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Culture | « La finalité, c’est de jouer devant des gens », pour la compagnie Atlatl

Représentation de la compagnie ATLATL au Glob théâtre

15 décembre, 7 janvier, et maintenant… plus rien ! Le monde du spectacle n’en voit pas le bout et ne sait pas quand il va pouvoir de nouveau accueillir du public. Un public pourtant si important dans la construction d’un spectacle. Anne Berger co-directrice du Glob théâtre, se livre sur la période que le théâtre traverse, et comment il continue de soutenir les artistes. La compagnie Atlatl, formée par le duo Jennifer Cabassu et Théo Bluteau, sort tout juste de résidence. Elle a présenté, vendredi 22 janvier, les premières étapes de création de son spectacle « Fortune », en compagnie du comédien Jean-Charles Dumay. Une étape importante dans le processus de production d’un spectacle, rendu possible grâce à l’accès, à huis clos, au studio du Glob théâtre.

Un public - très réduit - de professionnels assis un siège sur deux, des acteurs, une vingtaine de minutes de spectacle, une ambiance tamisée… avec ce soupçon de retour la normale, on s’y croirait presque. Avec cette sortie de résidence, on pourrait presque croire en la fin de la traversée d’un long tunnel. Mais non. Le monde de la culture, très impacté par la crise sanitaire, n’est pas encore sorti d’affaire. Mais pour autant, les artistes ne s’arrêtent pas de produire. C’est le cas de la compagnie Atlatl, formée par Jennifer Cabassu et Théo Bluteau, qui est restée une semaine en résidence à Bordeaux.

Théo Bluteau devant le studio du Glob théâtre

Le Glob théâtre « est un lieu de fabrique, soit de spectacles qui sont en début de vie, ou bien qui sont sur le point d’être finis », explique Anne Berger, co-directrice de l’établissement. Doté d’un studio, il permet d’accueillir, tout le long de la saison, des « équipes artistiques qui sont là pour chercher, expérimenter et consolider les pistes qui structureront leurs créations à venir », poursuit-elle. Ce studio permet aux artistes d’enregistrer, fabriquer leurs décors et objets, ou bien travailler à la mise en scène technique de leurs spectacles. Et le Glob fait partie des rares institutions théâtrales en Nouvelle-Aquitaine à disposer de ses propres ateliers, mis à disposition des compagnies. Un outil précieux pour que les artistes puissent « continuer de maintenir le haut niveau d’exigence artistique d’une discipline particulièrement impactée par la crise ». Un soutien indispensable pour Anne Berger, co-directrice du Glob.

Un avenir incertain 

Au premier confinement, l’accès aux théâtres était interdit partout et pour tous. Même les artistes. Imaginez le soulagement quand il a été possible de flirter à nouveau avec le parquet de la scène, même à huis clos et dans le strict respect des mesures sanitaires . « Le fait de retrouver ces résidences c’est déjà bien. Ça fait partie du parcours de production, surtout en jeune création. Il faut montrer le travail, rencontrer des gens, des partenaires, c'est aussi ça le job et c’est très important », raconte Théo Bluteau. Jennifer Cabassu explique que ces moments de répétitions permettent de vérifier des pistes de réflexions, qui se confirment ou non, avec la présence des spectateurs lors des sorties de résidence. Présenter un spectacle à des professionnels, c’est tout ce qu’il leur reste, et pour l’instant, ils s’en contentent. Mercredi dernier, ils ont eu la chance de présenter une partie de leur spectacle et d’échanger avec des étudiants de la Comédia. « Ça comble un manque. De jouer devant du public c’est un vrai plaisir », complète le comédien Jean-Charles Dumay, qui joue le role de Svänte dans le spectacle

Jean-Charles Dumay, Jennifer Cabassu et Théo Bluteau après la présentation de leur spectacle

S’ils s’estiment chanceux que le premier confinement n’ait pas plus perturbé que cela leur processus de création, ce n’est pas le cas pour tous. « On a des copains qui ont dû reporter deux fois leur première et qui ont fini par la faire devant un public de professionnels ». Des conditions que Théo jugent particulières. « C’est bizarre de créer des objets qui ne seront peut-être pas présentés. Parce que la finalité, c’est de jouer devant des gens. Un spectacle n’est pas terminé tant qu’il n’est pas passé par le public », confie-t-il, inquiet de l’avenir de la culture. « On ne sait pas si il y aura un « après » au niveau de la culture, mais on a des inquiétudes. On ne sait pas vraiment comment préparer l’affaire », complète Jennifer Cabassu.

Le Glob comme scène conventionnée

Programmer hors les murs, annuler, reporter… Voilà le quotidien du Glob théâtre qui navigue à vue, au rythme des annonces de l’Élysée, comme tous les autres acteurs culturels. « Face à ces contraintes qui sont compliquées à gérer, on a la chance au Glob d’être sur des perspectives à moyen et long termes qui sont absolument enthousiasmantes », se réjouit la directrice de l’établissement. En effet, l’ancienne tonnellerie va entrer dans une phase de travaux d’une grande ampleur, dès début avril. « On a intégré le réseau de scènes conventionnées d’intérêt national. Ce qui nous oblige à être dans des conditions d’accueil meilleures et à être sur un outil plus performant », relate Anne Berger, pas peu fière. Rehaussement de la toiture à 10 mètres, espace de jeu plus grand, gradins rétractables… voilà de quoi sera rythmée la prochaine année. La réouverture au public est envisagée pour l’été 2022, voire septembre, si retard de travaux il y a.

Mélanie Philips
Mélanie Philips

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 26/01/2021