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Economie | LGV Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse : des alternatives exposées

Clément Rossignol (EELV, vice-président de la CUB), Bernard Péré (conseiller régional) et Bernard Faucon-Lambert (co-président d'ALTernative LGV) ont écouté avec attention les différentes questions

Europe Ecologie Les Verts et ALTernative LGV sont clairs. Ils ne sont pas contre le TGV mais contre la LGV. Lors d'une réunion informative, le 28 janvier, dans une salle de l'Athénée municipal de Bordeaux, ils ont présenté des alternatives aux projets Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Espagne. Même si le tracé est déjà acté, les élus et autres membres d'associations espèrent malgré tout se faire entendre.

La réunion d'information a débuté par l'analyse comparative des options de modernisation des dessertes ferroviaires sur le tronçon Bordeaux-Toulouse réalisée par ALTernative LGV. L'objectif était d'évaluer la faisabilité d'une l'alternative à la Ligne Grande Vitesse Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest. Les membres de l'association se sont basés sur les travaux de deux cabinets d'études Robert Claraco et AC2I, mettant en exergue la sous-exploitation des lignes déjà existantes.
Des observations que Guillaume Pépy avaient relevé dès septembre 2010 : « Chaque jour, 9 clients sur 10 de la SNCF voyagent sur un autre train que le TGV. La SNCF, c’est 5 millions de voyageurs par jour, là-dessus le TGV n’en transporte que 300.000. » Le président de la SNCF sous-entendait qu'il fallait entretenir le parc actuel.
Bernard Faucon-Lambert, co-président d'ALTernative et élu de Nérac (Lot-et-Garonne) va dans ce sens « Nous combattons pour la rénovation de la ligne et nous ne lâcherons rien. Les études montrent en plus que ces travaux seraient un atout majeur. »

Un coût élevéQue ce soit pour la ligne LGV Bordeaux-Toulouse ou Bordeaux Espagne, les constats sont les mêmes. Du côté de l'environnement, le bruit et les nuisances vont entraîner la dévaluation des biens mais aussi une fracture du territoire ; la zone du Ciron dans le sud garonne et des terrains agricoles seront coupés en deux. Coups durs pour les exploitants. De plus, la consommation des trains à grande vitesse sont 1,6 fois supérieures à celle des trains classique. Cette augmentation va provoquer de surcroît la construction d'une centrale à énergie fossile.
Le coût de ces deux projets est considérable et en six ans il a déjà augmenté de 169 %. Il était estimé à la fin 2011 à 7,8 milliards d'euros et aujourd'hui on s'approcherait des 10 milliards. Rien que pour le Lot-et-Garonne, l'investissement est estimé à 146 millions d'euros, le double de sa fiscalité directe.

Une alternative proposée
L'association ALTernative LGV fait une autre proposition au projet de Ligne à Grande Vitesse. Elle souhaite supprimer les 120 passages à niveau existants et créer deux shunts (raccourcis) ; un à Port-Sainte-Marie et l'autre à Moissac. En prime, les temps de trajets seraient quasiment les mêmes. Aujourd'hui, il faut 65 minutes pour rallier Bordeaux à Agen ; avec la LGV, il faudra 37 minutes ; avec l'alternative 49 minutes ; en incluant le shunt il descend à 44 minutes. Concernant Bordeaux-Toulouse, aujourd'hui le temps de trajet s'élève à un peu plus de deux heures ; avec la LGV il passera à 1h05 ; avec l'alternative à 1h29, en incluant les shunts de Port-Sainte-Marie et Moissac à 1h18. En y incluant les deux arrêts à Agen et Montauban, aujourd'hui, le train met plus de 2h15 ; avec la LGV 1h19 ; avec l'alternative 1h36 et en incluant les deux shunts 1h25. Finalement seulement six minutes d'écart avec un investissement beaucoup plus faibles. Ces propositions semblent donc intéressantes.
Mais ces arguments seront-ils entendus ? Il semble difficile de faire machine arrière. Il y a plus d'un an, le 9 janvier 2012, le Comité de Pilotage du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest s'était réuni pour choisir le tracé des deux nouvelles lignes. Toutefois, une enquête d'utilité publique est programmée pour la mi-2013. Enfin la déclaration d'utilité publique est prévue pour fin 2014. Le début des travaux se fera dans la foulée avec une mise en service de la ligne aux alentours de 2020. D'ici, les voies peuvent prendre d'autres directions.    

Julien Privat
Julien Privat

Crédit Photo : EELV

Publié sur aqui.fr le 30/01/2013