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Culture | Entre les Lignes: "Une corrida pour l'Histoire" aux éditions Passiflore.

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Le 16 septembre 2012, jour de clôture de la féria des vendanges, Simon Casas grand ordonnateur de corridas, offrit aux aficionados un moment unique : un seul contre six de José Tomàs Romàn, devenu depuis demi−dieu, entré dans le Gotha très restreint des toreros de légende. Les éditions Passiflore immortalisent ce moment hors du temps où un torero d’exception donna tout de sa dimension tragique et mythique. Histoire d’un face à face six fois réinventé dans le sable tourbillonnant des arènes de Nîmes.

José Tomàs Romàn est né à Madrid le 20 août 1975. A 10 ans, il participe pour la première fois à une becerrada. Premiers pas dans cette danse de la mort aux parfums de victoires qui ne le lâchera plus. La mort, justement, l’a frôlé plusieurs fois de sa cape noire. Le 18 janvier 1996, il imprime de son sang le sable de l’arène, son cœur s’arrête deux fois. L’éclat de la lumière de l’autre monde le lie à jamais au destin du toro qu’il affronte : tous deux frères intimes à jamais, enfants nés de l’union du courage et de la mort. De là lui vient sans doute cette sérénité, cette domination lente quand il torée, l’exceptionnelle couleur qu’il donne à ses toreos.

La corrida est une histoire de sang, où se mêlent le sang du taureau et celui de l’homme qui dresse sa digne fierté dans le combat. «On ne tue légitimement qu’à mettre sa propre vie en jeu » rappelle Francis Wolff, en préambule.  La corrida est une histoire de sang, celui des nobles cœurs et nobles combattants. On y découvre une hiérarchie, des entrées solennelles, des sorties triomphantes. Les portes s’ouvrent quand le combat est grand. La terre et le sang s’unissent en un rite initiatique.

La corrida est une histoire de respect. En témoigne cette photo époustouflante du regard de José Tomàs qu’il semble planter comme une lame dans celui du taureau. La tête est légèrement inclinée vers le sol, il invite à l’affrontement. Le costume est d’ombre, d’ors et de sang, encore. Il est respect du caractère racé et du courage de la bête, et quand celle−ci prouve sa noblesse, la mort s’efface en simulacre : le toro est gracié. Là encore, photo où forcent respect et émotion : le temps est suspendu, José Tomàs et Parladé, toro gracié de 510 kilos (le quatrième que José Tomàs affronte ce jour là), se croisent. José Tomàs regarde l’arène, Parladé se retire dans son manteau de gloire. 

« Une corrida pour l’Histoire » séduira les spécialistes comme les novices, les aficionados comme les ultra réticents car on y ressent la passion, le courage et le cœur d’un combat qui divise certes mais qui sait écrire aussi de flamboyantes lettres de noblesse.

Anne DUPREZ

Une corrida pour l'Histoire, photos de Laurent Deloye, textes de Robert Bérard, Jean-Marie Magnan et Francis Wolff. Editions Passiflore 2012. - www.editions-passiflore.com

Anne Duprez
Anne Duprez

Crédit Photo : Editions Passiflore 2012

Publié sur aqui.fr le 02/12/2012