Culture | Arte Flamenco : Manuella Carasco, la fierté d’une Reine
07/07/2012 | Portant en elle l'esprit et la tradition d'un flamenco puro, Manuella Carasco, dont la réputation la précède, a ébloui le public du festival ce vendredi
Ce samedi soir, à l’occasion du dîner spectacle de clôture, c’est une famille gitane entière qui viendra achever le Festival flamenco sur la scène du café Cantante : la famille de Los Reyes, composée du père Juan, et de ses trois filles Saray, Lole et Suzanna, la petite dernière âgée de 10 ans. Après la triomphale prestation de Manuela Carasco sur cette même scène ce vendredi soir, le défi à relever sera rude. Surnommée la déesse du flamenco dès ses 18 ans, c’est une véritable reine gitane de 54 ans, qui s’est présentée hier devant le public montois. Une démonstration de technicité à couper le souffle !
Immobile, tête fixe et le regard assuré, Manuela Carrasco est assise, fière, entourée de ses musiciens. Enroulée dans un châle sang et or elle ne bouge pas ; comme si la musique qui a déjà démarré la pénétrait par tous les pores de sa peau ; comme si le baile qu’elle se prépare à danser et le public qu’elle se prépare à affronter, étaient les premiers de sa vie. Une nouvelle prestation, un nouveau défi, celui d’être à la hauteur de ses racines et de sa tradition gitane. De son châle seul le bas volanté de sa robe dépasse et scintille sous les projecteurs.
Puis elle abandonne son châle, se lève et s’avance majestueusement sur le devant de la scène, écarte les bras comme pour une offrande et marque un temps d’arrêt. Enfin, ses pieds, du talon la pointe, s’attaquent au sol de la scène montoise. Toute la fierté gitane est là sur la scène du Café Cantante de Mont-de-Marsan, et le public ne s’y trompe pas.
Technique, précision et superbe gitane
Et, comme les reines, elle sait se faire attendre. Dans la soirée, elle apparaît pour trois bailes, laissant entre temps la scène à ses musiciens ainsi qu’à ses trois bailaores, Rafael de Carmen, Oscar de la Reys et « El Choro », pour des démonstrations de zapateroas elles aussi spectaculaires, de rapidité, technicité, précision et de superbe gitane. Mais à chaque fois que Manuella Carrasco revient sur la scène, le public retient son souffle. Comme pour soutenir une tension déjà palpable, elle enchaine les poses, royales, tête haute, torse bombé, ainsi que des mouvements lents juste avant de subitement enchaîner un flamenco de bulerias à chaque fois un peu plus impressionnant… De quoi ravir les afficionados du flamenco le plus pur, car le plus « simple » mais le plus difficile, et d’impressionner tous les autres ! Le public debout a applaudi longtemps, l’heure était à reconnaissance unanime au Café Cantante.
« La terre a tremblé ce soir à Mont-de-Marsan !» pouvait-on entendre à la sortie du spectacle… C’est l’effet que font les Reines.

Solène Meric
Crédit Photo : Aqui.fr













