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Culture | Cécile Léna expose ses nouvelles maquettes à l'opéra

des airs et des accords

Après le succès de l'exposition « l'Espace s'efface », Cécile Léna, ancienne scénographe de théâtre revient, aujourd'hui, quelque peu à ses origines en proposant cette fois des oeuvres inspirées de l'Opéra et du Grand Théâtre de Bordeaux. Les deux maquettes produites à l'occasion, intitulées « Cour » et « Jardin », nous dévoilent l'univers assez paradoxal d'un lieu à la fois très animé et jovial par temps de représentation, mais aussi étrangement vide et mystérieux une fois le rideau tombé, les portes refermées et les lumières éteintes.

La création de Cour et Jardin revêtait un caractère particulier pour Cécile Léna; et ce à plusieurs égards. Alors que ses dernières maquettes furent le fruit d'une réflexion personnelle, accompagnée de près de six ans de travail, entrecoupés de voyages et de recherche; il s'agissait ici, au contraire, d'une commande, formulée par l'Opéra de Bordeaux, une première pour l'artiste. « On m'avait demandé de réaliser deux maquettes qui seraient en lien avec le bâtiment du Grand Théâtre ; j'avais accepté même si je ne me sentais pas du tout à l'aise au début », avoue-t-elle. « J'avais peur de ne pas savoir répondre à une commande, de réaliser un travail en temps limité. » Ces craintes se sont finalement avérées infondées. « En tant que scénographe j'avais toujours dû réaliser des commandes, donc je me suis dit que je devrais y arriver », reconnaît Cécile Léna. « Et puis, au fur et à mesure de mes recherches, je me suis tellement imprégné du lieu que j'ai complètement oublié qu'il s'agissait d'une commande ».

« Toujours une porte qui claque »
Ce fut en effet pendant plusieurs mois que l'artiste apprenait à découvrir ce lieu tout-à-fait singulier en allant jusque dans les coulisses, traversant ses interminables couloirs étroits, ses nombreuses petites portes et passages secrets, que beaucoup de spectateurs ont sûrement du mal à imaginer en assistant aux spectacles. « C'est un vrai labyrinthe pour moi, je m'y suis perdue à plusieurs reprises, c'est tellement immense », observe Cécile Léna qui a pu ainsi vite constater le contraste régnant dans ce type d'établissement opposant ce monde inconnu de l'arrière scène à celui destiné aux yeux du public embelli par les décors, costumes et le reflet des projecteurs. « C'est un lieu étonnant, avec d'un côté cette relation intime qui se nmaquette jardinoue entre le public et l'oeuvre d'art, et d'un autre cette sensation de solitude qu'on éprouve dans cet endroit qui devient, en l'espace d'une heure, presque vide », remarque l'artiste qui ajoute que cette sensation demeure tout de même trompeuse. « C'est un endroit paradoxal puisque même en dehors des représentations ou on a l'impression que personne n'est là,: il y a toujours une porte qui claque quelque part, quelqu'un passe et repasse. Le lieu est bien vivant. »

L'illusion parfaite
Les maquettes reflètent ainsi parfaitement ce parcours initiatique de l'artiste en nous faisant découvrir le monde intime des loges et celui de la partie public. Comme elle nous y a déjà habitués, le jeu d'échelle ainsi que le montage des sons et lumière crée cette illusion fantastique de transporter l'auditeur et le spectateur en plein coeur du Grand Théâtre. Elle reproduit cette ambiance familière des bruits de conversations, de la sonnerie sommant le public  de rejoindre ses places, des sons de pas sur les marches, de ses fameuses portes qui claquent et des lumières qui s'éteignent avant le début de la représentation, en n'oubliant pas, enfin, les salves d'applaudissements. Et ce retour au calme, une fois tout le monde sorti. Même si ces maquettes restent dépourvues de toute présence humaine, l'illusion est parfaite; cette présence ne nous est point indispensable. Nous laissons parler notre imagination, nous saisissons cette invitation à jouer le jeu en commençant à raconter notre propre histoire...

Piotr Czarzasty

Les maquettes de Cécile Léna seront inaugurées au Grand Théâtre 
dans la salle de la bibliothèque des foyers blancs le 8 mai
à l'occasion des portes ouvertes de l'Opéra.

Elles seront ensuite exposées du 19 mai au 30 juin
de 13h à 18h les mercredi et samedi.

Piotr Czarzasty
Piotr Czarzasty

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 08/05/2010