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Economie | Circouleur donne une seconde vie à votre peinture

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Vous pensiez que la peinture était recyclée? Eh bien non. En France, c’est 28 millions de litres de peintures qui sont incinérés. Ce qui représente 150 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Niveau impact environnemental, on est pas au mieux ! Mais ça, c’était sans compter sur l’idée de Maïlys Grau, fondatrice de Circouleur. Chimiste de profession, bricoleuse du dimanche, elle aussi pensait que la peinture avait une seconde vie. Constatant que non et alors qu’elle cherchait à monter sa propre entreprise, elle a décidé de se lancer dans l’aventure d’une « filière de recyclage ». Une aventure qui a débuté en 2017.

Gauche, droite, tout droit… Au coeur de la pépinière d’entreprises de Bordeaux Technowest à Blanquefort, qui ressemble à un labyrinthe aux portes jaunes, nous rencontrons une partie de l’équipe de Circouleur. Bureau 08, Maïlys Grau, fondatrice de l’entreprise, est présente. En 2015, elle avait une volonté de créer une entreprise « avec du sens », avec un impact positif. Pourquoi ce nom? « Circouleur c’est la contraction de « circulaire » pour économie circulaire et « couleur » pour la peinture », explique la chimiste. Elle propose une gamme de 14 couleurs - dont le blanc . Des couleurs qui ne sont évidemment pas choisies au hasard ! « On travaille avec un cabinet de tendances pour savoir quelles couleurs vont plaire dans le futur. Ainsi trouver des couleurs chics qui donnent envie. » 

Mais alors, comment ça fonctionne ? Circouleur récupère uniquement des peintures acryliques, « ce qui constitue la majorité des déchets aujourd’hui en France ». Ensuite, les couleurs sont triées entre-elles. À partir de ce moment, ces familles de couleurs servent à la première étape de formulation. Les étapes de formulation faites par les chimistes, c’est un peu comme une recette de cuisine. L’idée c’est de faire des tests sur des échantillons, à petite échelle dans le laboratoire, pour arriver exactement à la teinte voulue. Cela comprend également une phase de vérifications des paramètres de la peinture, afin de s’assurer qu’elle soit bien couvrante, visqueuse à souhaite, agréable à déposer… Une fois cette étape faite, les « recettes » sont envoyées au sous-traitant qui les appliquent à plus grande échelle. 

Au service de la société

Economie circulaire, oui. Mais au fil de l’avancé du projet, Circouleur s’inscrit aussi dans l’économie sociale et solidaire. Au début, l’objectif était centré sur l’aspect « impact environnemental positif » avec la volonté de créer une filière de recyclage. « Puis au fur à mesure que le projet avançait, on s’est rendu compte que l’on pouvait avoir aussi un impact positif sur la société ». Aujourd’hui, l’entreprise travaille avec l’association Jalles solidarité. « On travaille avec des personnes en insertion par l’activité économique, qui sont très très éloignées du monde du travail », précise Maïlys. Mais ce n’est pas tout ! « En parallèle on travaille aussi avec un Esat ( Établissement et service d'aide par le travail ) qui fait travailler des personnes en situation de handicap. Ils fabriquent les nuanciers et étiquettent les pots. »

Au total, 12 personnes gravitent autour de ce projet, sans compter les emplois intermédiaires comme ceux cités ci-dessus ou le sous-traitement de la production. Bien que l’année 2020 fut compliquée, pour des raisons que l’on n’explique plus, Circouleur connait une croissance élevée. Mais alors, qui peut acheter cette peinture et où? Les clients constituent deux marchés : l’un pour les professionnels, en vente directe, avec des pots de peinture de 15L, l’autre pour les particuliers. Il est possible de retrouver tous les produits de la gamme dans des magasins de bricolages et de décoration, aussi bien régionalement que nationalement. Une petite partie des ventes se fait via leur site internet

Pour en savoir plus regardez la vidéo ci-dessous : 

Mélanie Philips
Mélanie Philips

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 07/06/2021