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Edito | Quelle couleur et quelles idées pour le PS avant la Rochelle?

Alors quelle couleur demain pour la rose? On l'avait connue résolument rouge sous François Mitterrand à l'époque, d'ailleurs, où il existait un parti communiste fort de quelques millions d'électeurs; va-t-on la découvrir rose pâle demain ou rose et verte maintenant qu'une partie des socialistes ne craignent plus de s'afficher avec le Modem et les écologistes ?

Sacrée question pour tous les aspirants aux premiers rôles, cette génération des quadras du PS qui voient le temps passer et se demandent quand ils goûteront, eux-aussi, aux délices du pouvoir. Les Peillon et autres Montebourg qui ont suivi ces derniers jours leur classe préparatoire avant la rentrée universitaire de La Rochelle. Drôle de rentrée cette année dans la ville de feu Michel Crépeau et de son digne successeur Maxime Bono.
De quoi va-t-on y parler : des alliances futures ? des primaires ? Peut-être des idées susceptibles d’alimenter le débat démocratique dans une France qui souffre de son absence. N’est-ce pourtant pas là l’essentiel ? Que propose le PS pour contenir les délocalisations ? Pour redonner un peu d’espoir à tous ces salariés désemparés qui vont rejoindre le rang des chômeurs ? A tous ces cadres dont l’emploi se raréfie ? A ces bataillons de jeunes diplômés qui multiplient, en vain, envois de CV et lettres de motivation ? A ces producteurs de fruits et légumes que bouscule la production des pays voisins à bas salaires, au sein même de l’Europe ? A tous les citoyens qui, justement, n’entendent plus grand chose à cette Europe dont on leur dit qu’elle est là pour les protéger ? Et que sera le paysage administratif d’une France dont Nicolas Sarkozy a décidé de redessiner, coûte que coûte, les contours ? Quelle nouvelle démocratie au sein de ces méga-agglomérations qu’on nous promet ?…
Jamais depuis le début de la V° République le pouvoir en place n’avait, à ce point, pris la main sur notre vie publique et les valeurs de la société. Jamais une opposition, digne de ce nom, qui serait à la fois critique et constructive n’a semblé aussi nécessaire.
Il serait temps, sauf à perdre le reste de crédit qui lui est encore fait, que le PS réponde à toutes ces questions et beaucoup d’autres. Et qu’il le fasse sans à priori idéologique définitif façon Benoît Hamon le porte parole de Martine Aubry qui exige le ralliement du Modem au socialisme avant toute chose. De toute façon le PS ne pourra pas indéfiniment évacuer la question des alliances s’il veut aspirer à gouverner. Il aurait tort de croire, parce que la droite ne semble plus majoritaire aujourd’hui dans le pays, que cela le dispense de mettre à plat cette question centrale. Martine Aubry, à La Rochelle, fera tout pour remettre ce sujet à plus tard et si elle accepte le principe des primaires destinées à désigner le futur candidat pour 2012 nul ne sait selon quelle organisation. Il sera toujours temps de se faire peur avec le possible retour de DSK d’Amérique. Le PS ni vraiment rouge, ni vraiment rose et vert, risque donc de se dérober en cette rentrée à sa mission première : débattre, s’opposer, proposer dans une France qui doute de plus en plus de son aptitude à gouverner le pays.

Joël Aubert

Joël Aubert
Joël Aubert

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Publié sur aqui.fr le 27/08/2009