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Culture | Marc Fontenelle/Anne B. Sollis - exposition au Musée Carré/Bonnat de Bayonne

Sollis

C'est déjà la sixième et avant dernière exposition d'une série spéciale dédiée à des artistes devant apporter, à travers leur vision de l'art contemporain, une image à « plusieurs facettes » du Carré/Bonnat. 11 artistes en tout, exposant en solo ou en binôme, sur une périodicité d'un mois ont fait ou feront partie du rendez vous. Parmi eux, à partir du 2 jusqu'au 28 mai, Marc Fontenelle et Anne B. Sollis nous invitent à partager leur rapport au corps et à l'objet.

Les deux artistes, bien que rassemblés en une même exposition, traitent de sujets différents et occupent par conséquent des espaces distincts au sein du Musée. Marc Fontenelle travaille sur des « espaces combinés », ou, si on préfère, « une combinaison dans l'espace ». Des objets, à première vue impossibles à mettre en rapport, donnent lieu à des mélanges tout à fait étranges et fascinants; prêtant à réflexion. Anne B. Sollis, de son côté, travaille sur le corps, plus précisément la chair. Que celle-ci soit humaine ou « insectoïde », elle se retrouve exposée « à nu » sur les toiles de l'artiste; paraissant très vulnérable et en proie à la « voracité » des autres toiles.

Des toiles « osées » dans un « dark room »...
L'exposition est donc répartie sur deux niveaux. En commençant par le rez de chaussée, on y découvre les peintures, images et photos de Mme Sollis. C'est son autoportrait qui nous accueille dans un premier temps. Méconnaissable, déformé, aux contours totalement abstraits qui dévoile néanmoins un corps fragile, vulnérable. Viennent ensuite les corps d'insectes, que l'on ne serait capables de reconnaître sans l'aide des étiquettes. En continuant la visite, le public entre dans un espace beaucoup plus sombre et isolé, une sorte de « dark room ». On comprend ce brusque changement d'ambiance lorsqu'on examine de plus près les toiles qui l'occupent. Plus osées, brutes, choquantes mêmes, elles dérobent le corps de la femme, ainsi que les différentes émotions qu'elle éprouve, de toute intimité.

Une rencontre intime avec l'oeuvre
« Je ne voulais pas montrer l'ensemble des toiles d'un seul coup. » explique l'artiste. D'où un travail important de mise en scène, avec des parois et un jeu de lumières créant un vrai « parcours ». « L'idée était de créer deux espaces distincts - un publique et l'autre plus isolé, où l'on pourrait avoir un rapport intime avec l'oeuvre. » souligne Mme Sollis. C'est un rapport constant d'ambiguïté entre présence et absence ; incarnation et désincarnation que l'artiste entretient avec ses oeuvres. Mais c'est bien sûr à chacun de nous d'en définir leur narration.

Du « Turbo-Mollo » au « Tur-Bi-Bulle »
A l'étage, ce sont des oeuvres bien particulières qui nous attendent, surprenantes par leur originalité signée Marc Fontenelle. Ainsi, le « Turbo-Mollo » - une maquette d'un jet-ski faite d'un « savant » mélange d'une Turbotière et de vieilles casseroles de cuivre. « C'est un cuisinier du village qui me les a gentiment cédés. » raconte l'artiste « Il est en plus passionné de jet-ski, c'est ce qui m'a inspiré. » Turbo-Mollo voudrait dire donc « vitesse lente », « Le jet, dans sa forme dynamique a l'air d'aller vite mais avec toute cette carapace en cuivre c'est pas vrai. » explique M. Fontenelle. Cet ordre de jeu et une certaine ambiguïté de sens, accompagnent toutes les oeuvres de l'artiste. Juste à côté du Turbo-Mollo on notera sa maquette, mais remise à plat, avec des pièces encore non-découpées, dans un format géant. Poturbo_mollour contraster avec cette dimension plate de la maquette - le « Tur-Bi-Bulle ». Deux globes en verre, appellant à des références aussi bien aquatiques que celles de voyages dans l'espace.

Encore un « dark room »
Et puis une série de disques en céramiques... « C'est le premier degré de l'objet, le purement décoratif. » dévoile l'artiste. Plusieurs de ces objets sont, tout comme chez Mme Sollis, à découvrir dans un rapport plus intime du célèbre « dark room ». On y assiste à une « traduction » des dessins ; des « va et vient lumineux ». « Dans cette pièce on ne regarde plus l'objet, on le reçoit. » raconte M. Fontenelle « On est avec soi-même à vrai dire. » En évoquant ses oeuvres l'artiste nous parle de l'ordre de « l'événementiel », de « l'inattendu ». Et c'est effectivement vers un terrain bien inconnu, auquel l'on ne s'attendait pas, que nous mènent ces objets assez « extravagants ».

Art « nourriture » et Art « désir »
Chacun des artistes présente donc des créations bien différentes, non seulement au niveau de la thématique, mais aussi de la technique et de l'émotion, du rapport à l'art tout simplement. Pour Marc Fontenelle, diplômé des beaux-arts de Paris, enseignant à l'école d'Art de Bayonne, l'art c'est « de la nourriture » ; «... que l'on cuisine. » Pour Anne B. Sollis, adepte de lécole des beaux-arts de Barosons à New York, aussi enseignante à l'école de l'Art de Bayonne, l'art comporte deux dimensions : « C'est d'abord lâcher prise. » nous dévoile-t-elle. C'est-à-dire « ... répondre à ses désirs, besoins dans les idées et la création. » Une seconde dimension renvoie à la création d'un sens, d'un univers où « ... l'on ne doit pas être forcément compris. » mais qui « ... laisse la porte ouverte à la narration de chacun. »

Piotr Czarzasty

Infos pratiques

Marc FONTENELLE
Anne B. SOLLIS

du 2 mai au 28 mai 2008

Le Carré / Bonnat
9, rue Frédéric Bastiat - 64100 BAYONNE
Tél. 05 59 59 08 52
Email : musee-bonnat@bayonne.fr
Ouverture de 14h à 18h (sauf le mardi et jours fériés)
Entrée libre

 

 

Piotr Czarzasty
Piotr Czarzasty

Crédit Photo : DR

Publié sur aqui.fr le 03/05/2008