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Politique | Christian Estrosi se veut optimiste quant à l'avenir de l'aéronautique dans le Sud-Ouest

Christian Estrosi

Ce jeudi 16 septembre, à l'occasion de la visite de l'entreprise EADS Composite Aquitaine à Salaunes, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, s'est dit confiant pour l'avenir de l'aéronautique en France, et plus particulièrement dans le Sud-Ouest, où cette filière représente des dizaines de milliers d'emplois. Il a assuré que l'Etat avait une vraie vision industrielle et lancé le comité stratégique aéronautique.

"Malgré la crise qui l'a touchée comme tant d'autres appartenant au même secteur, malgré la moindre visibilité de son plan de charge, EADS Composite Aquitaine a continué  à faire des embauches en CDI en 2009 et 2010", a souligné le ministre au cours de sa visite. Un fait suffisamment rare dans le milieu qui amène Christian Estrosi à regarder l'avenir avec beaucoup d'optimisme. "On peut espérer que d'autres embauches viendront car les prévisions de long terme d'une croissance du trafic aérien, entraînant la construction de 25 000 à 30 000 avions d'ici 20 ans, soit un marché de près de 3 000 milliards de dollars, ne sont aujourd'hui pas remises en cause". Il est vrai qu'en ces temps de crise, les bonnes nouvelles sont rares. Or, en 2009, l'industrie aéronautique française a généré un chiffre d'affaires global non consolidé de 35,8 Mds €, dont 80 % est réalisé à l'exportation. Le secteur est le premier contributeur à la balance commerciale avec un excédent en 2009 de 14 Mds €. Il représente plus de 250 000 emplois directs, majoritairement  hautement qualifiés.

Un nouveau modèle industriel en France

Afin de lutter contre les délocalisations, "nous devons passer d'une logique d'organisation verticale par grands secteurs à une logique de réseau, une logique de filière susceptible de mieux diffuser l'innovation dans l'ensemble de notre tissu industriel", a prôné le ministre. "A l'échelle de notre pays et ailleurs en Europe, le chantier est gigantesque tant les habitudes, le confort de situations qui paraissent acquises, pèsent encore lourdement sur le paysage industriel français. La situation varie suivant le type d'activité. Certaines industries sont en avance. C'est le cas de l'industrie aéronautique", relève-t-il. Christian Estrosi a ensuite vanté les dernières mesures du gouvernement. "L'Etat, parce que c'est son rôle de régulateur, a pris le chantier de la réorganisation industrielle à son compte. Avec la création des comités stratégiques de filières, l'une des mesures-phare issues des Etats généraux de l'industrie, nous disposons aujourd'hui de l'instrument qui nous manquait. Désormais, tous les acteurs d'une même filière pourront définir ensemble leur stratégie commune, sous l'impulsion de la Conférence nationale de l'industrie (CNI). Il s'agit là encore - chacun le mesure bien - d'une véritable révolution de nos manières de faire et d'envisager une stratégie industrielle gagnante". Au total, 11 comités de filière seront tous opérationnels d'ici la fin de l'année. Celui de l'aéronautique a été lancé aujourd'hui. Quatre nouveaux sont à venir : celui de la construction et de la réparation navale, celui du ferroviaire dans le Nord, celui de la Chimie à Paris, celui de l'agroalimentaire à l'occasion du salon international de l'agroalimentaire. Mais, plus que sur des mots, ce sont sur les actes, les faits que les Français jugeront de la pertinence de cette politique. Ces derniers mois, ces dernières années, la France a perdu beaucoup d'industries et pour reconquérir certains secteurs d'activités, il faudra beaucoup de moyens. Reste à savoir si justement l'Etat aura les moyens de ses ambitions...

Nicolas César

Nicolas César
Nicolas César

Crédit Photo : DR

Publié sur aqui.fr le 17/09/2010