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Spécial | Willy Bondil ou la passion de la transmission

aéroportrait willy bondil

Formateur en avionique (ensemble des équipements techniques d'un aéronef) Willy Bondil a consacré sa vie à l'aéronautique. Une passion qu'il a exercée, tout d'abord au sein de l'Armée en tant que technicien de maintenance, avant de rejoindre l'équipe d'Aérocampus Aquitaine et de se consacrer à la formation des jeunes. Une carrière motivée par deux intérêts majeurs : l'aviation et la transmission.

Souriant et détendu, c'est avec un plaisir non dissimulé que Willy Bondil évoque son métier. Une fonction qu'il occupe depuis 2010 au sein d'Aérocampus après un passage initial de plusieurs années par l'armée, corps qu'il intègre dès la fin du secondaire avec un bac D. « Au niveau des tests de sélection, souvent, ceux qui avaient les meilleurs résultats, on les classait avec les avioniques », précise cet ancien militaire aujourd'hui âgé de 53 ans. Formé à l'école des techniciens de l'armée de l'air de Rochefort durant 18 mois, il choisit la spécialité « équipements de bord » avant d'être muté à Orléans et de travailler notamment sur des Transall (avions de transport) pour de la grosse maintenance, tout en effectuant des réparations plus rapides sur le tarmac. Tchad, Centrafrique, Côte d'Ivoire... le technicien en maintenance voyage aussi beaucoup, partout où l'armée requiert ses compétences et trouve aussi le temps de compléter sa formation par un Diplôme d’Études Supérieures Techniques (DEST) en automatisme industriel. Une période intense de sa vie professionnelle dont il parle, aujourd'hui encore, avec une pointe de nostalgie.

Un tournant décisif

Finalement muté à Évreux, ce Normand d'origine, -et alors même qu'il revient dans sa région natale-, donne, à l'aube des années 2010, une impulsion décisive à sa carrière. Son but ? Devenir formateur en aéronautique. Un rêve qu'il caresse depuis longtemps et qui l'a poussé à effectuer un stage pédagogique de trois semaines, durant son passage par Rochefort.

Fort de son cursus (le niveau maîtrise de son DEST et son stage de formateur lui permettent d’espérer), il finit, à force d’opiniâtreté, par obtenir une réponse positive du Centre de Formation de Latresne pour un remplacement... d'un an. Mais il ne lui en faut pas plus ! Décidé, il quitte l'armée, vend sa maison en Normandie et embarque femme et enfants pour « attaquer en septembre ». Un pari risqué mais qui s'avère gagnant puisque, toujours formateur sur le site, il est également responsable du pôle avionique depuis près de cinq ans et se prépare à prendre les rênes du nouveau pôle qui devrait être opérationnel en fin d'année.

Transmettre sa passion

« Nous avons deux filières : les scolaires et les apprentis. Les scolaires arrivent après la troisième et sont âgés d'une quinzaine d'années et les apprentis poursuivent leur seconde au Centre de Formation des Apprentis de Bruges et ont 19, 20, 24, parfois 30 ans », précise-t-il. Des jeunes qui, surtout pour les apprentis, se montrent particulièrement motivés voire passionnés. Un bonheur pour l'enseignant. « J'adore la technologie et toutes ces machines sont de véritables bijoux en la matière. Ce qui me porte, c'est de partager, de passer un moment avec les jeunes. Le plaisir de l'échange, de les voir motivés. C'est de transmettre et recevoir. C'est le partage d'une passion », avoue-t-il.

Un domaine en perpétuelle évolution

Technologie de pointe par excellence, l'aéronautique est un domaine en perpétuelle évolution. Ce qui implique pour les formateurs, la nécessité de s'adapter en permanence. Un aspect du métier qu'affectionne particulièrement Willy Bondil même lorsqu'il a affaire à des aéronefs plus anciens (« on travaille sur des machines complexes et c'est en étant curieux qu'on découvre des choses »). Quant au nouveau Pôle avionique qui devrait voir le jour fin 2021, il était attendu depuis longtemps. Son objectif ? Réunir au même endroit tous les moyens pédagogiques (hommes et matériel) jusqu'ici disséminés sur le site. A noter également l'arrivée de nouvelles sections : « Il ne contiendra pas que de l'avionique. Il y aura aussi une formation de Personnel Navigant Commercial. Côté avionique, on peut mentionner deux ateliers câblage, un atelier soufflerie, une salle d'entretien des batteries, une salle avec des machines tournantes genre alternateurs, génératrices, moteurs... » Mais aussi, des tronçons d’Airbus A320, un simulateur de maintenance A320-A350, deux labos électroniques, deux salles consacrées aux instruments de bord et d'autres formations consacrées à la fibre optique et à la maintenance des drones. De quoi ravir le responsable déjà curieux de voir quel va être l'impact de ces nouvelles formations : « j'essaie de faire de mon mieux pour faire évoluer le site en moyens pédagogiques », reconnaît celui qui se dit avant tout motivé par ce qu'il apporte à l'aviation; juste retour d’ascenseur à un domaine qui, de son propre aveu, lui a tant donné.

 

Cet article est à retrouver dans notre édition spéciale : "Aérocampus Aquiaine : les 10 ans "

Emmanuelle Diaz
Emmanuelle Diaz

Crédit Photo : ED

Publié sur aqui.fr le 23/08/2021