Anka de Guillaume Guéraud aux éditions du Rouergue
Anka. Un nom qui claque. Quelque chose de coupant et de définitif. Et un très grand roman (encore) de Guillaume Guéraud... ...
On connaissait déjà le talent de l'Atelier In 8 pour mettre au jour de petit bijoux de textes ciselés, se taillant peu à peu le costume mérité d'un grand découvreur de nouvelles. Avec « Parures » de Franz Bartelt, loin d'être usurpée la réputation d'In 8 se renforce, tant on est, là, face à un texte fort, inattendu, incisif. A peine plus de 60 pages, mais un véritable univers qui se construit, dans lequel on embarque d'emblée. Un univers à la fois à part et tellement présent, miroir magique tendu par l'auteur afin de nous mettre face à notre propre reflet, à celui de l'autre aussi, à ce qu'il est et à l'image qu'il renvoie.
« Ailleurs, c'eut été différent, je le crois », commence le narrateur. Pas si sûr en vérité. La situation qu'il décrit, pour être inhabituelle, n'en met pas moins en relief les contradictions de nos vies, par trop stéréotypées. On se voudrait rangé, comme tout le monde, fondu dans la masse. Qui n'a pas eu, enfant, un moment de solitude en réalisant qu'il ne portait pas ce qui était commun aux autres, le sésame d'entrée dans le clan des plus forts : celui du plus grand nombre ? Qu'il fut fugace ou répété, c'est un sentiment qui peut être partagé par beaucoup.
Franz Bartelt l'a-t-il ressenti lui-même ? On ne saurait le dire et là n'est pas le sujet, car la force de l'idée de l'auteur réside dans le fait, justement, qu'il part à l'inverse du sentiment généralement ressenti. Plaçant ses deux personnages - une mère et son fils - dans une situation de dénuement extrême, vivant chichement dans une cité qu'on imagine prendre aisément sa place dans les plus sordides reportages des journaux télévisés, il crée le décalage. On imagine alors assez bien le scénario : un enfant et une mère mal attifés, moqués puis rejetés par les autres. On est loin du compte : moqués, rejetés, oui, honnis, haïs, bannis oui, mais parce que vêtus et parés comme des princes ! Portant le chic du chic, le fin du plus fin, le soyeux, le mieux coupé, le plus cher... La totalité ou presque des aides apportées par les services sociaux passent dans ces étoffes de rêves, ce bonheur acheté à prix d'or par la mère, qui fait porter à son fils la lumière qui trop cruellement manque à leur univers rétréci. Mais le rêve, non plus, ne semble pas à leur portée. On leur fait payer cher leur individualité. Trop pauvres, ils ne ressemblent pas à des pauvres. C'est ça qui est louche.
Vraie idée forte que celle développée ici par Franz Bartelt. On ne sort pas tout blanc de sa lecture, comme brûlé au contraire par l'éclat des parures de la mère et de l'enfant. Le miroir brandi nous force à ouvrir les yeux, secoué par la réflexion. Et surtout, on suit le récit fait par le fils, comme un constat oui mais aussi comme une belle histoire, malgré tout. Celle d'une mère et son garçon, cherchant, maladroitement mais passionnément, la voie d'un certain renoncement face à la fatalité. Comme un tableau de maître peint sur un mur qui se lézarde. De ce mur certains ne verront toujours que les lézardes, d'autres s'émerveilleront sur la parure qu'est le tableau, et sur le fait qu' un tel acte puisse être possible, envers et contre tout ... que voici une excellente nouvelle ! Merci Franz Bartelt, merci In 8.
Anne DUPREZ
"Parures", publiée dans la collection Polaroïd, dirigée par Marc Villard, sortira en librairie le 19 août 2010, pour la rentrée littéraire. Franz Bartelt a obtenu le Goncourt de la nouvelle en 2006.
Bordeaux Rock n°8 le 27 janvier en centre-ville et le 28 à l'I-Boat : Musique électronique, invités parisiens et le retour de Tender Forever
23/01/12
Choix d'Aqui ! Rencontre avec des bédéistes espagnols à l'Institut Cervantes à Bordeaux
23/01/12
Entre les lignes, Ma Gascogne gourmande, Alain Paraillous.
22/01/12
Fipa de Biarritz : Nathalie Baye, en campagne présidentielle et en ouverture
22/01/12
Choix d'Aqui ! : « New-york revue », à l'affiche samedi 21 janvier à Marciac.
22/01/12
Une exposition poignante au centre Jean Moulin de Bordeaux
20/01/12
Voyage aux sources de la philosophie politique et économique d'Obama : "Obamanomics" de Niels Planel, aux éditions du Bord de l'Eau.
19/01/12
Fipa de Biarritz : la télé livre le meilleur d'ici et d'ailleurs...
19/01/12
Rocher de Palmer à Cenon : une saison 2012 éclectique et réjouissante
17/01/12
Une star du fado, Antonio Zambujo, attendue au Boucau
17/01/12
Entre les lignes, La force de gravité, Francesc Serès.
16/01/12
"Ici bas", un film 100 % périgourdin
15/01/12
Interview: Patrick Chastenet: Jacques Ellul ce visionnaire
15/01/12
Trois questions à François Morel - Auteur de "Instants critiques"
14/01/12
La pièce "Je disparais" ouvre l'année 2012 au TnBA
13/01/12
Le drôle d' "Asticot de Shakespeare" au Théâtre du Pont Tournant à Bordeaux
13/01/12
Le théâtre d'Agen ou l'art d'allier le chant aux planches
12/01/12
Bordeaux : 30" 30' Les Rencontres du court pour la création contemporaine
11/01/12
« Jacques Ellul n'était pas un intellectuel dans sa tour d'ivoire » : entretien avec Michel Rodes, président de la Sepanso Pyrénées-atlantiques.
09/01/12
Entre les lignes: Face à Faces, dessins de Danielle Bigata.
09/01/12
Une exposition pour Haïti : Villes imaginaires, mémoire d'un séisme, à la Halle des Chartrons
03/01/12
Itinéraire: Isabelle Kraiser ou "L'art relation" aux autres d'une artiste aux vies multiples
30/12/11
5ème Festival "Des souris, des hommes", le festival des arts hybrides (17/01/12 au 3/02/12 à Saint Médard en Jalles et Blanquefort)
29/12/11
Estelle Nollet remporte le Prix Gironde Nouvelles Ecriture 2011
28/12/11
Une exposition en mode récup qui se la joue métal
27/12/11
| Mentions légales |