Aqui.fr - Une publication d'Aqui!Presse Aqui.fr - Partageons l'information en Nouvelle-Aquitaine et bien au delà

Economie | Ogeu Boisson investit dans son entreprise et lance une production de canettes

Eric Spitz en visite dans les locaux de la Société des eaux d'Ogeu, lauréate d'un appel à projet du plan de Relance

Pour mettre en lumière les potentialités du plan « France Relance » sur le département des Pyrénées-Atlantiques, une délégation, composée du préfet Éric Spitz et d’élus, s’est rendue ce mardi 8 décembre dans les locaux de la SEMO (Société des eaux d’Ogeu) et de la Poral, situées respectivement à Ogeu-les-Bains et à Oloron. Ces deux entreprises font partie des onze lauréates aux appels à projets lancés dans le cadre de ce plan de relance exceptionnel. Doté de 100  milliards d’euros, il propose des mesures concrètes à destination de toutes les sociétés pour la refondation économique, sociale et écologique du pays. La SEMO (Ogeu Groupe) va ainsi bénéficier de 800 000 euros pour développer dès mars prochain une activité de canettes. Une production plus vertueuse qui s’inscrit résolument dans cette politique nationale.

6 millions d’euros vont être nécessaires à la réalisation de cette nouvelle ligne de production de canettes installée à Ogeu-les-Bains sur le site historique du leader français des eaux minérales. Retenue dans le cadre de l’appel à projets (AAP) du plan « France Relance », feuille de route pour la refondation économique, sociale et écologique du pays, cette création sera ainsi subventionnée à hauteur de 800 000 euros par ce fonds d’investissement. Un coup de pouce honorable de l’État pour Jean-Hervé Chassaigne, le président d’Ogeu, qui ce mardi 8 décembre, aux côtés de Thierry Croissant, son directeur industriel, conduisait la délégation dans l’antre de l’entreprise.

"15 000 canettes par heure"

De sa création à aujourd’hui, plus de deux siècles se sont écoulés. De la rapidité des lignes d’embouteillage aux différents process, la modernisation des outils et l’adaptation aux évolutions du marché guident éperdument les choix stratégiques de l’entreprise. Et cette quête permanente d’y répondre ne s’essouffle pas. « Nous sommes ici sur l’espace où la future production de canettes se tiendra », présente, le directeur opérationnel au milieu du large hangar totalement vide. Jusqu’en 2018, l’espace constituait l’atelier de production des bonbonnes d’eau et des fûts de limonade. Mais les inondations marqueront le coup de grâce. D’ici peu, ces locaux seront occupés par la nouvelle ligne automatisée de canettes.
« En janvier, les machines arrivent sur site et seront montées dans la foulée. Le lancement opérationnel est prévu en mars », poursuit Thierry Croissant. Avec des cadences déjà bien établies. « Nous tournerons normalement autour d’un rythme de 15 000 canettes par heure avec des procédés variant selon les boissons », évoque le président d’Ogeu. Pour 2021, l’entreprise prévoit d’en produire 20 millions. « On devrait l’année suivante atteindre les 35. »

Une dimension vertueuse

S’orienter vers la canette revêt un enjeu écologique et environnemental important. « C’est un projet clairement stratégique pour le devenir d’Ogeu avec la démarche de limiter au maximum l’usage du plastique », ajoute-t-il. L’intérêt de cette production est en effet son volet recyclabilité. « Ce nouveau format est intéressant car il se recycle aujourd’hui encore mieux que les bouteilles plastiques (PET). C’est quelque chose de vertueux auquel on tenait », insiste le directeur opérationnel. Mais ce n’est pas tout : par cet investissement, Ogeu va nettement diminuer son empreinte environnementale.  « Cette production permet de massifier la quantité de canettes par palette. Cette optimisation va ainsi minimiser les transports et le nombre de camions ». L’intérêt logistique est évident puisqu’une palette peut accueillir 3 800 canettes alors qu’elle ne peut comporter que 1 600 bouteilles. Cet atelier sera aussi porteur d’emploi : une dizaine de postes vont être créés. « Nous sommes en cours de recrutement », précise le directeur.
De quoi rendre le préfet Éric Spitz, enthousiaste. « C’est très important pour nous qu’une entreprise investisse et génère de l’emploi. C’est pour nous, une lueur d’optimisme dans des temps qui sont un peu durs. D’ailleurs, d’une manière générale, le département s’en sort bien : la Région Nouvelle-Aquitaine a retenu 36 lauréats dont onze projets sont issus des Pyrénées-Atlantiques. On fait donc bien plus que notre poids. » De quoi, une nouvelle fois, refléter le dynamisme et la vraie capacité de rebond de l’industrie basco-béarnaise. Dans tous les contextes.

Baptiste Nouet
Baptiste Nouet

Crédit Photo : BN

Publié sur aqui.fr le 14/12/2020