. Candidat investi par le PS aux dernières sénatoriales, il a quitté le parti en 2018, déçu par les tractations politiques avec la France Insoumise en vue des Européennes. Depuis, ses positionnements dans la mouvance de La République En Marche défrisent quelque peu ses anciens camarades socialistes. Mais lui attirent aussi d’autres sympathies. Comme celles de Jean-Pierre Servant, maire LREM de La Ronde, et Catherine Benguigui, l’adjointe encartée PS du maire de La Rochelle, dont la liste divers gauche avait officiellement reçu le soutien de LREM lors de la dernière campagne des Municipales. Bernard Lalande les a embarqués tous les deux sur sa liste aux sénatoriales, aux côtés de Françoise Ménard, la maire PS de Saint-Jean d’Angély, et Christophe Boulle, l’adjoint au maire PS de Montendre. Mickaël Vallet ayant été investi officiellement par le PS, les trois colistiers socialistes de Lalande risquent tous une exclusion du parti pour leur soutien au dissident.

 La droite confiante

Corinne Imbert lors d'une session du Département

En face d’eux, les sénateurs sortants Les Républicains Corinne Imbert (photo) et Daniel Laurent sortent de leur mandat renforcés par six ans d’expérience et plusieurs atouts dans leur manche. A commencer par les excellents résultats obtenus par LR aux dernières municipales en Charente-Maritime. La Droite a gagné 23 communes de plus de 3000 habitants, soit 4 de plus qu’en 2014, là où la gauche en a perdu une demi-douzaine. Dans ce contexte favorable, Corinne Imbert et Daniel Laurent embarquent avec eux plusieurs conseillers départementaux issus de la majorité de l’assemblée, incarnée par le président de la Charente-Maritime Dominique Bussereau (DVD, ex-LR). Troisième sur la liste, le vice-président Stéphane Villain rempile pour cette campagne avec une nouvelle casquette, celle de maire de Chatelaillon-Plage. Son homologue Sylvie Marcilly, maire LR de Fouras, rejoint les rangs, ainsi que Christophe Cabri, nouveau maire LR de Jonzac, ville de droite de longue date et berceau de l’ex-sénateur et maire UMP puis LR Claude Belot. Dans cette équation complexe, il devrait être difficile à la représentante départementale du RN Séverine Werbrouck et à son binôme Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie de tirer leur épingle du jeu. Malgré la présence de Séverine Werbrouck au conseil municipal de Saint-Pierre d’Oléron, les  deux conseillers régionaux manquent de poids politique dans le département face aux autres têtes de listes. D’autant que le duo s’est embarqué avec de relatifs inconnus dans sa quête du Sénat : Rachel Cointet, Nathalie Collard et Richard Guérit – le seul à occuper une fonction politique, en tant qu’opposant au conseil municipal de Marennes-Hiers-Brouage.  

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : 4111111111111111

Publié sur aqui.fr le 25/09/2020