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Société | Aquitaine: une rentrée agricole plus que jamais marquée par la météo

Dominique Graciet, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture d'Aquitaine

A l'occasion de sa conférence de presse de rentrée, Dominique Graciet, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture d'Aquitaine est revenu sur les conséquences de la sécheresse qui s'est installée sur la France au printemps et début d'été. Si les dégâts ont su globalement être maitrisés par la profession grâce à l'addition de divers dispositifs de solidarité, et une météo devenue plus clémente depuis le mois de juillet, rien n'est encore totalement acquis. Une sécheresse « dont il faut aussi savoir tirer les leçons » en termes de stockage de l'eau, autre grand sujet abordé ce 1er septembre par le Président de la Chambre régionale.

Du côté de la Chambre régionale d'agriculture d'Aquitaine, « on est soulagé de constater que pour l'élevage ça se passe le moins mal possible ». En effet, les deux risques principaux encourus par la filière, l'envolée des prix et la décapitalisation des troupeaux, ont jusque-là été évités même dans les départements les plus touchés : Dordogne, Lot-et-Garonne et Nord Gironde. Si « la casse a été limitée » c'est grâce aux diverses solutions mises en place pour amoindrir l'achat de paille et fournir les éleveurs en fourrages frais : écarts de triage de légumes, solidarité inter-filières entre céréaliers et éleveurs, et autorisation d'ouvrir les vannes de l'irrigation dès le mois de juin.
La mise en place de cultures dérobées permettra, en outre, de compléter les réserves hivernales déjà bien entamées. Dans les Landes, par exemple, 1500 ha de solidarité ont été semés pour approvisionner les éleveurs de Dordogne et de Corrèze en fourrage frais. Si le soulagement est là, Dominique Graciet préfère rester prudent, et ne se hasarde pas aux pronostics : « ce n'est qu'à la mise en étable, en octobre, en fonction de l'engraissement des animaux, que l'on pourra voir s'il y a des décapitalisations ou pas. Cela dit, s'il continue à pleuvoir et qu'on arrive à cultiver les semis dérobés, le phénomène devrait être limité ». Quant au maïs, si les prévisions « semblent intéressantes dans la moitié sud de la région », le Nord Dordogne a particulièrement été pénalisé lors des semis en raison d'une terre très sèche.

"Le maïs irrigué sauve l'élevage"
En bref, pour Dominique Graciet, il y a des leçons à retenir de cette sécheresse 2011 : d'une part, « les systèmes herbagers d'élevage sont extrêmement fragiles aux intempéries », et d'autre part « c'est le maïs irrigué qui sauve l'élevage ». En guise de leçon à tirer, le Président de la Chambre régionale note que « cet épisode aura au moins eu le mérite d'une prise de conscience de tous les acteurs sur le sujet du stockage de l'eau en Aquitaine ». En effet, ceux-ci sont « en train de déboucher sur un plan de ressources en eau ». Cela dit, la question reste en suspens quant à sa mise en œuvre effective. Et pour cause, le plan en question concerne soixante projets d'ouvrages sur le bassin Adour-Garonne, qu'il faut étudier un à un. Même si Dominique Graciet souligne que « le diable est dans les détails », le Président semble surtout vouloir retenir que ça y est, enfin, sur le sujet de l'eau, « tout le monde est autour de la table ».
Enfin, sur les fruits et légumes, le bilan présenté à la presse n'est pas très optimiste. « Avec le télescopage des toutes les saisons, les productions de printemps sont assez décevantes », sans oublier « le coup de grâce » du concombre d'Espagne (un temps soupçonné à tort d'être le porteur de l'E.coli) qui a eu des conséquences directes sur les marchés de produits frais. Autre conséquence météorologique évoquée : la saison des vendanges qui démarre avec 10 voire 15 jours d'avance !

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Solène Méric

Solène Meric
Solène Meric

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Publié sur aqui.fr le 02/09/2011