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Société | Crise sanitaire et raccrochage des jeunes "invisibles" : la mission locale ne lâche rien

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Au côté de 36 autres Missions locales de la région et sous la coordination de l'Association régionale des missions locales, la Mission locale de Morlaàs (64) commençait voilà un an, une nouvelle aventure : le lancement sur 2 ans du projet « In Sytème », labellisé par le Plan d'Investissement dans les Compétences. Objectif : « repérer et raccrocher » les jeunes dits invisibles afin de les remettre sur la voie de la formation, de l'emploi et de l'autonomie. Le tout, grâce à des initiatives, actions, partenariats et formats d'accompagnement novateurs pour la Mission locale. Si la crise du Covid-19, ses confinements et couvre-feu successifs ont entraîné, au mieux, le report d'un certain nombre de ces actions, le travail de fond, notamment partenarial, a tout de même pu être bien amorcé pour répondre aux ambitions du projet In Système d'ici la fin de l'année mais aussi (et surtout) au-delà.

« Nous avions prévu les choses en très grand, mais un certain nombre d'actions de repérage des jeunes ont été empêchées ou complexifiées en raison du Covid, et des mesures sanitaires mises en place. C'est assez frustrant », reconnaît Olivier Jeunot, le directeur de la mission locale de Morlaàs.
Au cahier des charges du projet In Système, figurait notamment le développement d'actions hors les murs de la mission locale ainsi que sur du temps additionnel aux horaires classiques de la structure (soir et week end notamment). « L'idée globale était de mettre en œuvre des offres novatrices, différentes des missions classiques que propose habituellement la mission locale », synthétise Elsa Payri-Chinanou, coordinatrice du projet.

Réactiver la communication
Si de nombreuses actions hors les murs ou en présentiel ont du être annulées au regard du contexte sanitaire, la mission locale, a aussi été freinée dans ses ambitions de développer des partenariats d'un nouveau genre. « Nous comptions beaucoup sur les associations sportives et les comités des fêtes, qui sont des associations très actives dans les villages, pour organiser un certain nombre d'événements ou être des relais d'information. Mais elles ont elles-même subi un coup d'arrêt dans leur activité, nous n'avons donc pas pu développer cet aspect là », regrette le directeur.

Autre grand projet pour l'heure avorté : « l'idée d'un grand festival In système, pour lequel nous avions obtenu des financements du Conseil général. Nous n'avons pas pu le faire en 2020, mais nous essayons de le projeter à l'automne 2021 », détaille la coordinatrice qui complète : « Faute d'avoir pu mener ces projets concrets, nous nous sommes concentrés sur le renforcement des partenariats avec les acteurs du territoire ». Objectif : « réactiver la communication entre ces structures et la mission locale et les mettre en situation de pouvoir orienter les jeunes ».

Partenariats d'un nouveau genre
Dans le rétroviseur de la mission locale, l'année 2020 a donc été ponctuée de premières rencontres avec les associations sportives et culturelles, d'échange avec les élus des principales villes et gros bourgs du territoire, l'AFPA, ou encore avec la Caf des Pyrénées-Atlantiques. Des partenariats qui ont aussi pu donner lieu à des actions concrètes sous format numérique comme l'envoi d'une news-letter aux bénéficiaires de la CAF pour inciter les jeunes et les familles à faire appel à la mission locale.

Parmi les partenariats d'un nouveau genre qu'autorise et encourage l'approche In Système : le rapprochement avec Radio Pontacq qui a permis la mise en avant de la mission locale via des émissions et interviews. Un partenariat qui a aussi permis l'organisation d'un atelier de raccrochage au sein de la radio afin de mettre en avant auprès d'un petit groupe de jeunes, les métiers du journalisme et de la prise de son.
Au nombre des autres actions « hors les murs » ayant pu échapper à la censure sanitaire : 3 ateliers bricolage avec les Compagnons bâtisseurs permettant une pré-découverte des métiers manuels à une vingtaine de jeunes, 3 apéritifs ''Santé environnementale'' avec l'association Ecocène, la création d'un point santé connexe à la Mission locale, et notamment des ateliers sur ce thème en lien avec différents partenaires santé, ou encore, l'organisation d'un ciné débat à Garlin avec la participation de l'association Abeilles et territoire qui a réuni une trentaine de personnes.

Mais en dehors de ces actions opérationnelles, cette année au programme perturbé par le Covid, aura également permis une refonte de la communication numérique de la mission locale (nouveau site internet et présence affirmée sur les réseaux sociaux), et l'accentuation d'une coordination en interne des structures de l'IEBA (Insertion Emploi Béarn Adour) permettant à la mission locale qui en est un des éléments constitutifs d'obtenir différentes labellisations. Parmis elle, le label BIJ (Bureau information Jeunesse) ou le label APTIC, lui permettant de valoriser son offre de médiation numérique. « Ce travail de transversalité au sein de nos propres services permet d'avoir des outils qualitatifs pour être plus visible et nous mettre en avant », explique le directeur.

14 jeunes raccrochés
Au total, et dans les circonstances sanitaires décrites, 14 jeunes auront tout de même pu être « raccrochés » par la mission locale en 2020, dont 10 sont désormais directement accompagnés par elle. « Cinq jeunes ont intégré le dispositif d'accompagnement renforcé de la mission locale, le PASEA, quatre sont sur le chemin de la formation ou de l'emploi et un s'est installé en autoentreprise. », résume Olivier Jeunot.

Quant à l'année 2021, si elle commence sous couvre-feu, l'équipe espère bien qu'elle pourra permettre la réalisation des projets et actions annulés, tout en pérennisant les partenariats et actions à succès telles que les différents ateliers. L'effort de communication sera lui aussi maintenu, avec le projet d'être « dans la proactivité » et la rencontre avec des « sentinelles » pouvant relayer les informations. « L'idée est de contacter les banques _ c'est en cours_ ou encore les cabinets médicaux qui pourraient donner nos coordonnées à des jeunes qu'ils perçoivent comme étant en difficultés », détaillent les responsables.
Afin de favoriser les liens entre les jeunes et la mission locale, cette dernière fait également appel depuis janvier à une jeune femme en service civique, qui aura notamment pour mission dans ce cadre de développer une approche ludique à la prise de contact via par exemple la mise en place d'escape games, d'ateliers jeux de société, etc.

Autre axe qui occupera la mission locale durant l'année : la poursuite du travail transversal au sein de l'IEBA, et la rénovation de l'accueil de ses locaux. L'idée ici étant à la fois de repenser les espaces mais aussi les modalités d'accueil mises en œuvre, dont notamment les horaires. Un groupe de travail, comprenant des jeunes volontaires, a d'ailleurs été créé dans ce but. Un enjeu d'un meilleur accueil et de la bonne écoute dès la prise de contact avec les jeunes et qui dépasse le seul public visé par In système.
Un élément d'autant plus important dans le contexte actuel et futur. Selon Olivier Jeunot en effet, la mission locale « risque d'avoir à accueillir une vague de nombreux jeunes fortement marqués par l'année qui s'est écoulée avec des conditions très particulières non seulement d'éducation, mais aussi de vie sociétale, et peut-être plus encore sur les zones rurales de notre territoire ».

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Pixabay

Publié sur aqui.fr le 19/02/2021