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Agriculture | Haute-Vienne : La Chambre d’Agriculture en recherche de financements pour les agriculteurs

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Une réunion débat a été organisée, le 25 janvier, dans les locaux de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Vienne pour faire le point sur les enjeux et perspectives de l’agriculture haut-viennoise, réunion à laquelle ont participé, collectivités, députés, sénateurs, organisations professionnelles agricoles et syndicats l’exception de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. Une absence qu’a regretté Bertrand Venteau, le président de la Chambre d’Agriculture, chef de file de la Coordination Rurale.

En ce début d’année, Bertrand Venteau a réuni l’ensemble des représentants du monde agricole haut-viennois afin d’évoquer les sujets qui vont ponctuer les prochains mois notamment la stratégie en matière d’eau, les opportunités de revenus complémentaires grâce au photovoltaïque au sol pour les agriculteurs et les perspectives en lien avec la PAC. A l’issue de cette réunion, il a tiré le bilan des échanges regrettant l’absence de représentants des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA. « Je suis un peu déçu car je sais qu’ils travaillent de leur côté à mettre en application des contrats par rapport à la loi Egalim commente Bertrand Venteau, cela aurait été le moment de faire le point, je me demande pourquoi ils ne sont pas venus. Les échanges ont été fructueux avec les trois parlementaires présents par rapport au Plan de Relance, de manière à essayer de faire remonter un maximum de financements possibles pour les agriculteurs et de structurer les filières avec la base afin d’harmoniser notre démarche. » La Confédération Paysanne n’était pas venue les mains vides puisqu’elle a dévoilé son projet dans ce sens.

Un objectif ambitieux : mieux rémunérer les agriculteurs

Des rencontres vont suivre afin de définir un plan de filières en particulier sur la protéine végétale. « Nous essayions d’apporter des solutions au monde agricole assure le président, il faut avoir une nouvelle vision sur la filière bovins viande avec des outils qui sont capables de mieux rémunérer les éleveurs et de créer une vraie dynamique. Nous écouterons toutes les revendications du terrain. »

Concernant l’eau, les participants sont parvenus à un consensus sur la nécessité d’avoir une politique de stockage de la ressource. La nouvelle PAC est contraignante au niveau réglementaire mais le département a affiché sa volonté d’obtenir tous les financements possibles comme des paiements pour services environnementaux avec reconnaissance des bonnes pratiques par les Agences de l’eau ou encore des mesures agro-environnementales attendues par la Chambre d’Agriculture pour un maximum de productions, celles-ci étant sectorisées. Le consensus s’est également dégagé à propos de l’Indemnité Compensatrice de Handicap Naturel qu'a salué Bertrand Venteau. « C’est l’une des seules qui soit juste, elle est historique et permettait de compenser entre les régions à forte production de blé à 95 quintaux. Elle est donc toujours importante dans notre zone. Affirmer son maintien à son niveau actuel est compliqué car ce n’est pas gagné. » Même consensus également sur les aides couplées animales avec proposition faîte aux chambres d’agriculture de la Creuse et de la Corrèze de reprendre les revendications.

Un faux cas de tuberculose sème l’effroi

Autre sujet qui a choqué les participants et fait aussi consensus, un cas de tuberculose a été décelé par erreur dans un élevage de Nedde. La totalité du troupeau de cette éleveuse devait être abattu alors que ses bêtes n’étaient finalement pas infectées. «Le tube qui a été analysé par le laboratoire 24 ne vient pas de son élevage mais aujourd’hui, la DDCSPP est partie dans l’élevage du Sud dont le tube est originaire. Nous attendons des excuses à tous les niveaux. C’est une chance que l‘éleveuse ne se soit pas suicidée car elle est restée une semaine comme ça. Son troupeau aurait pu être abattu, le travail de plusieurs générations ! Maintenant on reporte le problème sur l’éleveur du Sud dont le troupeau a déjà été abattu il y a trois ans. Je demande que l’on retrouve l’échantillon et qu’on refasse l’analyse et dans le cas contraire, il faut arrêter. C’est la première fois qu’il se passe une erreur comme cela en France, nous ne pouvons pas laisser cette affaire sans faire de bruit. Nous allons faire un communiqué et nous attendons des explications.»

Autre sujet abordé, la diversification des revenus des agriculteurs grâce au photovoltaïque au sol, une thématique dont s’est emparé depuis quelques mois le président de la Chambre d’Agriculture. Il préfère en effet que les agriculteurs soient porteurs de tels projets à la place d’investisseurs afin d’augmenter leurs revenus, les plus bas du pays. « Cinq à quinze projets sérieux sont engagés avec un retour aux agriculteurs et à la production ajoute-t-il, ce n’est pas la solution miracle mais ce serait dommageable de priver de projets ceux qui voudraient que cela aboutisse. Deux projets sont susceptibles d’être validés prochainement par la Chambre d’Agriculture. »

Une ferme tremplin est à l’étude en Haut-Limousin avec une personne souhaitant installer 700 brebis sous des panneaux photovoltaïques. L’organisme consulaire est favorable à un tel projet afin de compenser la perte ovine de 14 000 brebis l’an dernier sur le département. « Il faut mettre des brebis partout où on peut en mettre lance-t-il, on maintient ainsi la production tout en créant de la production photovoltaïque et du dynamisme sur une filière qui a du mal à recruter. C’est un vrai projet de territoire. Et ce ne sont pas 100 ou 150 ha de panneaux qui vont empêcher notre autonomie alimentaire, il y a de l’espace pour ça ici. »

Corinne Mérigaud
Corinne Mérigaud

Crédit Photo : Corinne Mérigaud

Publié sur aqui.fr le 27/01/2021