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Economie | Nautisme : AG+SPARS investit dans les mats carbones

Les ateliers de l'entreprise AG+Spars

A Saint-Laurent de la Prée, près de Rochefort, le chantier navale AG+Spars est spécialisée dans la construction de mâts de voiliers de course. Créée dans les années 1980 en région parisienne, l’entreprise a déménagée dans les années 2000 en Charente-Maritime, suite au rachat de la boîte par un de ses salariés, Jean-François Nevo. Cet ancien sportif de haut niveau, ingénieur de formation, a développé la confection de mâts en aluminium. Les voiliers de compétition évoluant très vite, il compte aujourd’hui développer sa production de mâts en carbone, qui représente aujourd’hui 30% de son chiffre d’affaires.

AG+Spars fait partie des 8 fabricants mondiaux de mâts de voiliers de course. Pour rester compétitif sur ce marché de niche, Jean-François Nevo a décidé d’automatiser la fabrication de ses mâts en carbone, lancé il y a quelques années en complément de la confection des mâts en alu. « Pour garder le marché du sport de haut niveau, on s’est dit qu’il fallait faire du haut de gamme. Et on avait une forte demande sur le carbone », explique le patron. Aujourd’hui, le procédé de confection de l’entreprise reste très artisanale. « On reçoit des bandes de carbones que l’on appose à la main sur des moules en forme de mâts. Ensuite, ils passent dans une étuve spéciale de 25 mètres de long. La chaleur permet la polymérisation. Ensuite on enlève le moule », explique le dirigeant.

Ses mâts en carbone vont équiper principalement les grands catamarans de course, les monocoques classe 40 et les IRC. « L’avantage du carbone sur l’alu, c’est sa densité supérieure, et donc sa résistance. La durée de vie d’un mât carbone est d’une vingtaine d’années, et cette limite est plutôt due à celle de la colle que du matériau ! », assure Jean-François Nevo. Plus résistant, le carbone est également « 3 à 5 fois plus cher que l’alu ». Le dirigeant d’AG+Spars cherche donc à réduire ses coûts de fabrication, pour rester attractif face à la concurrence étrangère. Il a besoin d’un robot pour appliquer les films carbone sur les moules, d’un nouveau four et d’une cabine de contrôle. Pour ce faire, il a demandé et obtenu une enveloppe de 240 000€ aux services de l’Etat dans le cadre du plan France Relance.

Des commandes à la hausse

Son entreprise n’a pourtant pas souffert de la crise sanitaire. « On n’a jamais arrêté l’activité durant les confinements. Les commandes ont même explosé l’an dernier » raconte Jean-François Nevo. Développer l’activité des mats carbone était « un projet de longue date. Les devis étaient prêts avant la crise […] Les bateaux de course évoluent constamment, ils prennent de plus en plus de puissance, et nous, nous sommes obligés d’adapter sans cesse nos produits ». L’entreprise tourne avec 25 modèles de base, adaptables sur-mesure en carbone ou en alu, de l’optimiste au monocoque de 35 pieds. AG+Spars reçoit des rouleaux d’alu tout prêt, auxquels les salariés donnent ensuite une forme et ajoutent les élingues. Résultat : « on brasse beaucoup de volume, on a beaucoup d’usages et de personnels sur place », explique le dirigeant, qui envisage de délocaliser les locaux dédiés au carbone du côté de Rochefort. Malgré ses intentions d’automatiser encore des étapes de production, il compte doubler ses effectifs d’ici cinq ans. Les salariés sont au nombre de dix aujourd’hui, sans compter les deux stagiaires.

Anne-Lise Durif
Anne-Lise Durif

Crédit Photo : Anne-Lise Durif

Publié sur aqui.fr le 02/09/2021