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Economie | Mon petit seau, la solution de collecte des biodéchets

Léo Passerieu, président de la société mon petit seau

La crise sanitaire fait beaucoup de dégâts, mais elle a permis une remise en question collective concernant la transition écologique. Chacun se sent quelque peu responsable, et souhaite agir à son échelle. À Bordeaux, Léo Passerieu a décidé, en 2018, de donner une deuxième vie aux biodéchets, en créant Mon petit seau. Une solution de collecte des biodéchets et des restes alimentaires en milieu urbain. En plus de faire baisser d’un tiers le volume des poubelles dites « classiques », le compost s’inscrit dans une économie circulaire locale, puisqu’il est distribué aux maraîchers. Rencontre avec Léo, président de la société.

Au coeur du Village by CA, direction une salle de réunion pour découvrir ce concept, qui a fêté ses deux ans en décembre dernier. Mon petit seau, c’est une solution clé en mains de collecte de biodéchets et restes alimentaires en milieu urbain. « C’est un outil pour faciliter le tri des biodéchets, tout simplement », explique Léo Passerieu. Ils sont actuellement quatre à travailler dans la société, la personne se chargeant de l'évènementiel est actuellement en "stand-by" dans l'attente d'une reprise d'activité. « Et il nous tarde qu'elle puisse revenir complètement quand le contexte sanitaire le permettra ! », s'impatiente le président. 

Mais alors concrètement, comment ça fonctionne? On peut le dire, tout est bien ficelé ! A part trier ses biodéchets, l’adhérent n’a pas grand chose à faire ! Clé en main on a dit. « Le coût de notre service est de 5€ par mois maximum. Ce coût varie selon la typologie du logement (individuel ou collectif) indépendamment du nombre de seaux fournis. On privilégie les adhésions d'un an », précise Léo. Chaque appartement ou maison se voit distribuer un ou deux seaux, en fonction des besoins. Ensuite, un rythme et un jour de passage de collecte est défini avec les particuliers. Au moins une fois par semaine. Une organisation qui a permis, depuis sa création en décembre 2018, de collecter trente tonnes de biodéchet. Si les particuliers sont le coeur de métier de la société, les professionnels comme Biocop, Marché bio ou encore La vie saine, ont formulé une demande pour s’inscrire dans le cercle. Initialement, le secteur concerné était Bordeaux. Maintenant, il s’est étendu à la métropole notamment à Talence, Villenave d’Ornon, le Bouscat et encore Eysines. 

La seconde vie des biodéchets 

Le travail ne s’arrête pas à la collecte. Une revalorisation de ces biodéchets collectés est faite sur deux aires de compostages. « Le compost est une matière riche en azote. Et pour qu’il soit « bon », il faut qu’il y ait un équilibre carbone/azote. Le carbone est retrouvé dans tout ce qui est feuilles et branches, explique Léo. Et puis on contrôle la température, l’hydrométrie. » Une étape importante pour avoir un compost de qualité. Ensuite il est gracieusement redistribué à quatre maraichers de la métropole. « L’idée c’est qu’il y ait vraiment cette notion de circularité. Pierre Gratadour, maraîcher au Haillan, est le premier à nous avoir fait confiance », poursuit-il. 

Depuis fin 2020, mon petit seau travaille aussi avec des promoteurs immobiliers. « L’idée c’est d’anticiper et faire en sorte que quand une résidence soit livrée, il y ait déjà une solution de collecte de biodéchets, et que ce soit nous », raconte le président. Une collaboration qui satisfait aussi bien les promoteurs qui participent au développement durable et Mon petit seau, qui voit sa phase de développement s’accélérer. Comme cela va être le cas à Villenave d’Ornon, pourtant pas son secteur de prédilection. 

Les projets à venir 

« L’année 2020 a été une année particulière et négative mais pour Mon petit seau, ça a bien marché et on a gagné quelques centaines d’adhérents », se réjouit Léo. Pour autant, le souhait pour 2021, c’est le retour de l’évènementiel. En effet, ils étaient présents sur différents évènements comme le festival de l’iBot, pour effectuer de la sensibilisation. Cela dit, l'année s’annonce prometteuse, avec, en plus de la poursuite du développement, la création d’une application mobile, qui facilitera les échanges avec les adhérants. « Notre actualité majeure pour l’année à venir, c’est que nous comptons nous implanter dans d’autres villes », conclue Léo Passerieu. 

Mélanie Philips
Mélanie Philips

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 02/02/2021