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Economie | Comerso, la start-up qui redonne de la valeur aux invendus

Comerso

Comerso est une entreprise, devenue en 2021 « entreprise à mission », née dans l’Agenais et installée à Bordeaux qui accompagne les entreprises dans leur objectif zéro déchets en luttant contre le gaspillage alimentaire ou non-alimentaire. Lauréate du prix NA20 de la French Tech Bordeaux, Comerso est une start-up pour qui l’impact social économique et environnemental est la mission première et qui d’ailleurs, estime avoir permis de sauver des poubelles, depuis sa création en 2013, 33 000 tonnes de marchandises.

En activité depuis 8 ans, Comerso est partie du constat d’un grave problème de gaspillage, « une aberration quand on prend la mesure de la crise sociale dans laquelle nous sommes » déplore Francois Vallée, directeur marketing et communication chez Comerso, « certains ne parviennent pas à se nourrir correctement, ou suffisamment, alors même que certaines entreprises jettent à tour de bras » rajoute-t-il. Une incohérence que Francois Vallée explique par « la plus grande facilité logistique de jeter plutôt que de trouver de réelles solutions ».

Voici donc ce que propose la start-up, un service d’accompagnement clefs en main, pour les acteurs de la distribution, de la restauration, de la logistique, de l’industrie ou de la production en les connectant avec un « écosystème de récepteurs » tels que des associations, les acteurs du déstockage, de l’alimentation animale, de la méthanisation ou du compost. Comerso promet ainsi de « transformer la contrainte de gestion des invendus et des déchets en une opportunité d’impact social, environnemental et économique ». « Les entreprises ne fournissent pas plus d’efforts, mais bien plus d’impact » résume Francois Vallée.

Pour résoudre la problématique commune à toutes ces entreprises, soit la gestion de leur stock d’invendus, Comerso propose plusieurs prestations de valorisation. Parmi celles-ci, la collecte des invendus et la mise en relations avec des acteurs du déstockage ou encore des actions promotionnelles dans les grandes surfaces, en mettant en avant les produits à date limite de consommation courte et ainsi éviter de les perdre.

Mais la principale prestation de la start-up, « qui constitue 80 % des activités », est la gestion du don aux associations. « Nous avons un réseau de 6 000 associations partout en France dont beaucoup sont en Nouvelle-Aquitaine, indique Francois Vallée, les dons des entreprises avec lesquelles Comerso travaille représentent désormais 3 % de l’aide alimentaire en France ». Pour les entreprises, un enjeu non-négligeable, le dispositif de mécénat qu’induisent les dons aux associations. « En faisant don de leurs invendus, les entreprises bénéficient d’une réduction d’impôt, ce qui leur permet d’économiser parfois beaucoup d’argent tout en ayant un impact » explique Francois Vallée, « en 2021, nous estimons avoir permis de leur faire économiser 38 millions d’euros ».

Lutter contre le gaspillage en valorisant les invendus  

 Autre accélérateur pour les entreprises, la loi de 2016 dite loi Garot, relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été « un véritable accélérateur de prise de conscience » affirme Francois Vallée qui déplore tout de même que « le bon sens doive être acté par une loi pour le changement se fasse ». Certains clients de Comerso ont pourtant été précurseurs de cette obligation, « des jeunes patrons probablement plus sensibles aux questions environnementales » souligne Francois Vallée, « mais aussi à l’image de marque et la RSE qui a un fort impact sur la vision du grand public sur les entreprises ».

L’impact social, économique et environnemental de Comerso a été salué et reconnu par le prix NA20 de la French Tech Bordeaux. « C’est une véritable distinction au niveau local et régional » affirme avec enthousiasme Francois Vallée. « Comerso est encore peu connu du grand public et ce prix nous offre une importance visibilité et va nous permettre d’être mieux identifiés ».

Bien qu’à sa création, la start-up ne s’occupait que du gaspillage alimentaire, depuis quelques années elle s’attaque aux invendus non-alimentaires. Une extension de son activité qui s’inscrit parfaitement dans les politiques publiques puisque les entreprises non-alimentaires ont elles aussi, à compter du 1er janvier 2022, des obligations en termes de gaspillage. « Par exemple, il y a quelques semaines, nous avons collecté les invendus de la FNAC, explique Francois Vallée. Des livres, des jeux-vidéos, et même des enceintes, qui à l’approche des fêtes de Noël, ont permis de réjouir bon nombre de familles. Le gaspillage non-alimentaire va donc être l’un des objectifs de Comerso pour l’année à venir et sur le plus long terme, « bien qu’il y ait beaucoup à faire en France », l’ambition d’une expansion à l’échelle européenne.

Margaux Renaut
Margaux Renaut

Crédit Photo : Comerso

Publié sur aqui.fr le 04/01/2022