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Politique | Dominique Bussereau fait ses adieux à la politique

Dominique Bussereau lors de son dernier conseil à la Maison du Département

C’était sa dernière séance. Dominique Bussereau (DVD, ex LR), président du Conseil départemental de la Charente-Maritime depuis 2008, a tenu son dernier conseil lors de la dernière commission permanente de cette mandature, ce 21 mai. Après trente-six ans d’une carrière politique bien remplie, de la mairie de Saint-Georges-de-Didonne à différents ministères, l'actuel président de l’Assemblée des départements de France ne se représente pas aux prochaines élections départementales, et se retire définitivement de la vie politique. Entretien.

@! : A l’issue de cette dernière commission, vos collègues du conseil départemental, de tous bords, ont été nombreux à exprimer leur reconnaissance et leurs remerciements pour ces treize années de présidence du Département. On imagine que ce départ remue beaucoup d’émotions ?

Dominique Bussereau : « Ce serait difficile à cacher. J’ai été très ému par les messages et les applaudissements de mes collègues de tous les groupes, de l’opposition comme de la majorité. C’est un mandat de trente-six ans qui s’achève. J’ai eu la chance de succéder dans cette assemblée [en tant que conseiller départemental] à un élu communiste de Royan qui s’appelait Jean Papeau, qui était un homme de terrain très apprécié. J’ai eu la chance aussi de travailler avec François Blaizeau, qui était au conseil à partir de 1985, puis avec Claude Belot (ex UMP), et de lui succéder ensuite. C’est un bail qui doit s’arrêter car 36 ans, c’est long. Il est temps de passer la parole à une nouvelle génération, à la fois dans mon canton de Royan, et au niveau départemental. »

@! : Que retiendrez-vous en particulier de ce parcours ?

D.B. : « L’atmosphère dans laquelle les affaires se passent. Claude Belot avait inventé ce joli mot parfois décrié : on est toujours uni quand il s’agit de défendre le département. Unis par la région, Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine, ou unis vis-à-vis de l’Etat. Au fil des années, j’ai notamment vu s’estomper les différences entre l’Aunis et la Saintonge. J’ai assisté à des votes similaires Aunis et Saintonge sur certains dossiers, où les collectivités ont fait front commun, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Quant il s’est agit d’implanter l’ecole d’ingénieur l’EIGSI, il y a eu un vote pour départager La Rochelle et Rochefort. Ceux du sud on voté Rochefort, ceux du nord La Rochelle, qui l’a finalement emporté. Aujourd’hui ce genre d’écart n’existe plus. Désormais 99% des délibérations votées le sont à l’unanimité. Il y a bien sûr toujours des oppositions et des voix divergentes mais au final c’est l’intérêt général qui prime. Je souhaite que la prochaine assemblée, avec je l’espère de nouveaux visages, garde à l’esprit que l’on peut s’opposer mais qu’il faut avancer ensemble. On a 660 000 habitants, c’est-à-dire 1% de la population du territoire français, dont des milliers de retraités, il faut préserver ce bijoux de département.»

@! : Quel est le projet dont vous êtes le plus fier ?

D.B. : « Le déploiement de la fibre. Grâce à un projet collectif, d’ici un an tous les Charentais-Maritime seront raccordés à la fibre quel que soit le lieu. Il y en a d’autres bien sûr, comme le plan patrimoine. Nous n’avons rien inventé : nous n’avons fait que poursuivre des politiques déjà engagées, notamment par Claude Belot. On les a au mieux modifiées, adaptées, avant de les abroger. Ce que l’on a essayé également le plus possible, c’est de faire participer les habitants aux décisions. Il faut poursuivre en ce sens. Je souhaite notamment que mes successeurs créent un budget participatif qui permet aux citoyens de décider d’une partie des attributions de crédit. Ca existe déjà dans d’autres départements comme le Gers ou les Deux-Sèvres. Ca serait bien que ça se fasse maintenant.

@! : Quels sont vos plus grands regrets ?

D.B. : « De n’avoir pas pu aboutir sur le dossier de l’A831 ! Je pense aux habitants de Marans, qui n’ont toujours pas de solution de contournement… C’est un dossier qu’il faudra poursuivre avec la Région et les Pays de la Loire. J’aurais voulu aussi que la ligne Angoulême-Saintes-Royan soit électrifiée pour que le TGV vienne jusque sur le littoral. On a déjà fait une grosse partie du chemin avec des travaux de signalisations, d’infrastructures… J’espère que l’on pourra aller plus loin dans les années à venir. »

 @! : Quels sont vos projets après les élections ?

D.B. : « Quand on cesse une activité un peu lourde comme la présidence d’un Département et de l’Association des Départements de France, il faut trouver un nouvel équilibre. J’ai un ami qui a inventé la théorie des trois tiers, et que je vais adopter: un tiers de glande, un tiers de bénévolat et un tiers d’activité de conseils. Je compte profiter de ma famille et en particulier de mes petits-enfants. Pour le bénévolat, je pense à L’Hermione, au Train des Mouettes et à la fondation Valéry Giscard d’Estaing, dont je suis déjà le vice-président délégué depuis la mort du président. Pour l’activité de conseils, je vais poursuivre notamment l’enseignement que je fais déjà à Sciences-Po et à HEC, non pas pour l’argent mais pour transmettre mon savoir, sur les politiques de transport en particulier. Lorsqu’on a atteint la soixantaine bien tassée, transmettre aux plus jeunes ce que l’on sait est sans aucun doute ce que l’on puisse faire de mieux. »

 

Bio Express

> 1952 : naissance à Tours

> 1985 : élu conseiller départemental de la circonscription de Royan

> 1989 : maire de Saint-Georges-de-Didonne

> 1993 : député de la 4e circonscription de la Charente-Maritime

> 2002 : secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer

> 2004 : ministre de l'Agriculture

> 2007 : secrétaire d'Etat aux transports

> 2015 : président de l'Assemblée des Départements de France

 

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 25/05/2021