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Société | Les Assises du Don d'Organes à Bordeaux : informer, sensibiliser, convaincre (au CAPC jusqu'au 15 novembre)

La première soirée des Assises du Don d'organes à Bordeaux, le 13 novembre 2009

Pour le Dr Dominique Bergua, de la clinique Saint-Martin, « la raison pour laquelle le don d'organes est un sujet sensible, voire tabou, dans notre société est lié au simple fait que les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Et c'est particulièrement vrai sur la question du don d'organes ». C'est donc pour enrayer cette méconnaissance et informer de façon claire l'ensemble de la population que se sont ouvertes ce 13 novembre à Bordeaux les premières Assises du don d'organes, sous le parrainage d'Isabelle Juppé.

Pour Eric Puech, fondateur et Président des Assises du don, cet événement est « l'Appel de Bordeaux sur la nécessité de se mobiliser sur la question du don d'organes, mais aussi de tissus, de sang, de moelle osseuse et de plaquette ». Dans ce but, et durant ces trois jours le public pourra assister au CAPC à un grand nombre de conférences animées par tous les acteurs qui oeuvrent dans le domaine du don d'organe en Aquitaine. L'occasion ainsi de tout savoir sur le don mais aussi de donner son avis sur la question ou d'exprimer ses craintes.

"Libérer la parole sur le don d'organes"
Selon le Dr Bergua, si la majorité des dons se font après la mort, « les gens doivent savoir qu'un don d'organe peut aussi se faire de son vivant. Il existe des techniques pour ne pas mutiler le patient ». De plus, dans ces cas là, les transplantations ont plus de chance de succès. Cela dit le but serait en partie atteint si ces Assises, parvenait à « libérer la parole sur cette question. Si chacun disait à ses proches son acceptation, ou son refus, d'être donneur, cela permettrait sans doute d'avoir un plus grand nombre de donneurs post mortem. »
Dans le même sens, le Dr Evelyne Bironneau de l'Agence de Biomédecine explique qu' « en vertu du principe du consentement présumé, la loi française, depuis 1975, nous considère tous comme des donneurs potentiels. Cela dit, il existe deux modalités pour exprimer son refus : s'inscrire sur le registre national du refus ou le faire savoir auprès de ses proches. » Mais bien souvent les proches ignorent la position de la personne décédée. Dans ces cas là, à la peine d'une perte brutale, les familles doivent en outre porter le poids de cette décision, « ce qui conduit dans 30% des cas au refus du don car les familles décident de ne pas décider ».

L'occasion à saisir pour se renseigner
Ces trois jours sont donc l'occasion à saisir pour se renseigner à la fois sur les acteurs qui interviennent tout au long du processus allant du don à la transplantation, sur les techniques médicales utilisées, sur les risques possibles et leurs traitements ainsi que sur les dispositifs juridiques mis en place pour garantir le caractère gratuit, anonyme et équitable de l'accès à la greffe. Car si la question du don est si importante, c'est qu'elle est indéniablement liée à celle de la greffe. Le tabou autour du don d'organe est souvent justifié par sa proximité avec l'idée de sa propre mort. Ces trois jours, bien au contraire, sont l'occasion de voir que les dons d'organes, plus qu'une question de mort, c'est avant tout, une question de vie.

Solène Méric

Le programme des Assises du don d'organes est disponible ici
Tarif: gratuit

 

 

Solène Meric
Solène Meric

Crédit Photo : DR

Publié sur aqui.fr le 14/11/2009