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Environnement | L'antenne de l'aviation civile de Sarlat fonctionne désormais à l'hydrogène

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L'antenne radio appartenant à la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA) et servant à l'aiguillage des avions civils, située sur les hauteurs de Sarlat (24) est désormais alimentée par une pile à hydrogène. Jusqu'au début de l'année, elle était équipée de panneaux solaires vieillissants et d'un système de secours assuré par un générateur diesel, option polluante. Le site de Sarlat a été choisi pour être pilote au niveau national dans le projet Sepher (secours électrique par pile à hydrogène et énergies renouvelables).

Ce mardi matin, l'antenne radio de la Direction des services de la navigation aérienne, située sur les hauteurs de Sarlat (24) était sous le feu des projecteurs. Elle fonctionne désormais à l'hydrogène, une première en Dordogne.
Il existe environ soixante-dix sites destinés aux services de contrôle aérien dont une quarantaine sont isolés. Celui de Sarlat fait partie de la couverture radio du centre en route de la navigation aérienne de Bordeaux et de centres d'approche de Bordeaux et de Clermont-Ferrand, nécessaires aux échanges entre les contrôleurs aériens et les pilotes. "Depuis trois ans et demi, nos équipes planchent sur le projet SEPHER  (Secours Électrique à base de Piles à Hydrogène et d'Energies Renouvelables). Il vise à déployer des solutions d'alimentations électriques de secours à base d'énergies renouvelables sur les sites isolés de la Navigation Aérienne".

Un site pilote

" Le premier est celui de Sarlat ", indique Philippe Panebière,  chef de projet au sein de la DSNA. Jusqu'à présent, les sites isolés (une quarantaine au total répartis sur la France métropolitaine et l'Outre mer) de la DSNA où sont implantés des antennes radio et de radars, sont équipés de groupes diesel afin d'assurer une disponibilité permanente de l'énergie de ces infrastructures du contrôle aérien. Cette option est très polluante : l'objectif était de trouver des solutions plus respectueuses de l'environnement. Le projet Sepher consiste à remplacer ces groupes électrogènes par une solution verte.

Depuis le 29 juillet, date où il est opérationnel, l'électricité est produite par une pile à hydrogène, combustible fabriqué localement par des panneaux photovoltaïques. L'innovation réside dans la combinaison de ces deux technologies. Pour mener à bien à ce projet pilote, la DSNA a sélectionné un groupe d'entreprises : Bouygues énergies services, la start up Powidian et le bureau d'études BG conseils. Une partie de cet hydrogène vert fabriqué sur place, puisque la soixantaine de panneaux photovoltaïques couvre largement les besoins pour alimenter l'antenne, est ainsi stockée."L'antenne doit être en capacité de fonctionner sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Nous sommes en mesure de faire face à un éventuel déficit en hydrogène pouvant aller jusqu'à cinq jours, dans l'absolu six jours" précise le chef de projet.

Les études de la Direction des services de la navigation aérienne et de leurs entreprises partenaires ont estimé que l'antenne avancée radio de Sarlat fonctionnerait à 75 % en autonomie énergétique, réduisant les émissions de gaz à effet de serre à 60 %. "Pour l'instant, nous sommes au delà ces prévisions, nous sommes à une autonomie de quasi 100 % depuis mars, date de mise en service.  C'est de très bon augure, mais nous n'avons pas passé la période hivernale", observe le chef de projet. A terme, la DSNA envisage de déployer cette option, opérationnelle en Dordogne depuis le 29 juillet, sur toutes les antennes radio isolées. Le coût global de ce dossier innovant, entièrement financé par la navigation aérienne,  s'élève à 700 000 euros dont 40 % pour les matériels, 45 % pour adapter l'infrastructure à ce site.

 Le site de Sarlat a été inauguré en présence de Michel Delpon co président du groupe hydrogène à lAssemblée

Michel Delpon, député de la deuxième circonscription de la Dordogne, et coprésident du groupe d'études sur l'hydrogène au sein de l'Assemblée nationale, s'est félicité de ce "premier projet concrétisé de Dordogne et opérationnel. Dans cet exemple, l'hydrogène est produit ici. C'est la première fois qu'une technologie de rupture permet de créer des emplois dans nos territoires". Il a tenu rappeler que le plan hydrogène gouvernemental doté de 10 milliards d'euros avec le plan France relance, apporte toutes les vertus de la transition écologique avec zéro émission et doit contribuer à faire des émerger des projets locaux. 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 15/09/2021