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Société | Bordeaux : La Maison du Pèlerin accueille tout l'hiver des jeunes en situation de précarité

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Initialement dédiée à l'accueil de pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle, la Maison du Pèlerin située 28 rue des Argentiers, dans le quartier Saint-Pierre de Bordeaux, héberge depuis le 4 décembre et ce jusqu'à la mi-mars, quatre jeunes en situation précaire. Une initiative qui a pu voir le jour grâce au travail conjoint de la ville de Bordeaux, du bailleur Clairsienne, d'associations telles que Bordeaux Compostelle Hospitalité Saint-Jacques, locataire des lieux et Toutes à l'abri et de la fondation Abbé Pierre.

Important lieu de halte situé dans le cœur historique de Bordeaux, la Maison du Pèlerin accueille d'avril à octobre, plusieurs centaines de personnes en route vers Saint-Jacques de Compostelle. Une tradition d'hébergement qui perdure depuis 2014, date de sa création mais qui, cette année, pour des raisons sanitaires évidentes, a dû être suspendue ; l’association Bordeaux Compostelle Hospitalité Saint-Jacques, locataire des lieux, se voyant alors dans l'obligation de solliciter le fonds de soutien exceptionnel mis en place par la Ville pour pouvoir payer le loyer et les charges. «C’est alors que nous avons rencontré Camille Choplin, adjointe au maire en charge de la vie associative. Et c’est à cette occasion qu’est née l’idée de profiter des mois hivernaux où la Maison du Pèlerin est fermée, pour accueillir des personnes en difficulté », explique Michel Dronneau, président de l'association.

Un projet qui a pu voir le jour grâce à une convention tripartite entre la Ville de Bordeaux via son CCAS, la Fondation Abbé Pierre et l’association Bordeaux Compostelle Hospitalité Saint-Jacques ; le tout avec l’accord du bailleur Clairsienne. Âgés de 19 à 26 ans, quatre jeunes ont donc investi les lieux en début de mois avec la certitude passer l'hiver à l'abri. Suivis par une intendante sociale qui les accompagne tant dans leur vie au sein de la Maison que pour leurs différentes démarches à l'extérieur, ils doivent profiter de ce temps pour travailler sur leur projet d’insertion dans le but d'accéder à terme, à l’autonomie. « Il s’agit pour ces jeunes « primo décrocheurs » de prévenir une rupture plus longue dont les conséquences pourraient être une marginalisation ou le début de l’errance », précise Yasmine qui les seconde dans ce parcours.

Un modèle réfléchi

« Nous avons pris en charge toute la logistique, le financement du loyer, des charges, du fonctionnement interne. Nous avons créé le poste d'intendante qu’occupe Yasmine et qu'on a fait abriter par l'association « Toutes à l'abri ». Ce modèle économique est pensé. Il a une valeur d'intérêt général. Et en plus, des lieux comme celui-ci, il y en a plein. Vous êtes dans une région de 12 départements qui n'a pas moins de 400 000 logements vacants », remarque Pascal Paoli, directeur Nouvelle-Aquitaine de la Fondation Abbé Pierre.
« Selon l'INSEE, 11 000 logements sont vacants sur Bordeaux dont certains pour des raisons purement spéculatives. Depuis qu'on est à la mairie, on a fait un gros travail d'inventaire et on a également découvert des logements semi-vacants une partie de l'année. On va voir si on peut contribuer à ce qu'ils ne le restent plus. L'avantage dans ce cas, c'est que ce sont des locaux habitables immédiatement », poursuit Pierre Hurmic qui, visiblement séduit par le concept, souhaite le développer sur Bordeaux. Quant aux jeunes, bien que théoriquement hébergés jusqu'au 15 mars, ils continueront, si besoin, à être suivis par l'association Toutes à l'abri ; la réussite du projet passant par le fait qu'aucun d'eux ne se retrouve à la rue au printemps.

Emmanuelle Diaz
Emmanuelle Diaz

Crédit Photo : ED

Publié sur aqui.fr le 24/12/2020