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Politique | Une vague blanche pour la Syrie le 15 mars 2013

Une vague blanche pour la Syrie

Deux ans après le début de la révolution, Beatrice Soulé et Sarah Moon espèrent faire entendre la voix des Syriens pour dire non à la répression de Bachar Al-Assad. Avec leur projet “Une vague blanche”*, elles ont réussi à entrainer avec elle de nombreuses personnalités.

Charlotte Gainsbourg, Yann Artus Bertrand, Robert Badinter, Lou Doillon, Lilian Thuram, Agnès Jaoui, Serge July, la liste de personnalités du monde politique, artistique et sportif est impressionnante. C’est le challenge relevé par la cinéaste Béatrice Soulé et la photographe Sarah Moon pour mobiliser les Français contre les exactions commises en Syrie. Deux ans après la révolution, qui a fait plus de 70.000 morts et un million de réfugiés, le régime de Bachar Al-Assad s’enfonce dans une violence incontrôlée.

“Nous voulions agir tant nous étions révoltées par la situation. Nous pensons que l’union fait la force. Et pourtant, lorsque la révolution a démarré, peu de personnes étaient sensibilisées”, explique Sarah Moon. Leur entreprise a commencé en 2011. Depuis, les deux artistes ont reçu notamment le soutien d’Amnesty international France, de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), la LDH ( Ligue des droits de l’homme), de Human Rights Watch, de l’OMTC (Organisation mondiale contre la torture ), de  Reporters sans frontières, de l’association Souria Houria-Syrie Liberté en français.
La vague blanche, c’est d’abord 20 films de deux minutes, avec des images envoyées par les Syriens pour témoigner de leur quotidien. Ce sont aussi des photographies de Sarah Moon de personnalités en noir et blanc qui portent  une banderole, sur laquelle est inscrit “stop” en lettres capitales. Le tour de force: réussir à toujours mobiliser plus. Car on peut aussi envoyer sa propre photo, qui sera ensuite mise en ligne sur le site.

Le choc des imagesC’est avec leurs armes et leur talent, la vidéo et la photographie, que les deux femmes ont décidé de frapper un grand coup. Les films, qui ont été censurés sur certaines chaînes de télévision,  au grand regret de Sarah Moon, sont choquants. Ils reprennent les images terribles de civils syriens pour montrer “l’horreur contenue”. Dans ces 20 films de deux minutes diffusés tout au long du mois de mars, on découvre des situations dramatiques, comme cette mère qui pleure son jeune garçon: “C’est toi qui aurait dû m’enterrer”, sanglote-t-elle en lui embrassant les pieds. “ On ne pouvait pas dire qu’on ne savait pas. On sait”, dit alors en voix off. Assassinats d’enfants, viols et torture systématique, les moyens employés par le régime en place sont effrayants. Leur souci premier dans cette initiative: donner la parole à ceux qui l’ont perdue, à ces millions de civils pris au piège de la répression. “L’enjeu, c’est d’éviter que ce conflit sombre dans l’oubli”, insiste Sarah Moon. Le début de la vague blanche date du 17 avril 2012, lors d’un rassemblement place du Trocadéro. Aujourd’hui, il s’agit de redonner de l’impulsion à sa vague à travers la France. Le 15 mars prochain, jour anniversaire de la révolution, les bénévoles de la Vague Blanche entendent commémorer cette anniversaire en France et ailleurs.  A Paris, un rassemblement qui sera ouvert par Bertrand Delanoë aura lieu Place du Panthéon. Et à Bordeaux, il aura lieu place Pey Berland à la même heure, à côté de la Tour Pey Berland.


*http://www.vagueblanchepourlasyrie.org/

Charlotte Lazimi
Charlotte Lazimi

Crédit Photo : Tous droits réservés

Publié sur aqui.fr le 12/03/2013