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Politique | Le Lot-et-Garonne refuse de payer pour la LGV Toulouse-Bordeaux

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C'est une décision qui pourrait être lourde de conséquences. Lundi 13 février, le président socialiste du conseil général du Lot-et-Garonne, Pierre Camani, a annoncé qu'il n'était "pas envisageable" pour sa collectivité, qui doit "réduire (ses) dépenses", de participer au financement de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA). la raison est simple : ceci ne relève pas de la compétence du Département. Une manière, pour le sénateur socialiste de rappeler l'Etat à ses devoirs, à l'heure, où ce dernier pointe du doigt la gestion des collectivités locales.

"Devant la nécessité de réduire nos dépenses et conserver nos capacités d'investissement, il n'est pas envisageable que le conseil général du Lot-et-Garonne participe au financement des tronçons Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse de cette LGV, dont le montant est estimé entre 90 et 100 millions d'euros", a déclaré Pierre Camani. Hier, cette annonce a quelque peu surpris. Car, l'élu socialiste ne remet pas en cause l'intérêt de cette LGV. Simplement, "il n'est plus possible de réduire nos investissements dans nos routes et dans nos collèges pour participer au financement d'une infrastructure, certes nécessaire, mais qui ne relève pas de nos compétences", a-t-il justifié. Son département avait déjà été mis à contribution à hauteur de 34 millions d'euros au financement du tronçon Tours-Bordeaux de la LGV SEA.

Le conflit Etat-collectivités territoriales en toile de fond
"Dans un contexte de gel des dotations de l'État, de perte de recettes liées à la disparition de la taxe professionnelle et à la suppression du fonds d'aide aux départements en difficulté, nous sommes obligés de construire un budget qui comprenne des économies de fonctionnement et une baisse de nos investissements", a expliqué Pierre Camani. Le Lot-et-Garonne n'est pas le premier département à faire marche arrière. A la fin janvier, le Gers est revenu sur sa participation financière 2012 au financement de la LGV. Le sénateur socialiste espère que cette décision « fera comprendre à l'Etat et RFF qu'il y a d'autres solutions que l'asphyxie des collectivités territoriales sur ce projet qui ne relève pas de leurs compétences ». Et, ce d'autant plus, que son initiative pourrait être suivie. En cette période électorale et de crise budgétaire, c'est surtout la question du désengagement de l'Etat, qui est en toile de fond de cette décision. Mardi 14 février, les grands élus socialistes ont réagi à cette annonce. "Il n'est pas envisageable de combler les « manques à financer »  par les collectivités déjà très contributives. Il appartient à l'Etat et à ses négociateurs locaux de premier rang de trouver une solution financière", a lancé Philippe Madrelle, le président du Conseil général de Gironde. "C'est le gouvernement qui, je le rappelle, est le maître d'ouvrage de ce projet, qui doit proposer des initiatives à Pierre Camani pour corriger une telle situation financière. En même temps, j'appelle tous les élus à la tête des grandes collectivités à poursuivre ce qui pour l'Aquitaine et Midi-Pyrénées est le chantier du siècle, car il s'agit de l'avenir de nos régions. Il faut penser à l'avenir de nos territoires, à celui de nos enfants et de nos petits-enfants. Enfin, il faudra ensuite inventer et mettre en oeuvre une profonde réforme des finances locales, organiser l'autonomie financière des collectivités territoriales, et lancer un acte III de la décentralisation qui clarifiera le partage des compétences", a, quant à lui, rappelé Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine.


                                                                                                                         Nicolas César

Crédit photo : CG47/XC

Nicolas César
Nicolas César

Crédit Photo : CG47/XC

Publié sur aqui.fr le 14/02/2012