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Culture | CharlElie Couture s’expose à Royan

CharlElie Couture expose à la Maison des Douanes

« Au départ, je voulais devenir metteur en scène pour le cinéma. J’avais intégré les Beaux-Arts de Nancy pour apprendre des procédés, j’y ai appris de nouvelles techniques d’art plastique […] Depuis, quand je veux dire quelque chose, je prends le meilleur moyen pour l’exprimer : son, images ou littérature », explique CharlElie Couture devant les œuvres de la première salle d’exposition de la Maison des Douanes à Saint-Palais-sur-Mer, près de Royan.

Dans cette pièce se trouvent les bases de la matière qui ont fait de CharlElie cet artiste hétéroclite connu du grand public. Une vidéo de ses débuts de carrière, des photos, des écrits et des montages de « photos-poèmes » réalisés dans les années 1990, mais aussi des manuscrits de quelques unes de ses chansons, raturées ou découpées comme un cadavre exquis, racontent ces décennies de recherches artistiques pour atteindre une forme « d’art total ».

« On me dit souvent que je suis un touche-à-tout. Ce n’est pas ça. Je suis comme un triathlète : aussi à l’aise dans l’eau que sur terre mais ça reste la même discipline. Je développe des choses dans le domaine des arts visuels et de la littérature », explique-t-il. Lui se qualifie d’ailleurs d’artiste,  « multiste », contraction d’artiste multiple, un concept qu’il a théorisé à travers un manifeste il y a trente ans. 

L’exposition en cours à la Maison des Douanes est l’occasion d’avoir un aperçu de cette multiplicité. Un peu plus de 90 œuvres de l’artiste réalisées de 1970 à nos jours y sont rassemblées, dont plusieurs gravures à l’eau forte réalisées entre 1976 et 1977, montrées pour la première fois. Il ne s’agit pas de la même rétrospective montrée à Nancy entre 2014 et 2015. Ici, l’artiste a mis surtout l’accent sur ses créations réalisées durant son séjour à New York, de 2004 à 2018.

Le tableau Ellis Island Hope raconte l’espoir suscité par la vue de l’île lors de l’arrivée des migrants à New York… Un lieu pourtant loin d’être un Eldorado.

En dehors des premières salles accueillant ses œuvres les plus anciennes, la moitié du rez-de-chaussée et l’étage de la Maison des Douanes sont consacrés à ces années américaines. Durant cette période et dans les quelques mois suivant son retour en France, CharlElie Couture a « fait beaucoup de tableaux avec des silhouettes, qui expriment la relation entre le monde extérieur et l’intérieur, au sens de l’intériorité de l’être humain. Ce qu’on exprime en public n’a souvent pas de lien avec ce qu’on a réellement dans la tête ». Il montre ce décalage à travers une série de portraits découpés en silhouette, dans lesquels se cache des décors et une ambiance différente.

On y trouve notamment une étonnante sculpture en bois, réalisée avec des matériaux issus des ruines des attentats du 11 Septembre 2001. Une œuvre qu’il se refuse à interpréter. « Lorsque je peins un tableau ou que je sculpte, ça part d’une envie. C’est à la fin que je vois ce que je peux en faire », explique-t-il avant de préciser : « Mon vœu est que chaque œuvre provoque une réaction. Mais c’est comme une prière. Elle est reçue en fonction de la foi de chacun. L’art n’est qu’une proposition. Après, les gens en disposent ou pas.» Pour lui, c’est toute la différence entre l’artiste et l’artisan : «L’artisan réfléchit avant d’agir, l’artiste agit avant de réfléchir.»

> Note : A voir jusqu’au 1er novembre 2021 à la Maison des Douanes, 46, rue de l'Océan à Saint-Palais-sur-Mer. Rencontre avec CharlElie Couture à l'occasion d'une première séance de dédicace organisée samedi 22 et dimanche 23 mai à partir de 15 heures. Par ailleurs, CharlElie Couture se produira en concert gratuit le samedi 3 juillet à 21 h, au théâtre de verdure du parc de Vaux-sur-Mer, où il présentera notamment les chansons de son dernier album « Même pas sommeil », sorti en janvier 2019, avec Arthur de La Taille en première partie, à 20 heures.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 21/05/2021