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Politique | Pyrénées-Atlantiques : Une majorité confortable et confortée pour la coalition départementale centre et droite

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Dans les Pyrénées-Atlantiques, le premier tour des élections départementales avait clairement donné la prime aux sortants, sans exclure de potentielles surprises. Ce 27 juin, le second tour du scrutin, a confirmé ces tendances, tout comme il a confirmé le désintérêt des électeurs avec une participation à hauteur de 40,13 % contre 38,8 % au premier tour. Côté résultats : les quelques renversements de situation ça et là dans le département, ne viennent pas beaucoup perturber les équilibres politiques du Conseil départemental sortant. L'union de la droite et du centre reste dans une situation de majorité très confortable, et confortée. Parmi les petites surprises : la défaite du chef de file de la gauche, Henri Etcheto sur Bayonne 3, le retour d'EH Bai au Conseil départemental ou encore l'équilibre acquis par la gauche sur la capitale départementale, avec 2 cantons remportés sur 4.

Henri Etcheto avait pourtant tenté de faire l'Union à gauche. Et ironie du destin, c'est lui le premier (et sa binôme Florence Dupreuilh) qui paie les frais de la réussite symbolique de cette même stratégie côté droite et centre. Sur son (jusque-là) canton de Bayonne 3, le duo Forces 64 de la majorité départementale, Olivier Alleman et Christine Lauque, s'impose d'une très courte tête avec 50,27% des suffrages, soit 23 voix d'avance. Un basculement contagieux dans la ville basque, puisque Bayonne 2 jusque-là à gauche, passe lui aussi, au profit de la majorité départementale sortante, élisant à 50,95% des voix, le duo Joseba Erremundeguy et Monia Evene-Mateo. Le canton de Bayonne 1 quant à lui reste aux mains des sortants siglés Forces 64, Claude Olive et Sylvie Meyzenc, par une victoire facile avec 66% des voix.

L'alliance droite et du centre fait main basse sur 11 des 12 cantons basques
Une victoire aussi symbolique de nombreux autres cantons qui voient réélire des élus sortants, véritables figures de leur territoire, et plus largement du département. Du côté basque on peut donc citer Claude Olive, mais aussi Max Brisson, et sa colistière Martine Vals, élus à Biarritz avec 54% des voix, Jean-Pierre Mirande, et sa colistière Annick Trounday-Idiart qui avec près de 60% des voix n'ont pas permis l'élection tant espérée par EH Bai sur le canton de la Montagne basque, ou encore, évidemment, Jean-Jacques Lasserre, le président sortant réélu avec Anne-Marie Bruthe avec 63,4% des voix sur son canton de Bidache, là aussi face à EH Bai.
Au total, la majorité de la droite et du centre fait main basse sur 11 des 12 cantons basques, remportant, outre Bayonne 2 et 3, le canton de Nive-Adour, face à un binôme de candidats EELV / Génération.S, étiqueté EH Bai.
Le parti régionaliste quant à lui, n'a, malgré sa satisfaction affichée, que très partiellement transformé l'essai du premier tour, puisque sur les 7 cantons où il était présent au 2nd tour, il n'en remporte qu'un, au détriment de la Gauche. Sur ce canton d'Hendaye, Iker Elizalde et Annie Poveda (EH Bai) raflent en effet 52,18 % des suffrages face au tandem Gauche 64.

