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Spécial | Un après-midi au gré de la Vézère

L'arrivée au château de Losse

Un thermomètre dont le mercure frôle les trente-cinq ou trente-six degrés, un soleil de plomb, un ciel sans nuage, un vent aux abonnés absents – dans le Périgord, quand tous les éléments s'y mettent, il ne sert à rien de lutter. Quand certains se réfugient dans les grottes préhistoriques admirer les peintures de nos ancêtres, d'autres décident d'aller faire travailler leurs muscles pour découvrir le Périgord noir autrement, sur la Vézère, en canoë. Récit d'un après-midi au fil de l'eau, par deux apprenties-exploratrices en goguette.

Rendez-vous était pris avec Manu, loueur de canoës, à 14 heures à Montignac. C'est lui qui fournit le bateau, les pagaies, l'indispensable gilet de sauvetage rouge et le bidon étanche. Quelques recommandations d'usage plus tard, nous voilà propulsées vers l'inconnu. L'itinéraire choisi fait 12 kilomètres et permet de rallier Saint Léon-sur-Vézère en deux heures et demi. Du moins, c'est ce que promet Manu. Le doute s'installe pourtant aux premiers coups de pagaie : l'embarcation a plutôt tendance à se déplacer en zigzag qu'en ligne droite, malgré des efforts acharnés pour redresser la trajectoire - « Pagaie à gauche, je te dis, à gauche ! ». La pile du pont de Montignac est ainsi évitée de justesse. Mais rapidement, le rythme est pris et l'Aventure peut commencer. Au programme : la découverte du château de Losse, du château de Belcayre, et du joli village de St Léon sur Vézère, qui compte parmi les plus beaux villages de France.

Les premiers kilomètres passent assez rapidement, sur une eau claire laissant apparaître poissons et grandes plantes aquatiques qui étendent leur longue chevelure verte au caprice du courant. Les premières difficultés arrivent vite aussi, à savoir le passage des « rapides » - pas si rapides que ça, il est vrai. Malheureusement, malgré toute notre bonne volonté, ils ont été une succession d'échecs cuisants, entre tête-à-queue, rencontre forcée avec la rive, et échouage sur un banc d'algues. N'est pas Tony Estanguet qui veut ! Tout à coup, au détour d'un méandre, surgit le château de Losse, imposante forteresse médiévale qui surplombe de sa fière silhouette la rivière. La pause photo, toujours délicate, est pourtant indispensable. Le frêle esquif qui nous sert de moyen de locomotion tangue dangereusement mais résiste. Ouf. C'est reparti, vers la prochaine étape – le château de Belcayre – , dans un paysage changeant : tantôt champs, tantôt forêts, alors que la rivière, elle, semble parfois s'être frayée un passage dans la roche qu'elle a modelée au cours des millénaires. L'ombre est rare, mais l'eau apporte la fraicheur nécessaire pour ne pas succomber sous l'effet conjugué de l'effort violent (si si) et du soleil. Le château de Belcayre, sur son promontoirePendant ce temps, posé sur son promontoire blanc, patiemment, il nous attend. Lui ? L'élégant château de Belcayre, construit au XVè siècle, et dernier arrêt avant Saint Léon-sur-Vézère, quelques quatre kilomètres plus loin.

 

Saint Léon se fait désirer

Les quatre kilomètres les plus longs. Saint Léon se fait désirer, et chaque coup de pagaie est un peu plus douloureux. Aurions-nous surestimé nos capacités physiques ? Les baigneurs qui profitent de l'onde rafraichissante, et entre lesquels nous slalomons tant bien que mal, nous regardent avec pitié pendant que sous le gilet de sauvetage, plus décoratif qu'utile, c'est l'ébullition. Enfin, au moment où l'existence même du sus-cité village commençait à être remise en question, la tourelle du Château de Clérance puis le clocher de la charmante église romane St Léonce, apparaissent dans leur nid de verdure. Il est 16 heures cinquante, l'heure de rendre notre vaillant compagnon vert, déjà nostalgiques de ces quelques heures passées avec lui. On reviendra, c'est promis !

Canoë-kayak sur la Vézère, Les Sept Rives à Montignac
Pour 2 personnes, de 24 à 35 € selon l'itinéraire choisi (8, 12, 16 km)
Plus d'informations au 05 53 50 19 26.



Bérénice Robert
Bérénice Robert

Crédit Photo : Christelle Pire, tous droits réservés

Publié sur aqui.fr le 13/08/2012