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Agriculture | Nouvelle-Aquitaine : un prix pour les initiatives agricoles durables

Lauréats du prix "Cap sur une agriculture durable", Bruno Millet et Francis Massé

Ce lundi 11 octobre, la Fondation pour une Agriculture Durable en Nouvelle-Aquitaine (FADUNA), a remis, dans les locaux du Crédit Agricole à Bordeaux, « fondateur » de la fondation, et avec un peu de retard dû à la crise sanitaire, le prix « Cap sur une agriculture durable » aux lauréats de l’année 2020. La Fondation récompense au travers de ce prix, les agriculteurs qui, par leurs initiatives et leurs pratiques innovantes, concourent au développement d’une agriculture durable en Nouvelle-Aquitaine. Les cinq lauréats, recevront une bourse, via la Fondation de France, d’un montant de 1 500 € chacun.

La Fondation pour une Agriculture Durable en Nouvelle-Aquitaine, « accompagne et encourage, depuis sa création en 2009, toutes les actions qui tendent vers une agriculture plus durable en Nouvelle-Aquitaine » explique Bruno Millet, délégué général de la fondation, « et l’un de nos outils pour cela, est le prix « Cap sur l’Agriculture Durable en Nouvelle-Aquitaine », qui a déjà récompensé les réalisations de 86 agriculteurs ».

Ce prix, qui permet aux lauréats de bénéficier d’une aide à hauteur de 1 500 euros chacun, récompense des réalisations et non des projets, qui doivent impérativement répondre à quatre critères. « Les réalisations choisies, doivent présenter un caractère innovant, être facilement reproductibles, être des réalisations pour lesquels les agriculteurs seront prêts à conduire (ou auront déjà conduit) des actions de sensibilisation auprès de leurs collègues ou du public et enfin qui seront équilibrées dans leur durabilité, tant sous l’angle économique, que sous l’angle social et environnemental ».

Après leur candidature, 13 en 2020, un jury de 5 experts, tous issus, de près ou de loin, du monde agricole, sélectionne 7 réalisations qui font par la suite l’objet d’une visite de terrain, impossible en période de crise sanitaire, raison pour laquelle la remise des prix a été décalée. « Nous tentons de ne favoriser aucune stratégie particulière, mais de regarder l’ensemble des projets, avec comme critère principal, la durabilité » explique un des experts. Finalement, ce sont cinq lauréats qui ont été distingués par le comité exécutif de la Fondation, réuni le 9 juin dernier.

 

Des initiatives inspirantes et innovantes


Selon Francis Massé, président de la fondation, « les réalisations promues ne constituent pour la plupart, ni des ruptures ni des innovations extraordinaires, mais traduisent une volonté de faire évoluer les systèmes vers plus de durabilité souvent au travers du développement d’une forme d’autonomie et de diversification ».

Parmi les lauréats, c’est Pierre-Antoine Raimbourg, qui a particulièrement retenu l’attention du Comité exécutif, grâce à NEO-BOCAGE, un élevage bovin bio. « J’ai décidé de réinvestir et de miser sur la nature » affirme-t-il. De façon plus technique et moins poétique, NEO-BOCAGE, est un élevage qui bénéficie d’une intensification bocagère grâce à la plantation de 1,7km de haie à multiple vocation : biodiversité, diversification « fruitière », stockage eau et carbone, source de fourrage pour les bovins… En bref, « La mise en œuvre d’une stratégie de maximisation des capitaux investis productifs, et de recherche de compétence, de maîtrise et d’autonomie sur chaque maillon de la chaîne d’activité (production végétale, animale, commerce, marketing…) ».

Les autres réalisations gagnantes, ont évidemment aussi été présentées : Benoît Cabannes, agriculteur landais, a développé, sur sa ferme consacrée à la polyculture et à l’élevage, « une autonomie quasi-totale de l’alimentation des canards à partir de l’exploitation et par des moyens diversifiés, ainsi qu’une maîtrise de la commercialisation par plusieurs circuits directs ». Philippe et Paul Carretero, viticulteurs, permettent « une innovation sociale avec le développement d’une application, « VITITAG », outil de gestion et de management quotidien transparent, avec suivi et traçabilité des différentes actions à la vigne et au chai ».

Autres lauréats, Jules et Stéphanie Charmoy, inventeurs d’un séchoir à foin alimenté par la chaleur issue d’une énergie renouvelable (méthaniseur). Mis en service sur son exploitation en 2019, le méthaniseur, qui fournit de l’électricité à EDF et de la chaleur pour le séchoir, « est l’outil de la Ferme des Charmes pour s’inscrire dans l’économie circulaire ».
Enfin, Christine Vincent, du Gaec Vincent Mère et fils, qui après des périodes de grande sécheresse sur leur exploitation ont créé un plan d'eau (statut retenue collinaire) qui a permis l'adaptation d'un élevage et une meilleure alimentation en eau des animaux à l'étable et la diversification de l'exploitation par un verger fruitier bénéficiant ainsi d'une irrigation au goutte à goutte du verger.

Bruno Millet a conclu en précisant que les réalisations récompensées, « n’étaient pas forcément des modèles à reproduire en l’état, mais des démarches inspirantes pour que chaque agriculteur y puise des idées pour faire évoluer son propre système » dans le but surtout de « renforcer sa durabilité ». Un avis partagé par les représentants de deux des « fondateurs » de la FADUNA, soit le Crédit Agricole et la SAFER, qui ont, par ailleurs, salué l’importance d’un tel prix « précurseur au moment de sa création » et surtout rappelé « l’urgence de favoriser et mettre en avant les initiatives innovantes ».

Margaux Renaut
Margaux Renaut

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 12/10/2021