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Société | Handicap : Les Mains pour le Dire ou la culture au service de l’inclusion

Solene Forzy et Martine Benarous de l'association Les Mains pour le Dire

Créer l’offre pour une demande quasi inaudible. C’est le combat que mène l’association bacalanaise Les Mains pour le Dire depuis 2016. Cette dernière œuvre sur la métropole bordelaise, aux côtés de personnes en situation de handicap pour leur permettre l’accès à une culture plus inclusive mais aussi favoriser leur insertion professionnelle. L’association a notamment lancé une campagne de financement participatif pour un de ses projets culturels, le Musée Solid’air.

« Faire avec plutôt que faire pour ». Voici le credo de Martine Benarous et de l’association Les Mains pour le Dire. L’engagement de la présidente est personnel : elle a fait face au handicap d’un de ses enfants. « Au début, il était incapable de parler, raconte Martine. J’ai appris la langue des signes pour communiquer avec lui, avant de créer Les Mains pour le Dire en mai 2016, convaincue que je n’étais pas la seule dans ce cas-là ». Elle ne s’était pas trompée, l’association mobilise plus d’une vingtaine de personnes pour 90 adhérents à Bordeaux, Floirac, Pessac ou encore Carbon-Blanc. Si Les Mains pour le Dire est spécialisée dans les troubles du langage – aphasie (mutisme) et surdité notamment – l’association accueille tous types de handicap et compose projets et ateliers en fonction de chacun.

« Nous travaillons toujours dans la mixité »

Depuis sa création, l’association a lancé de multiples projets, comme la création d’un spectacle en voix et langue des signes, la formation de professionnels de la petite enfance ou encore l’accompagnement des familles dans leurs démarches administratives. Les Mains pour le Dire propose également des balades urbaines avec le truculent guide bordelais, Yves Simone. Le point commun à tous ces projets ? La mixité. « Pour chacun d'eux, il est indispensable d'avoir des personnes qui ne sont pas en situation de handicap, reprend Martine Benarous. Il faut habituer les enfants dès le plus jeune âge pour ne pas que les personnes en situation de handicap soient exclues ». La présidente de Les Mains pour le Dire se souvient de son enfance, où le handicap était un sujet tabou et où on détournait le regard des personnes en situation de handicap. « Ça commence à changer, mais il faut aller encore plus loin », souligne-t-elle.

Un besoin d’accessibilité important

Parmi les projets inclusifs lancés par Les Mains pour le Dire : Musée Solid’air. Avant le premier confinement, l’association avait expérimenté, au Musée d’Aquitaine, une visite en deux temps. « Les parents faisaient une première visite avec le guide aveugle Nicolas Caraty, pour leur montrer qu’il était possible de travailler malgré le handicap ». Pendant la visite des adultes, les enfants étaient regroupés en ateliers avec le service médiation du musée avant de partir pour une visite dédiée. À partir de cette expérimentation, l’association bordelaise a mis en place des jeux pour aider les enfants à comprendre les expositions. « C’est une sorte de plaquette signalétique pour décrire en langue des signes ce qu’il y a sur une œuvre. Comme cela, les enfants connaissent les grandes lignes, mais ils imaginent chacun l’histoire à leur manière ».

Cette plaquette signalétique pour les personnes en situation de handicap, qu’elles soient sourdes, muettes ou aveugles, Martine Benarous aimerait qu’elle soit présente dans tous les musées. « Les besoins en accessibilité sont importants pour ces publics », précise-t-elle. Pour financer ses projets culturels, Les Mains pour le Dire a lancé en novembre une campagne de financement participatif, ouverte jusqu'au 24 janvier. À l’heure où la culture est à l’arrêt depuis plus de 10 mois, l’association attend de pied ferme la réouverture des outils culturels pour continuer à œuvrer avec les personnes en situation de handicap.

Yoan Denéchau
Yoan Denéchau

Crédit Photo : YD

Publié sur aqui.fr le 11/01/2021