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Politique | La desserte LGV Béarn-Bigorre entre dans la première phase du débat public.

TGV en gare

Les quatre scénario de dessertes ont été présentés à la Commission Nationale du Débat public. Trois lignes nouvelles à grande vitesse et une amélioration de la ligne existante entre Bordeaux Pau et Tarbes. La saisine de la Commission Nationale est une obligation légale pour des projets comme la LGV depuis 1995 et la loi Barnier relative à la protection de l'environnement. La Commission ne se prononcera pas sur les conflits qui divisent actuellement les Béarnais, mais elle devra veiller à la participation du public dans l'élaboration du projet de desserte Béarn-Bigorre, « depuis l'engagement des études préliminaires jusqu'à la clôture de l'enquête publique. »

Le débat public commencera début 2013. D'ici-là, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) doit valider un dossier à destination du public suffisamment complet pour permettre le débat. Les clés sont connues. D'un côté, ceux qui défendent la rénovation de la ligne existante prônent desvaleurs environnementales et prouvent que le prix exorbitant en temps decrise rend les travaux irréalisables. Cette hypothèse est défendueessentiellement par les associations anti-LGV et des élus des Landeset duBéarn-des-Gaves qui veulent au moins un arrêt en gare d'Orthez. Un scénario, avec arrêt en gare d'Orthez, qui ferait gagner aussi bien à Pau qu'à Orthez 35 minutes par rapport au trajet sur la ligne actuelle. Orthez ne serait plus qu'à 45 minutes de Bordeaux tandis que Pau serait à un peu plus d'une heure de Bordeaux. 

De l'autre côté, les tenants d'une ligne nouvelle directe entre Mont-de-Marsan et Pau, au premier rang desquels Martine Lignières-Cassou, député-maire de Pau, qui promet aux sceptiques la disparition du Béarn et de la Bigorre dans le triangle des Bermudes Bordeaux-Toulouse-Pays-basque.

L'agglomération paloise, qui veut gagner une heure sur le trajet Paris-Pau, ne veut entendre parler ni d'un arrêt en gare d'Orthez, ni d'une rénovation de la ligne existante. Avec une ligne directe Mont-de-Marsan- Pau, la capitale béarnaise serait à moins d'une heure de la capitale régionale, Bordeaux, et à trois heures de Paris, selon les études de RFF.

Entre 2,1 et 3 milliards d'euros
La communauté d'agglomération de Pau a d'ores et déjà signé un chèque en blanc de plus de 20 millions d'euros. Les Pyrénées-atlantiques qui payent pour le Pays-basque et le Béarn doivent participer à hauteur de 80 millions d'euros, mais provisionnent 30% au début des travaux de la ligne Bordeaux-Espagne. L'agglomération tarbaise et le Conseil général des Hautes-pyrénées, appelés à hauteur de 40 millions d'euros, ont conditionné leur chèque à la certitude d'une desserte de leur territoire. 

Martine Lignières-Cassou espère une solidarité entre les territoires. Elle s'accroche aussi à l'espoir d'une aide massive de la France et de l'Europe pour faire baisser la facture.
« Ils ne peuvent pas rester sans bouger. L'Europe va dégager 30 milliards pour mettre une partie du réseau ferré européen en état, notamment pour les liaisons internationales, car sans financement, pas de projet » , avait elle déclaré, le 19 janvier dernier, lors de la constitution à Pau d'un Front pyrénéen pour l'arrivée de la LGV en Béarn-Bigorre.  

La desserte Béarn et la Bigorre est loin d'être acquise. Le débat public permettra de faire entendre les voix dissidentes et ceux qui mettent déjà en garde contre la dispersion. La discussion de l'opportunité d'une desserte à grande vitesse pour le Béarn et la Bigorre se pose nécessairement avant celle du meilleur scénario possible. Comme le clamait Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-atlantiques, en appelant le 19 janvier les citoyens à se mobiliser  : « Ce n'est plus la question de quel tracé nous allons choisir, mais allons nous avoir une desserte LGV, oui ou non ? C'est tout. »

photo : Bindonlane / Tous droits réservés

Olivier Darrioumerle

Olivier Darrioumerle
Olivier Darrioumerle

Crédit Photo : Bindonlane

Publié sur aqui.fr le 06/03/2012