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Société | Bordeaux : le premier institut consacré à l'endométriose

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La clinique Tivoli-Ducos, située à Bordeaux, accueille le premier Institut français dédié à l’endométriose. L’Ifem Endo (Institut Franco-Européen multidisciplinaire d’endométriose), a été créé en janvier dernier. L’objectif est d’améliorer la prise en charge globale de l’endométriose. Pour cela, le projet s’articule autour de quatre thématiques : la qualité de la prise en charge globale, la qualité de la chirurgie, la recherche ainsi que la formation et l’enseignement. Jérôme Seiter, directeur de la clinique, et Dr Benjamin Merlot, chirurgien gynécologue.

Janvier 2018. C’est à ce moment-là que tout débute. Un hôpital de jour débarque à la clinique Tivoli-Ducos. Le Dr Benjamin Merlot, chirurgien gynécologue, est à la barre. Accompagné par un médecin de la douleur, un ostéopathe spécialisé, une psycho-sexologue, un médecin référent du traitement médical, il monte ce centre de gestion de la douleur chronique. « L’activité est devenue importante et j’étais un peu tout seul à m’en occuper. Ca fait beaucoup pour un seul homme. On s’est dit que si on voulait vraiment faire un travail de qualité, il fallait qu’on soit plusieurs », raconte le Dr Merlot. 

Deux autres gynécologues passionnés l’ont rejoint. Le Dr Isabella Chanavaz-Macheray et le Pr Horace Roman. Ensemble, ils ont donné naissance à l’Ifem Endo. « Ils sont arrivés à un niveau de maturité tel, qu’en janvier dernier, ils ont choisi de se constituer en institut ». L’institut est « la seule structure privée qui regroupe la chirurgie, la recherche et la formation », souligne le directeur de la clinique. « On est une équipe entière à ne faire que ça, 24 heures sur 24. On est légitime pour s’appeler un institut », rajoute le Dr Merlot. L’objectif est de proposer une prise en charge globale et sur mesure pour les femmes atteintes de formes diverses d’endométriose, y compris les plus sévères.

Multidisciplinarité 

« Je cherchais des facilités pour développer des projets pour être au plus près des patientes. La clinique Tivoli, à l’époque, m’a fait des propositions qui m’intéressaient. Avec des possibilités de développer cette activité dans les conditions et les critères de qualité que je m’étais fixé », explique le Dr Benjamin Merlot. La clinique Tivoli est reconnue comme étant un centre d’excellence en matière de chirurgie du cancer et notamment chirurgie de la femme. « On a une prise en charge de la chirurgie gynécologique qui faisait déjà de la clinique un centre référent sur le sujet », complète Jérôme Seiter. Une activité chirurgicale qui rassurait le Dr Merlot dans son installation à la clinique. Sur les 3 750 consultations annuelles, il y a 750 chirurgies d’endométriose. 

Patiente en consultation

 

Pour arriver à une prise en charge optimale, la pluridisciplinarité est indispensable. « Si on veut vraiment apporter une qualité à la prise en charge et la personnaliser au maximum, il faut une équipe entière », ajoute le Dr Merlot . Aujourd’hui, une vingtaine de personnes travaille à l’institut. L’institut a d’ailleurs reçu la certification de Centre d’Excellence dans la Prise en Charge Multidisciplinaire de l’Endométriose (Center Of Excellence in Multidisciplinary Endometriosis Care, COEMEC) certifié par Surgical Review Corporation (SRC,Etats Unis). Le Pr Roman et Dr Merlot sont eux, certifiés Chirurgiens d’Excellence (Surgeons of Excellence in Multidisciplinary Endometriosis Care). 

Recherche et formation

Là où l’institut excelle, c’est en matière de recherche. L’équipe contient également trois attachés de recherche. Soit trois personnes qui consacrent tout leur temps à l’avancée de la recherche sur l’endométriose. « On est un des premiers centres de recherche en France et un des centres qui publie le plus. C’est assez rare pour un établissement privé », tient à souligner le Dr Merlot.  

« On a pour vocation d’améliorer globalement la prise en charge d’endométriose. Ça passe aussi par la formation de l’ensemble des professionnels qui peuvent être amenés à diagnostiquer cette maladie. » La formation est un volet important de l’institut. Sages-femmes, kinés, infirmières, médecins traitants, gynécologues, tous sont formés à l’endométriose afin d’être en capacité à diagnostiquer la maladie. Mais les chirurgiens gynécologues, eux aussi, sont formés. En deux ans, 110 chirurgiens ont été formés sur de la chirurgie avancée de l’endométriose. La moitié d’entre eux proviennent du monde entier. « Former les différents professionnels, c’est permettre de diagnostiquer mieux et au plus vite », rajoute le directeur de la clinique. Les médecins ne sont pas les seuls à venir du monde entier, les patientes aussi. Et ce, grâce à la qualité de prise en charge et de l’expertise de l’institut. 

 


L’endométriose

« L’endométriose est une maladie chronique, qui consiste en la présence en dehors de l’utérus de fragments de tissus semblables à l’endomètre.  

Ces fragments sont localisés à l’intérieur de la cavité abdominale, où ils peuvent se greffer sur le péritoine, une fine membrane qui recouvre tous les organes intra-abdominaux (endométriose péritonéale ou superficielle), ou bien au-delà de cette membrane, en profondeur, où ils infiltrent différents organes ou structures anatomiques (endométriose sous-péritonéale). 

Ces fragments de tissu, appelés “lésions d’endométriose”, de dimensions variables (allant de quelques dizaines de microns à plusieurs centimètres), ont le potentiel de croître et de se disséminer par des poussées rythmées par les règles. » - Ifem Endo

 7 ans en moyenne sont nécessaires pour diagnostiquer la maladie ; 70% des patientes souffrent de douleurs invalidantes, 40% rencontrent des problèmes d’infertilité, et aucun traitement médical curatif n’existe à ce jour. 

 


L'info en plus :

L’équipe de l’Ifem Endo est chargée d’organiser le 6ème Congrès de la Ligue Européenne d’Endométriose à Bordeaux, du 15 au 18 décembre 2021. 

Mélanie Philips
Mélanie Philips

Crédit Photo : Anaël B.

Publié sur aqui.fr le 25/05/2021