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Culture | Festival du Périgord Noir : l'orgue à l'honneur avec Maïko Kato à St Cyprien

Maiko Kato

En ce (très) chaud 9 aout, le Festival avait donné rendez-vous au public à St Cyprien, dans la magnifique église de l'abbaye. Au programme : Maïko Kato à l'orgue, avec pour compagnons Buxtehude, Byrd, Bach ou encore Haydn. Une organiste passionnée, lauréate de l'Académie de Sarlat en 2011, qui a su transmettre son enthousiasme aux spectateurs.

Johann Sebastian Bach. Un nom cher au coeur de Maïko Kato, jeune organiste japonaise de vingt-huit ans, qui se produisait ce 9 aout en l'église de St Cyprien. C'est en effet grâce à lui qu'elle a découvert l'orgue. « Un jour, j'ai entendu un morceau de Bach, qui avait quelque chose de mystérieux. Je n'arrivais pas à comprendre ce que c'était, donc j'ai fait des recherches sur lui », raconte de sa voix fluette la frêle jeune femme à « l'accent mi-japonais, mi-toulousain ». Elle avait alors douze ans. Depuis, elle a consacré sa vie à cet instrument, d'abord au Japon, dans un collège luthérien, « où il y a une chapelle avec un orgue », puis à Hiroshima, qu'elle quitte en 2008. Elle explique : « Au Japon, il y a beaucoup d'orgues de style allemand, mais pas de style français. Et moi, j'aimais beaucoup la musique française ». Maïko Kato s'expatrie donc en France, à Toulouse, pour travailler notamment sur les orgues du facteur d'orgue Cavaillé-Coll.

Un instrument « au son magique »
Pourtant, à St Cyprien, c'est sur un orgue de style allemand du nord, du facteur d'orgue Gérard Grenzing qu'elle joue, mais toujours avec autant de plaisir. « C'est un des orgues les plus connus pour jouer Bach, mais il a aussi beaucoup d'autres possibilités que j'aimerais faire découvrir au public », précise-t-elle. Pendant une heure, elle s'attache ainsi à faire entendre les différents caractères de l'instrument « au son magique », d'abord avec une pièce enlevée de Dietrich Buxtehude - « Il a beaucoup inspiré Bach », en faisant ensuite un crochet par la musique anglaise avec William Byrd. Puis Bach, évidemment, avec une sonate en sol en trio. Pour terminer ce voyage dans le temps et dans l'Europe, elle a choisi l'italien Frescobaldi ainsi que Haydn, qui, comme l'indique Maïko, « a écrit de nombreuses pièces pour horloges musicales qui se jouent très bien à l'orgue ». Et Bach, encore, pour une toccata et fugue, un morceau tout en puissance, à travers lequel elle sent, quand elle le joue, « l'esprit monter à travers les siècles ». Elle qui confiait, avant le concert, espérer que « de plus en plus de gens aiment l'orgue », elle a au moins réussi à charmer ceux qui avaient pris place dans la fraicheur de l'église pour l'écouter. L'ovation était, une fois de plus, au rendez-vous.

Bérénice Robert
Bérénice Robert

Crédit Photo : Aqui.fr, tous droits réservés

Publié sur aqui.fr le 10/08/2012