Figures locales et permanence
Mais sur le sujet des figures locales de la majorité sortante, côté béarnais aussi, la permanence sera de mise dans la future assemblée. Parmi ces "indéboulonnables", Charles Pelanne sur les Terres des Luys et Coteaux du Vic-Bilh réélu sans mal au côté de Geneviève Berge, mais aussi Bernard Dupont et Costedoat-Diu Fabienne (55,69% des voix) sur le canton d' Artix et Pays de Soubestre, Isabelle Lahore et Thierry Carrère, en incontournables du Pays de Morlaàs et du Montanères, ou encore, même si la victoire a ici été un peu moins facile (51,7%), Jacques Pédehontaa et Isabelle Antier sur le territoire d'Orthez et Terres du Gave et du Sel. Ne pas oublier non plus, parmi les plus jeunes qui s'imposent dans le paysage politique du département et de l'agglo paloise, la réélection (53,7%) de Nicolas Patriarche, maire LR de Lons, accompagné Sandrine Lafargue sur le canton de Lescar, Gave et Terres du Pont-Long.
Une permanence des sortants qui vaut aussi dans les quelques succès de l'opposition. En effet, dans le canton cœur de Béarn Yves Salanave-Pehe et Nadine Barthe emportent 66% des suffrages pour la Gauche 64, Marie-Pierre Cabanne, accompagnée de Michel Minvielle prend également son billet retour pour l'assemblée départementale sur canton Vallées de l’Ousse et du Lagoin, de même que Marie-Lyse Bistue et Henri Bellegarde sur Oloron 1. Une ville d'Oloron Sainte-Marie, en réalité contrastée, puisque Oloron 2, est perdue par l'opposition départementale au profit de Laure Laborde, et Clément Servat pour Forces 64. Une victoire là aussi serrée avec 50,85%.

Match nul à Pau
Enfin à Pau, majorité et opposition jouent le match nul. Le bastion de gauche, Pau 1 reste en effet à la gauche, avec la victoire dans un mouchoir de poche (34 voix d'écart), de Franck Lamas et Stéphanie Maza face à des candidats pourtant bien connus des palois : Thibault Chenevière et Josy Poueyto (Députée et adjointe au maire de Pau). Et au-delà de ce premier succès, la Gauche 64 parvient aussi à ravir Pau 2, avec 54,8% des voix pour ses candidats Jean-François Maison Jean-François et Karine Pere Karine.
Si c'est en masse (62,28%) que les électeurs de Pau 3 ont voté pour le binôme André Arribes et Monique Sémavoine présenté par la majorité départementale sortante, le suspense a été bien plus serré s'agissant de Pau 4, même si au final ce sont les sortants, Jean Lacoste, et Véronique Lipsos-Sallenave qui se sont vus confirmés dans leur rôle d'élus départementaux, avec 50,50% des voix.

Les réactions
Du côté des réactions, Jean-Jacques Laserre, président sortant de l'assemblée départementale s'est dit « très heureux des très bons résultats obtenus sur l'ensemble du département avec une majorité départementale qui en sort renforcée ». Un résultat qu'il explique par l'alliance réussie de la droite et du centre. « Avec nos alliés on s'est rassemblé facilement sur le mode de gouvernance, sur une idée d'une bonne gestion de la collectivité ». « Peut-être qu'il y a des leçons à en tirer, et à propager », a-t-il glissé auprès de nos collègues de France 3 Nouvelle-Aqutaine.

Côté opposition, au chapitre des leçons à tirer, Jean-Yves Lalanne, puissant maire de Billère et porte-parole de la gauche démocratique et sociale 64, a quant à lui d'abord constaté que « l’abstention massive a été tout aussi importante au 2e tour des élections régionales et départementales, [et] que la division de la gauche sert bien de marche pied à la droite et l’extrême droite. Cela démontre qu’il y a urgence à constituer un front unitaire de toutes les gauches sociales et écologistes notamment pour la présidentielle et les législatives de 2022. Dans les cantons où l’unité a été réalisée les listes des gauches sociales et écologistes font de bons scores fragilisant la majorité départementale prolongement de la majorité gouvernementale » appuie-t-il.

Enfin, c'est à la satisfaction que préfère se livrer, du côté basque du département, les représentants du parti abertzale EH Bai : « Bien entendu, la victoire sur le canton de Hendaye Côte Basque Sud vient valider le travail collectif mené durant cette campagne sur tout Iparralde. Ces excellents résultats viennent également confirmer le travail de longue haleine mené par les abertzales depuis des décennies. Ces élections départementales sont indéniablement une grande réussite pour EH Bai. Les résultats nous placent devant de nouvelles responsabilités dont nous mesurons l’importance. », livrent-ils sur leur site internet.

Au total, sur les 54 sièges que compte le Parlement de Navarre, qui abrite l'assemblée départementale, la majorité départementale sortante du centre et de la droite, passe de 32 à 38 sièges, l'opposition de gauche de 24 à 14, et EH Bai, en gagne 2.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : 4111111111111111

Publié sur aqui.fr le 28/06/2021