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Politique | Pau : L' "exemplaire coordination" des acteurs, clé du succès de la prévention de la délinquance

A Pau, les acteurs de la sécurité ont signé le 6 décembre 2021 leur nouvelle stratégie locale de la prévention de la délinquance 2021-2024

Des échanges entre François Bayrou, maire de la Ville, Eric Spitz, Préfet du département, Jean-Jacques Lasserre, Président du Conseil départemental et le représentant du Parquet du tribunal judiciaire de la ville, il ressort que Pau est une ville paisible. Plus paisible que la moyenne, et semble-t-il aussi de plus en plus paisible. Si la crise sanitaire n'est sans doute pas étrangère au bon bilan des années 2019 et 2020, il n'empêche que la délinquance générale est en baisse continue depuis 4 ans. S'il faut noter tout de même une exception pour ce qui est des violences volontaires à l'intégrité physique des personnes (+4% cette année), la situation globale est bonne, et, cerise sur le gâteau sécuritaire, le taux d'élucidation a lui aussi un score jamais atteint : 47% soit 7 points de plus qu'en 2017. Une partie de l'explication se trouve, selon les acteurs, dans la stratégie de prévention de la délinquance mise en place à l'échelon local. Une stratégie territoriale dont le nouvel opus pour les 5 ans à venir vient d'être signé ce lundi.

« A Pau il y a un niveau de sécurité très haut. Sur la dizaine de départements dans lesquels j'ai travaillé, c'est le seul où, vraiment, à aucun endroit on ressent un sentiment d'insécurité », témoignage personnel de la satisfaction du préfet Eric Spitz. Une satisfaction partagée par l'ensemble des acteurs réunis ce lundi autour de la signature de la nouvelle stratégie locale de prévention de la délinquance.

Une nouvelle stratégie qui, face au constat d'une délinquance générale en baisse continue (mais pas forcément uniforme selon les infractions), s'inscrit pour les 5 ans à venir dans la continuité des actions déjà menées et sous le sceau de la coordination et du partenariat des acteurs engagés. Parmi eux notamment, bien sûr les polices nationale et municipale, la justice, mais aussi l'éducation nationale, à travers les directeurs d'établissements de collèges et lycées, les transporteurs publics, les MJC, centres sociaux, bailleurs ou encore SDIS...

Favoriser l'échange entre les acteurs
Parmi les outils de coordination et de prévention particulièrement salués par les acteurs de terrain, et qui se poursuivront dans la nouvelle stratégie figurent les « cellules de veille » qui permettent de favoriser l’échange sur des situations, des difficultés ou des problèmes identifiés sur un secteur afin d'informer et de coordonner les liens avec les partenaires pouvant être directement ou indirectement impliqués. Un directeur d'établissement, face à la consommation de gaz hilarant, reconnaît par exemple volontiers que cette cellule « a permis d'avoir une meilleure connaissance de l'évolution des risques au sein ou aux abords du lycée, et d'avoir un œil plus éclairé sur des comportements que j'avais du mal à analyser », explique-t-il.

Si ces cellules ont un caractère pérenne avec des rencontres régulières, un autre outil de coordination, plus opérationnelle, a lui aussi été mis en avant la constitution de « Groupes Partenariat Opérationnel (GPO) » , dispositifs de la Police de Sécurité au Quotidien (PSQ). Il s'agit explique les partenaires « de réfléchir ensemble autour d’une problématique spécifique et identifiée afin de trouver des solutions adaptées et effectives rapidement, pour mettre fin à cette problématique ». En 2020, 47 GPO ont eu lieu, 32 problématiques ont été identifiées dont 25 résolues. Parmi ces problématiques : l'identification d'un point de deal, des incivilités dans les transports scolaires, ou en cours de réflexion , la prévention des conduites addictive au sein d'établissement dont notamment le gaz hilarant ou des produits stupéfiants.

"La prévention dans la sanction"...
Autre outil « relancé » par la stratégie locale de prévention de la délinquance, dont un axe de travail vise particulièrement la prévention chez les jeunes et les très jeunes : le Conseil Droits et Devoirs des Familles et le rappel à l’ordre, « non sans penser un accompagnement auprès de ces jeunes et de leurs familles », met en avant Clarisse Jonhonson Le Loher, élue déléguée à la sécurité.

Une prévention envisagée en effet « à tous les étages », par François Bayrou selon qui « la prévention peut aussi être dans la sanction », ciblant particulièrement ici aux travaux d'intérêt général. « Nous sommes une des villes les plus avancées sur la proposition des travaux d'intérêt général. Cette peine alternative peut être très utile notamment pour éviter les dérives que l'on peut constater en prison ». En effet de 2016 à 2020, le nombre d'heures est passé de 1503 à 10 544 heures.

A ces outils de prévention, François Bayrou, tout comme les autres acteurs de la sécurité mettent aussi en avant comme motifs de satisfaction et d'explication à la baisse de la délinquance générale, un renforcement des moyens au sein de la collectivité. De 14 policiers municipaux en 2014, l'effectif est à une soixantaine d'agents, armés, à fin 2021, et le nombre de caméras de vidéo-surveillance tourne « autour des 140 -145 » selon François Bayrou. S'ajoute à cela la création du Centre de Supervision Urbain (CSU) qui permet de centraliser la gestion et l'exploitation de ces données vidéos, « dans une exemplaire coopération » avec la police nationale ou encore la création d’une brigade municipale canine en 2016, « très efficace pour régler certains problèmes comme les rixes alcoolisées », pointe le Maire.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Ville de Pau

Publié sur aqui.fr le 09/12/2021