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Métropole | Bordeaux : " La rue aux enfants " pour sept écoles

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Hier, devant l’école Cazemajor, Fannie Le Boulanger, adjointe au maire à la petite enfance et au quartier Nansouty Saint-Genès, Sylvie Schmitt adjointe au maire en charge de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse et Didier Jeanjean adjoint au maire à la nature en ville et aux quartiers apaisés, se sont retrouvés pour accueillir le dispositif « La rue aux enfants ». Entre deux averses, sous un chapiteau noir, ils ont expliqué les objectifs du projet.

Il est 16h30, et ça fourmille devant l’école Cazemajor. « Il y a un chapiteau, c’est parce qu’il va y avoir un concert ! », s’enthousiasme un enfant. Alors… pas tellement ! Ça y est, la rue est aux enfants ! Fannie Le Boulanger, Sylvie Schmitt et Didier Jeanjean se sont retrouvés devant le groupe scolaire Cazemajor afin d’inaugurer le projet. Ça court de tous les côtés mais parents et enfants ont encore l’habitude d’être vigilants avant de traverser la rue. Pourtant, comme pour six autres écoles, l’école Cazemajor voit sa rue du même nom, fermée de manière permanente. « Nous sommes très fiers de faire partie des premières école à accueillir le dispositif « la rue aux enfants » », déclare Fannie Le Boulanger.

Calme et sécurité 

Le but final est d’offrir aux écoliers et à tous les passants des espaces sécurisés et moins pollués, en rendant piétonnes les rues devant les écoles élémentaires et maternelles. « Ce projet a été assez facile à concrétiser car il n’y a aucun riverain sur cette portion » explique Sylvie Schmitt. En encourageant les enfants et leur famille à venir et repartir à pied ou à vélo de l’école, trois objectifs se dégagent : d’abord sécuriser le trajet afin que les enfants acquièrent une certaine autonomie pour se rendre à l’école. Car aujourd’hui « la rue rime avec le danger à cause des voitures », déclare Didier Jeanjean. 

Didier Jeanjean, Fannie Le Boulanger et Sylvie SchmittDidier Jeanjean, Fannie Le Boulanger et Sylvie Schmitt

 Devant l’école, Christophe attend son fils, élève de CP : « C’est globalement une bonne chose. Même si cela nécessite de se garer un petit peu plus loin, on s’adapte. Ça sécurise l’entrée de l’école. Et puis ça permet aux enfants de ne pas avoir de nuisance. » Des propos qui sont sensiblement les mêmes chez les autres parents. Pour Stéphanie, maman d’un élève de CP, la sécurité prime également. S’ajoute à cela un environnement plus calme, avec moins de nuisances sonores qui pourraient les perturber dans leur enseignement. « C’est une demande des parents, j’en n’ai encore rencontré aucun qui m’a dit que c’était une mauvaise chose », ajoute Sylvie Schnmitt. 

Question de santé publique

Si la sécurité est un des enjeux de ce projet, il s’agit également de « répondre à une question de santé publique », poursuit l’adjoint au maire. « L’ARS a demandé une étude sur la pollution des établissements sensibles. Il y a plus de 30 établissements qui dépassent les normes en NO2, plus de 60 qui dépassent les normes en particules en suspension PM10 et plus de 670 qui dépassent les normes en termes de particules fines 2.5. Nous ne pouvons plus faire comme si nous ne connaissions pas ça ! Cela n’est plus possible ! » Il s’agit donc, à travers cette action, de réduire la pollution sonore, les émissions de gaz à effet de serre, de dioxyde d'azote et de particules fines.  

Rue Cazemajor devant l'école du même nom

Les rues concernées sont fermées à la circulation des véhicules motorisés soit de façon permanentes soit de façon temporaire. Des barrières amovibles sont installées par des agents municipaux ou des parents d’élèves pendant 45 minutes le matin et en fin d’après-midi en période scolaire, le lundi, mardi, jeudi et vendredi. Toutefois, une exception est prévue pour les services de secours et les personnes à mobilité réduite. Les rues deviennent donc, en ce sens, des espaces réservés aux piétons, cyclistes, trotinettes, poussettes. Dans une ville où la part modale de la marche est de 40%. A savoir que des bacs sont implantés dans la rue afin de la rendre plus végétale.  

Ce dispositif concerne aujourd’hui sept écoles: Yser, Saint Bruno (maternelle et élémentaire), Solférino, Cazemajor, Jacques Prévert, Albert Le Grand. L’objectif est de le rendre effectif pour 80% des écoles de Bordeaux d’ici 2026, avec un calendrier de réalisation de 15 à 20 écoles par an.

Mélanie Philips
Mélanie Philips

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 18/06/2021