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Société | Bayonne accueille l'hôpital mobile déployé par le CHU de Toulouse

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Le patron du SAMU 31, Vincent Bounes, ne mâchait pas ses mots pour présenter, pour la première fois, l'hôpital mobile que le CHU de Toulouse a déployé pour renforcer l'accueil de certains patients souffrant du Covid-19. Cet équipement, module de gestion de crise constituant un poste médical avancé, à la base destiné à pouvoir intervenir en urgence sur une situation d'attentat, va être utilisé des deux côtés de la frontière et peut accueillir jusqu’à 18 patients. Il a en effet été développé et conçu dans le cadre du projet Européen de coopération transfrontalière Espagne - France - Andorre (POCTEFA) EGAL-URG.

Cela fait trois ans que le CHU de Toulouse travaillait sur ce projet. Sa présentation aurait dû avoir lieu en juin dernier, mais la crise sanitaire a bouleversé le calendrier. C'est donc ce lundi que Vincent Bounes et ses équipes du SAMU 31 l'ont présenté pour la première fois et surtout pour le mettre au service des patients. "C'est comme une réanimation dépliable", décrivait depuis Toulouse le patron du SAMU 31. "Imaginez un gros camion mobile capable de se déplier en 20 minutes une fois sur place, et d'offrir alors cinq salles hospitalières permettant d'accueillir jusqu'à 18 patients."

Le camion le transportant a donc été accueilli à proximité du service des urgences du Centre hospitalier de Bayonne avant d'être déployé comme un jeu de construction lundi en début d'après-midi en présence du maire et président de la Communauté d'agglomération, Jean-René Etchegaray, Sylvie Durruty, adjointe au maire, conseillère régionale, présidente du Conseil de surveillance du Centre hospitalier de Bayonne, le sous-préfet Hervé Jonathan et bien entendu le docteur Glanes, directeur de ce Centre hospitalier de Bayonne.

Le Centre hospitalier de Bayonne était devenu une priorité 

Hopital mobile Bayonne2

Pourquoi Bayonne et le Pays basque? En fait ce sont les chiffres du développement de l’épidémie COVID-19, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, à l’heure actuelle la zone géographique la plus impactée en Nouvelle-Aquitaine au niveau des taux de positivité et d’incidence, qui ont fait la décision. Ces derniers, extrêmement élevés, laissent présager une augmentation des hospitalisations en Pays Basque dans les prochains jours et semaines alors que ce nombre est déjà supérieur à celui de la première vague. Cette augmentation de patients hospitalisés COVID-19 peut entrainer des problématiques de capacités d’accueil et d’hospitalisations au sein du Centre Hospitalier de la Côte Basque. 

Afin d’anticiper et d’être prêtes à faire face à cette problématique, les équipes médicales et les Directions du Centre Hospitalier de la Côte Basque et du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse se sont accordées, sous l’égide des deux ARS de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie, sur la mise à disposition d’un hôpital mobile. Cet équipement permettra, à titre transitoire, de renforcer le service des urgences en augmentant les capacités d’accueil pour les patients atteints de la COVID-19, tout en maintenant une capacité de prise en charge de patients non COVID-19.

Des deux côtés des Pyrénées
Cet équipement, module de gestion de crise constituant un poste médical avancé, à la base destiné pour pouvoir intervenir en urgence sur une situation d'attentat, va donc être utilisé des deux côtés de la frontière et peut accueillir jusqu’à 18 patients. Il a été développé et conçu dans le cadre du projet Européen de coopération transfrontalière Espagne - France - Andorre (POCTEFA) EGAL-URG.

Il s'agit d'un réseau européen de coopération visant à améliorer les soins de santé dans les communautés isolées, les urgences et les catastrophes des deux côtés des Pyrénées. Ce projet est porté par le CHU de Toulouse et ses partenaires : le Centre de Recherche Biomédicale Navarrabiomed, le Centre Hospitalier de Navarre, le SEM de Barcelone et le Centre Hospitalier de la Côte Basque à Bayonne. Au travers de cette collaboration transfrontalière, sont menées des actions de préparation aux grands rassemblements, de gestion de ressources informatiques communes, de développement de nouvelles formations et protocoles de soin, et la création de technologies innovantes qui seront déployées sur le pourtour du territoire pyrénéen.

C’est dans le cadre de ce réseau européen, dont les deux centres hospitaliers sont deux membres très actifs, que la mise à disposition de cette unité mobile peut être réalisée. En effet, le CHU de Toulouse et le Centre Hospitalier de la Côte Basque ont été partenaires en termes de conception et de réalisation de cet hôpital mobile. Les équipes médicales des deux établissements se connaissent et cette collaboration ancienne facilite le premier déploiement opérationnel de cet équipement à Bayonne, sous l’égide des ARS de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie.

Une unité hospitalière mobile complètement autonome

 Cette Unité mobile polyvalente Europe Occitanie (UPMEO) conçue par l’entreprise française Cegelec Défense, à l’initiative des équipes d’urgences et du SAMU 31 du CHU de Toulouse, dans le cadre du Centre de Réponse à la Catastrophe, est mise à disposition du Centre Hospitalier de la Côte Basque à titre transitoire. Elle peut être réinstallée, dans un délai très court et dans des conditions similaires, dans un autre établissement de santé de Nouvelle-Aquitaine ou d’Occitanie en cas de besoin. Elle est enfin dotée d’une distribution d’énergie électrique, d’une distribution réseau (informatique et électrique) et d’un pré-aménagement destiné à accueillir 18 brancards catastrophes ainsi que tout le matériel nécessaire à son déploiement (batteries, eau, gaz à usage médical et équipement médical. Mais elle est aussi et surtout...la bienvenue.

Félix Dufour
Félix Dufour

Crédit Photo : 4111111111111111

Publié sur aqui.fr le 10/11/2020