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Société | Ne jetez pas les coquilles d'huîtres, elles se recyclent

Bénédicte Salzes de l'association Coquilles utilise le point de collecte du square André L"hôte à Bordeaux

Les coquilles d'huîtres peuvent être valorisées et servir. Jusqu'au 2 janvier, elles peuvent être déposées dans les déchèteries du Bassin d'Arcachon mais aussi dans plusieurs points de collecte à Bordeaux et au Bouscat. Des alternatives de recyclage existent, telle que la valorisation sous forme de poudre, destinée à nourrir des volailles, fertiliser des terres agricoles. Le Département de la Gironde a expérimenté avec succès leur utilisation pour le comblement des carrières souterraines et à d'autres chantiers. Sur Bordeaux, l'association Coquilles assure la coordination de cette collecte.

Huîtres, saint Jacques, palourdes, coques, donnons leur une seconde vie, peut-on lire sur l'un des onze bacs à coquilles disséminés dans la ville de Bordeaux. Il existe aussi trois points de collecte sur le Bouscat. "La semaine dernière, 660 kilos de coquilles ont été collectés, sans compter la soirée de Noël. On devrait dépasser la tonne d'ici deux ou trois jours avec la prise en compte du réveillon de Noël", explique Bénédicte Salzes, de l'association Coquilles. Cette association, créée en mars 2020,  assure la coordination depuis la collecte jusqu'à la valorisation sur Bordeaux métropole. "La particularité de notre action est que nous sommes sur un milieu urbain à forte densité de population. A terme, à partir de 2023, c'est d'internaliser un certain nombre de tâches, principalement le concassage et la collecte, poursuit la jeune femme, qui sera salariée à partir de janvier. On veut aussi créer un modèle qui pourrait être déployé sur d'autres territoires."
Cette initiative a été lancée en 2020 : l'association Coquilles a conduit une première collecte l'an passé et le Département de la Gironde a mené en parallèle une première expérience réussie. Cette fois, l'opération est coordonnée avec le Département de la Gironde. Jusqu'au 2 janvier, les habitants de Bordeaux et du Bouscat sont donc invités à déposer leurs coquilles dans un des quatorze points de collecte. "Pour l'instant, les points de collecte qui fonctionnent le mieux, sont ceux de la Béchade avec 170 kg et ceux de Bordeaux centre, autour de 200 kg, les bacs sont collectés par Détrivores deux fois par semaine", poursuit Bénédicte Salzes.  

La valorisation

L'association Coquilles travaille sur des filières de valorisation écoresponsables. "Nous travaillons notamment avec l'université de Bordeaux pour développer un produit à plus forte valeur ajoutée, un type de matériau de construction à base de coquilles. C'est un pari sur l'avenir." De nombreuses alternatives de recyclage existent, telle que la valorisation sous forme de poudre, destinée à nourrir des poules, fertiliser des terres agricoles ou encore être utilisée au niveau de la gestion départementale des routes et de comblement de carrières souterraines, comme l'explique Jean Galand, vice président en charge des mobilité. "L'an dernier, nous avons lancé une première expérience sur la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon sud. Aujourd'hui, il existe quinze points de collecte sur ce territoire, qui s'ajoutent aux quatorze points de Bordeaux et du Bouscat. Nous avions eu suffisamment de coquilles, pour débuter un premier projet expérimental. Le Département a pu combler deux carrières souterraines sur la commune de Prignac-et-Marcamps, avec un mortier innovant, mis au point au laboratoire, composé pour 30 % de coquilles d'huîtres concassées."

Au printemps prochain, un nouveau chantier de comblement de carrière souterraine sera réalisé pour la mise en sécurité d'un tronçon de la route départementale 140 à Lugasson. Il s'agira de combler environ 3000 m3 de galeries en utilisant des coquilles d'huîtres collectées en cette fin d'année. L'élu n'exclut pas d'étendre la collecte sur l'ensemble des communes de la métropole bordelaise, zone où la densité de population est élevée. "II faut concevoir une collecte qui soit rentable au niveau environnemental, en termes de coût carbone."
Pour l'association Coquilles, après ces deux premières expériences, plusieurs pistes d'amélioration sont envisageables : la fréquence des collectes, le format et l’accessibilité des bacs (notamment pour les personnes en situation de handicap), la communication auprès des habitants pour éviter les déchets plastiques au milieu des coquilles, notamment les poches.

 

 

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 28/12/2021