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Agriculture | Un vingtième anniversaire particulier pour l’IGP Foie Gras du Sud-Ouest

Le Palso est une association représentant les acteurs de la filère palmipède du grand Sud-Ouest

À année exceptionnelle, assemblée générale exceptionnelle. En 2020, l’IGP Foie Gras du Sud-Ouest fête ses vingt ans et a dans le même temps subi les effets de la crise sanitaire. Le Palso, association de défense et de promotion de la filière palmipède, qui fédère producteurs et entreprises de la filière a dressé le bilan de l’année 2019 à l’occasion de son assemblée générale. L’association a également évoqué des pistes de réflexions sur l’avenir de la filière, notamment pour répondre aux attentes du consommateur en matière d’élevage et d’environnement.

« Les perspectives sont bonnes pour 2020, moins pour 2021 ». Marc Roose, directeur de l’association Foie Gras du Sud-Ouest (Palso), commente avec le sourire le résultat d’exploitation de l’année 2019, mais prend un ton plus grave en évoquant l’avenir. En effet, pour les 1800 producteurs de la filière, le plus dur est à venir, malgré un exercice 2019 réussi avec 26 200 tonnes de produits commercialisées, « un chiffre en hausse de 21 % par rapport à 2018 et proche du record de 2015 et ses 26 750 tonnes », affirme Agnès Loth, ingénieur qualité du Palso. Le tout représente un chiffre d’affaires annuel de 610 millions d’euros.

Si la progression du Palso est constante depuis le début des années 2000 et la naissance de l’IGP Foie Gras du Sud-Ouest, elle pourrait connaître un coup d’arrêt à cause de la crise sanitaire. Pour essayer d’en minimiser tant le coût que les pertes, le consortium a doublé sa demande de subvention auprès des Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie pour l’année à venir passant d’un total de 215 000 euros pour l’exercice 2019 à 431 000 euros. Par ailleurs, le Palso a émis une requête auprès de l’Institut National de l’Origine et de la qualité (INAO) – en charge des IGP entre autres – pour prolonger la durée de congélation du foie gras, « permettant ainsi de lisser les stocks et protéger une production qui n’a pu être commercialisée pendant le confinement », éclaire Agnès Loth. Pour Chantal Brethes, éleveuse de palmipèdes et présidente du Palso, « les femmes et les hommes qui ont mené le combat pour la création de l'IGP Canard du Sud-Ouest nous ont guidés et nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Il faut maintenant se tourner vers l'avenir et développer une filière pérenne, qualitatitive et adaptée à la demande ».

L’accent est mis sur le consommateur
A l’occasion d’un débat organisé pour les vingt ans de l’IGP Foie Gras du Sud-Ouest, le Palso a évoqué les grands chantiers pour la filière, à commencer par le développement durable. Le consortium du Foie Gras du Sud-Ouest a justement lancé une démarche RSO (Responsabilité Sociétale des Organisations). Chantal Brethes joue avec l'acronyme RSO. « Au niveau du Palso, nous sommes Résolument et Sincèrement Optimistes. Nous avons été touchés par trois crises sanitaires successives - les grippes aviaires H5N1 et H5N8, suivies du Covid. Cette année, nous avons eu la visite d'une sorcière : la loi Égalim. Dans toutes les histoires, vous avez une sorcière et une fée. Pour nous la fée s'appelle RSO ».

Afin de découvrir les enjeux de cette démarche RSO, le Palso a réalisé une étude en 2019, auprès de consommateurs sur leurs critères de choix d’un produit. « Dans la majorité des cas, la région d’origine est le premier critère, commente Agnès Loth. On retrouve en cinquième position un critère qui n’existait pas ou peu dans ce genre d’études : le bien-être animal ». Marc Roose évoque une deuxième étude qui va dans ce sens. Elle a été menée par l’Ifop et le l’interprofession nationale laitière (Cniel), également auprès de consommateurs. « Nous sommes dans une filière différente de la nôtre, mais les attentes sont les mêmes en matière de traçabilité et de bien-être animal, affirme Marc Roose. La société évolue. Notre produit a beau être traditionnel, il faut vivre avec notre temps et répondre aux attentes du consommateur ».

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 30/09/2020